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FORUM ECONOMIQUE MONDIAL
Le G33 presse les puissances commerciales sur des questions agricoles
Ravi Kanth Devarakonda

DAVOS, Suisse, 1 fév (IPS) - Des pays en développement avec en tête l'Indonésie, l'Inde et la Chine ont envoyé un message fort au Forum économique mondial qui s'est achevé la semaine dernière à Davos pour dire qu'ils n'accepteront aucune tentative de la part de certains pays industrialisés, notamment les Etats-Unis, d'édulcorer les négociations agricoles dans le Round des discussions commerciales de Doha.

''Le G33 (groupe des pays en développement) reste attaché à l'idée de s'engager auprès de tous les membres de l'OMC pour sauvegarder leurs intérêts de développement dans les conclusions de Doha, tout en s'attaquant spécifiquement aux questions de subsistance des petits agriculteurs pauvres et vulnérables dans le monde entier'', a déclaré le ministre du Commerce de l'Inde, vendredi (26 janvier).

Les ministres du Commerce du G33 sont en train de demander de la flexibilité pour modérer l'impact des importations de certains produits agricoles comme le riz, les légumineuses, et le sucre sur leurs agriculteurs, et travailleront avec des membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour s'assurer que le développement fait partie des négociations sur le commerce multilatéral.

Des dirigeants de la planète -- dont le Premier ministre britannique Tony Blair, le président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva, le président d'Afrique du Sud Thabo Mbeki, entre autres -- ont relancé leurs efforts à la 37ème rencontre annuelle du Forum économique mondial (FEM) pour une conclusion rapide au ''Round de développement de Doha'' bloqué, mais des différences sont survenues sur la manière d'intensifier les pourparlers et sur qui devrait faire le premier pas pour sortir de l'impasse.

En juillet, le directeur général de l'OMC a suspendu les négociations après l'incapacité des ministres du Commerce du G6 (Etats-Unis, Union européenne (UE), Brésil, Inde, Australie, et Japon) à se mettre d'accord sur l'importance des engagements de réduction pour les subventions agricoles et les tarifs douaniers.

Les dirigeants auraient insisté pour que tous les membres luttent pour une conclusion rapide des négociations commerciales de Doha (lancées à la 4ème conférence ministérielle de l'OMC dans la capitale qatari, en 2001), affirmant qu'une incapacité à parvenir à un accord est un mauvais présage pour le système commercial international.

Pendant une rencontre de leaders convoquée par le FEM, et qui s'est déroulée à huis clos vendredi, au cours de laquelle le chef de l'OMC Pascal Lamy a présidé les débats, le ministre indien du Commerce a déclaré que plusieurs pays en développement préféreraient une reprise formelle des négociations commerciales, affirmant qu'ils veulent une issue ''crédible'' du Programme de développement de Doha.

''Le Round de Doha concerne l'aide (à apporter) aux pays en développement pour garantir un terrain de jeu égal dans le système du commerce international à travers de meilleures règles et un meilleur accès au marché dans les pays industrialisés'', a-t-il dit à IPS, ajoutant qu'il est surpris que le FEM ait convoqué tant de sessions au sujet du commerce sur des services et produits industriels, mais pas sur l'agriculture, qui reste le domaine le plus difficile de l'accord de Doha.

Le ministre sud-africain du Commerce, Mandisi Mpahlwa, a indiqué à IPS que ''tous les pays africains veulent un lancement formel des négociations commerciales de Doha...une issue multilatérale est la meilleure option, ensuite des négociations informelles'' dans lesquelles des rencontres bilatérales confidentielles dominent les avancées.

Toutefois, les Etats-Unis veulent une nouvelle intensification des négociations informelles actuelles qui ont été convoquées par les différentes présidences des groupes de négociations de Doha. La reprise formelle serait différée jusqu'à ce qu'il y ait des progrès évidents dans les consultations bilatérales actuelles entre des acteurs clés, en particulier entre les Etats-Unis et l'UE, et les Etats-Unis et l'Inde.

Au centre de l'impasse dans l'accord sur le commerce agricole de Doha, se trouve la question de savoir si les Etats-Unis sont prêts à réduire ce que certains appellent ses subventions intérieures faussant le commerce à un niveau inférieur à 15 milliards de dollars, et accepteront une discipline claire pour s'assurer qu'il n'y a aucune concentration de paiements de subventions pour certains produits.

En octobre 2005, les Etats-Unis avaient proposé de réduire leurs subventions agricoles à un niveau supérieur à 22 milliards de dollars, mais presque tous les membres ont rejeté la proposition américaine au motif que cela ne permettait aucun changement matériel dans ses paiements de subventions actuels.

Les Etats-Unis, par exemple, ont consacré un peu plus de 11 milliards de dollars l'année passée aux subventions agricoles.

En conséquence, l'UE, le Brésil, l'Inde, le Canada et d'autres ont soutenu que les demandes américaines de consacrer à ses subventions intérieures plus que ses paiements de subventions actuels défavorisent des agriculteurs dans d'autres pays. En fait, les subventions américaines au coton auraient fait chuter les prix mondiaux du coton, portant préjudice aux intérêts de quatre pays ouest-africains producteurs de coton : Bénin, Tchad, Burkina Faso, et Mali.

Les consultations accélérées actuelles entre Washington et Bruxelles pour trouver ce qu'ils appellent ''un terrain d'atterrissage'' pour un accord acceptable dans la plate-forme de Doha sur l'agriculture sont confrontées à des difficultés à cause des divergences sur l'importance des réductions à apporter aux subventions agricoles.

La représentante du commerce américain Susan Schwab a, à plusieurs reprises, dit que Washington s'est engagé à réduire ses subventions agricoles, pourvu qu'il y ait un accès réel au marché pour des produits agricoles américains dans des pays industrialisés, comme l'UE, le Japon et la Suisse, et des pays en développement comme l'Inde, la Chine et l'Indonésie.

Washington avait soutenu que les flexibilités recherchées par les membres du G33, à travers ce qui est connu sous le nom de produits spéciaux et de mécanismes de sauvegarde spéciaux, constitueraient une échappatoire pour refuser l'accès au marché pour des produits américains.

Soutenant que la libéralisation du commerce concerne l'ouverture des marchés puisque de nouveaux flux commerciaux offrent une opportunité à tous les pays, les Etats-Unis avaient exigé de fortes réductions des tarifs d'importation aussi bien pour les produits agricoles que pour les produits industriels.

Plusieurs pays en développement ont rejeté les demandes américaines d'ouverture de leurs marchés agricoles au motif qu'ils ont des intérêts spécifiques liés aux sources de revenus et au développement rural qui ne peuvent être sacrifiés du jour au lendemain.

''Les pays en développement ont besoin de temps et d'espace politique pour améliorer la productivité et les revenus de leurs agriculteurs pauvres et pour réduire le risque de désorganisation de l'agriculture issue de la libéralisation incontrôlable du commerce agricole [comme le veulent les Etats-Unis]'', a indiqué le G33 dans sa déclaration vendredi.

''C'est tout naturel que l'agriculture reste au cœur des négociations puisque les préoccupations liées à la subsistance de plus d'un milliard d'agriculteurs pauvres en dépendent'', a souligné le ministre indien du Commerce Kamal Nath.

''Les secteurs de la transformation et des services contribueraient à une bonne part de la croissance du PIB (produit intérieur brut) dans l'ordre économique post-libéralisé'', a-t-il dit.

''Par conséquent, les impératifs de développement se trouvent dans la conception de programmes défensifs et offensifs partout dans l'agriculture, le NAMA (accès au marché non-agricole) et les services pour une gamme variée de pays en développement, et pour compléter leurs besoins à travers l'ambition, l'impartialité, l'équité dans la distribution des acquis sociaux'', a souligné le G33.

Toutefois, les Etats-Unis ont, à maintes reprises, indiqué que leurs législateurs n'autoriseront aucune prolongation du mandat de promotion commerciale de l'administration actuelle, qui doit expirer en juin de cette année, à moins qu'il n'y ait une réponse adéquate pour offrir un accès soutenu au marché pour ses produits et services agricoles et industriels.

En un mot, a affirmé un ministre africain du Commerce, les divergences persistent entre les pays en développement et les Etats-Unis sur la manière de parvenir à une issue crédible qui soit en accord avec ce qui a été convenu dans la Déclaration de la rencontre ministérielle de l'OMC, de Hong Kong. (FIN/2007)

 

 

 

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