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SANTE-BURKINA FASO
Le taux de prévalence du VIH se stabilise, mais le SIDA se féminise
Brahima Ouédraogo

OUAGADOUGOU , 21 mars (IPS) - Un nouveau rapport sur l'évolution de la pandémie du SIDA indique une stabilisation du taux de prévalence du VIH à deux pour cent, mais l'accessibilité du plus grand nombre de malades aux anti-rétroviraux reste encore une question préoccupante pour leurs associations.

L'étude a été réalisée à la demande du Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles (CNLS/IST). Selon le rapport qui fait le bilan de la mise en œuvre du Plan national multisectoriel de lutte contre le VIH/SIDA et les IST, environ 150.000 personnes dont 140.000 adultes vivent avec le VIH au Burkina Faso.

Le SIDA a déjà tué 12.000 personnes et fait plus de 2.000 enfants orphelins au Burkina, indique le rapport rendu public vendredi à Ouagadougou, la capitale burkinabé.

"Le Burkina Faso est résolument sur le bon chemin pour réduire la progression de l'épidémie", estime Michel Sidibé, le directeur du département appui aux Etats, au Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) à Genève. Sidibé se réjouit également des tendances des deux dernières années dans d'autres pays d'Afrique de l'ouest, comme le Togo et le Ghana, et qui, selon lui, témoignent d'une stabilisation, voire un déclin de la prévalence dans ces pays.

Les taux de prévalence du VIH au Togo et au Ghana sont estimés respectivement à 3,2 pour cent et 2,3 pour cent, selon le rapport.

Le Burkina a adopté en 2005 un plan 2006-2010 de lutte contre le SIDA et les IST dont l'objectif est de ramener le taux de prévalence autour de un pour cent. Le plan estimé à 240 millions de dollars, est financé à plus de 80 pour cent par des partenaires étrangers.

"Nous continuons toujours de maintenir qu'il faut beaucoup de prévention pour vaincre la maladie en maintenant l'élargissement de la prévention à tous les secteurs et la protection des personnes infectées et affectées", a déclaré le chef de l'Etat burkinabé Blaise Compaoré, président du CNLS/IST, à l'issue de la publication du rapport.

"Il ne faudrait pas qu'on s'asseye sur ces bons résultats. Beaucoup de choses restent à faire comme l'accessibilité de tous aux anti-rétroviraux (ARV), la mobilisation de la communauté sur les méthodes de prévention", avertit cependant Martine Somda, séropositive et présidente de l'Association R+ de lutte contre le SIDA.

Selon le rapport, Ouagadougou, la capitale, Bobo-Dioulasso, la deuxième grande ville du pays, dans l'ouest, et Ouahygouya dans le nord, présentent les taux de prévalence les plus élevés avec respectivement 5,4 pour cent, 3,8 pour cent, et 3,6 pour cent. Les taux sont plus bas dans les zones rurales, où seul Diébougou, dans le sud-ouest, avec deux pour cent, présente la prévalence la plus élevée.

"On a engrangé des résultats qui sont appréciables. Mais il reste la question des soins : Beaucoup de malades des provinces n'accèdent pas aux anti-rétroviraux et nous interpellons le premier responsable sur la question", affirme Mamadou Sawadogo, président du Réseau des personnes vivant avec le VH au Burkina.

Les associations souhaitent une accélération de l'accès aux médicaments, craignant que le déficit sape les acquis actuels. Au total 12.842 personnes sont sous ARV sur plus de 30.000 malades ayant besoin de ce traitement, selon le rapport. Les ARV sont les médicaments qui prolongent actuellement la vie des personnes malades du SIDA.

"Il faut une décentralisation des produits au niveau des pharmacies. Il faut que des infirmiers soutiennent les médecins prescripteurs pour rapprocher les malades des médicaments, sinon dans les provinces, on ne pourra pas résoudre le problème de la prise en charge", explique à IPS, Somda dont l'association R+ s'occupe de 1.700 séropositifs, parmi lesquels 500 sont sous ARV alors que 200 autres attendent de bénéficier du traitement.

"Les gens ont des espoirs, des projets de vie qu'ils ont besoin de voir accompagnés afin qu'ils ne retombent pas dans l'oubli et le découragement qui pourrait remettre en cause les acquis", estime-t-elle.

Selon les autorités chargées de la santé, le plan de lutte des prochains mois prendra en compte cet aspect lié aux difficultés pour examens biologiques dans les zones rurales, à la disponibilité des réactifs et au stockage des médicaments dans les zones reculées. Le coût des activités dans la lutte contre le SIDA est estimé à 44 millions de dollars pour 2007.

Cependant, Joan French, représentante du Fonds des Nations Unies pour l'enfance au Burkina Faso et porte-parole des partenaires financiers et techniques, prévient que le renforcement des résultats passe par la prise en compte de l'approche genre qui permet aux femmes d'avoir accès aux moyens de prévention.

Quelque 53,3 pour cent des personnes vivant avec le VIH/SIDA au Burkina Faso sont des femmes, indique le rapport.

Selon le rapport, des contraintes existent qui sont le faible accès à la prise en charge médicale pour les femmes séropositives dans le cadre des programmes et initiatives de prise en charge médicale, et la faible accessibilité financière aux examens biologiques des femmes dépistées positives.

Le CNLS note par ailleurs la faible mobilisation des hommes en faveur de la prévention de la transmission mère enfant. En outre, seulement 4,4 pour cent des partenaires de femmes testées ont accepté de faire un test de dépistage.

"C'est un constat : l'engagement est beaucoup plus féminin au sein des organisations, et nous réfléchissons sur les barrières, les blocages qui empêchent l'implication de l'homme", souligne Somda à IPS.

"Les hommes ne participent pas aux groupes de paroles, ça se voit dans les associations dont plus 90 pour cent sont des femmes, des veuves", renchérit Sawadogo

"Les critiques sont exactes. Les femmes sont les plus touchées et subissent les conséquences tragiques du SIDA dans le foyer, donc sont plus mobilisées. Nous demandons aux femmes d'envoyer leurs conjoints et c'est difficile", admet Ousmane Ouedraogo, président de 'Burkina Council of Aids Service Organizations', un réseau national d'organisations qui lutte contre la pandémie. "On a l'impression que les femmes sont plus conscientes que les hommes. Même au niveau des élèves, les filles sont plus fréquentes à se faire dépister. Elles viennent souvent avec des garçons qui refusent le test".

En Afrique, selon l'ONUSIDA, 74 pour cent des jeunes infectés entre 15 et 24 ans sont de sexe féminin, et deux millions d'individus meurent chaque année de SIDA sur le continent. (FIN/2007)

 

 

 

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