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Q&R
"La désertification est alarmante en Mauritanie, mais la tendance peut être inversée"
Interview avec Mohamed Yahya Lafdal

COTONOU, 28 août (IPS) - Mohamed Yahya Lafdal est le directeur des politiques environnementales et coordonnateur du Programme d’action national de lutte contre la désertification en Mauritanie. Il est spécialiste d’hygiène de l’environnement, plus précisément des procédés d’assainissement et d’écologie microbienne.

En 1995, il a travaillé comme chercheur au Centre mauritanien des recherches océanographiques et des pêches avant de commencer à enseigner à l’université de Nouakchott en 1999. Il a également travaillé pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) comme expert en environnement urbain. Depuis janvier 2007, il travaille au ministère délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Environnement.

Dans cette interview accordée à Michée Boko de IPS, Lafdal fait l’état des lieux de la désertification en Mauritanie, trace les actions de lutte contre le phénomène et présente les perspectives d’avenir pour son pays.

IPS: Monsieur Lafdal, en quoi consistent vos fonctions de ‘’Point focal désertification’’ de la Mauritanie ?

Mohamed Yahya Lafdal (MYL) : Le rôle assigné au point focal de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification est d’être le répondant local de la Convention. Il relaie dans son pays l’ensemble des informations relatives à la mise en œuvre de la Convention. Le point focal de la Convention a la responsabilité d’informer le ministre de l’Environnement, ainsi que l’ensemble des parties prenantes à l’élaboration, au suivi et à la mise en œuvre de la Convention à l’échelle nationale. Cette fonction nous met également en concertation quasi permanente avec le Secrétariat exécutif de la Convention, basé à Bonn, en Allemagne.

IPS: La désertification en Mauritanie est-elle alarmante ou sous contrôle ?

MYL : La désertification en Mauritanie est certainement alarmante, mais lorsque les mesures nécessaires pour lutter conte ce fléau sont prises, la tendance peut être rapidement inversée et l’on peut éviter des préjudices graves à la qualité de vie des populations, surtout en milieu rural.

IPS: Quelles sont les actions de lutte contre la désertification dont vous êtes le plus fier ?

MYL : La Mauritanie a choisi d’intégrer la lutte contre la désertification dans un processus global de développement durable du pays incluant à la fois les aspects techniques, socio-économiques, juridiques et institutionnels. Cette volonté s’est traduite par l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan directeur de lutte contre la désertification, l’élaboration et la mise en œuvre d’un Programme multisectoriel de lutte contre la désertification, la ratification de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification. La Mauritanie a également adopté le Plan d’action national de lutte contre la désertification.

IPS: Et quels ont été vos échecs les plus grands ?

MYL : Il est incontestable qu’un ensemble de contraintes restent à surmonter en Mauritanie. Il s’agit par exemple de l’absence d’un cadre formel de concertation entre les différents acteurs de la lutte, la faible implication de certaines composantes de la société civile comme le secteur privé, les milieux académiques.

IPS: A votre avis, l’Etat mauritanien est-il suffisamment engagé dans la lutte contre la désertification ?

MYL : La Mauritanie est l’un des pays sahéliens les plus durement éprouvés par les sécheresses successives durant ces trente dernières années. Ces aléas climatiques graves ont eu des conséquences tragiques comme l’insécurité alimentaire, la dégradation de l’environnement et des conditions socio-économiques générales défavorables au niveau du pays.

Devant l’ampleur du problème, la Mauritanie a entrepris de travailler à la maîtrise de la lutte contre l’ensablement, la promotion des foyers améliorés, la vulgarisation de l’utilisation du gaz butane, l’extension du reboisement par les usagers et la formation des cadres nationaux aux techniques de lutte contre la désertification.

IPS: Rencontrez-vous sur le terrain des interlocuteurs engagés et conscient du danger? ONG et populations à la base ?

MYL : Oui, la société civile et la population locale sont conscientes du danger que représente la désertification dans leur quotidien. De ce fait, ils sont engagés dans le processus de lutte contre la désertification à travers des actions menées en coordination avec l’ensemble des intervenants.

IPS: La lutte contre la désertification est une affaire de gros sous. La Mauritanie a-t-elle les moyens de sa politique ?

MYL : Malgré les efforts déployés par le gouvernement mauritanien, qui consacre une importante partie de son budget à la lutte contre la désertification, les moyens financiers demeurent insuffisants. Il y a également une insuffisance de moyens logistiques et une faible technicité des parties prenantes.

IPS: Quels sont les partenaires qui vous viennent souvent en aide ?

MYL : On peut citer comme partenaires de la Mauritanie le Mécanisme mondial, le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le PNUD, la coopération allemande, la coopération espagnole, la coopération française, la coopération belge, le Fonds pour l’environnement mondial, etc.

IPS: Avez-vous des souhaits pour mieux mener cette lutte dans l’avenir ?

MYL : Notre souhait est de fédérer les efforts de tous les acteurs pour atténuer rapidement les effets de la tendance actuelle. (FIN/2007)

 

 

 

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