ENVIRONNEMENT–AFRIQUE Réserves naturelles menacées, espèces en danger ? Stephen Leahy BROOKLIN, Canada, , 11 sep (IPS) - Le déclin marqué de l’abondante faune africaine a désormais lieu dans les zones protégées du continent, selon une nouvelle analyse. Les célèbres parcs sont destinés à devenir des poches isolées de milieux sauvages contenant peu d’espèces de grande taille, comme c’est le cas en Europe. Voilà la conclusion d’un article paru dans l’African Journal of Ecology, qui paraît au Canada.
‘’Ce n’est pas une conclusion agréable’’, estime Paul Scholte, co-auteur de l’article et chercheur à l’Institut des sciences environnementales de l’Université de Leiden, aux Pays-Bas. ‘’On dispose de données fiables du déclin dans les régions sauvages et protégées et ça a été un choc. C’est bien pire que prévu’’.
Le braconnage, le trafic de viandes sauvages, l’expansion agricole et urbaine sont la cause de ce déclin au cours des 15 dernières années. Mais aucune étude n’avait porté sur le statut de la faune dans les parcs protégés d’Afrique avant l’analyse de Paul Scholte et Tim Caro, de l’Université de Californie et de l’Institut de recherche sur la faune, dans le nord de la Tanzanie.
L’Afrique héberge 1.200 zones protégées sur plus de 2 millions de kilomètres carrés, soit neuf pour cent du total des terres du continent.
Selon Scholte et Caro, même les réserves les mieux organisées ne peuvent pas constituer un outil de conservation durable. Au Kenya, dans le Masai Mara, par exemple, la sécheresse, le braconnage, le trafic et l’installation de fermes céréalières autour de la réserve ont précipité le déclin. Depuis la mise en service du parc, la population humaine a quadruplé.
Tous les 20 ans, la population africaine double, explique Scholte. Ce qui met une pression énorme sur les animaux sauvages en termes de terres, d’eau et de ressources alimentaires.
En cause aussi, la gestion des réserves, selon Norman Owen-Smith du Centre pour l’écologie en Afrique de l’Université de Witwatersrand à Johannesbourg.
‘’Ça ne veut pas dire que les parcs sont condamnés, mais il faut les agrandir pour leur permettre de protéger les animaux de l’influence des hommes et du climat’’, observe-t-il. Selon Owen-Smith toujours, il faut intensifier les patrouilles anti-braconnage, par exemple.
L’Afrique est peu industrialisée et 700 millions de ses habitants vivent d’une terre aride et peu généreuse. Le développement durable est donc la clé de la conservation à long terme de la faune du continent. Mais les parcs africains ne disposent que d’une fraction du budget de leurs homologues européens et pour Scholte, ce financement couvre à peine 10 pour cent du budget nécessaire à leur bon fonctionnement.
‘’Si la communauté internationale multiplie ses financements par dix, il y a de l’espoir. Mais je ne pense pas que ce soit réaliste’’, conclut-il.
(FIN/2007)
|
|
|