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AFRIQUE AUSTRALE
Les projets de barrage sur le fleuve Cunene sont à nouveau suspendus
Steven Lang

JOHANNESBOURG, 11 sep (IPS) - Des groupes d'intérêts politiques et des spécialistes du lobbying semblent avoir à nouveau réussi à retarder les projets de barrage sur le fleuve Cunene à la frontière entre l'Angola et la Namibie. Après des années de négociations, plusieurs études coûteuses de faisabilité et de grands discours politiques, le projet de barrage d'Epupa, sur le fleuve Cunene, n'est même pas proche de la phase de démarrage de la construction.

Pas plus tard qu'au mois d'avril 2007, le gouvernement namibien avait rendu public un communiqué affirmant que la fédération de Russie était intéressée pour créer une entreprise en joint venture pour la construction d'une centrale électrique sur le fleuve Cunene.

Deux mois plus tard, Erkki Nghimtina, ministre des Mines et de l'Energie, cité par le journal local le 'Namibian' déclarait que ''toutes les questions concernant le projet d'Epupa ne nécessitent pas une attention immédiate et ne sont pas importantes pour qu'on s'y attarde''.

Il n'a jamais expliqué pourquoi son gouvernement semblait avoir perdu tout intérêt dans ce projet.

Juste après que la Namibie et l'Angola aient ouvert des négociations en 1991 pour la réalisation d'un projet hydroélectrique sur le fleuve Cunene, une grave division a surgi au sujet de l'emplacement exact du barrage. La Namibie préférait un site situé à quatre kilomètres en aval des chutes d'Epupa, tandis que l'Angola était en faveur d'un site dans les collines du Baynes, 40 km plus bas.

Des études de faisabilité ont montré que les deux sites sont bons pour le stockage d'eau et pour la production d'électricité parce que le fleuve a une pente assez raide. Le site d'Epupa serait en quelque sorte plus rentable, mais aurait un effet plus destructeur sur l'environnement et des conséquences directes sur un plus grand nombre d'habitants de Himba qui vivent dans le nord-ouest de la Namibie.

L'Angola penche beaucoup plus pour la réalisation du projet sur le site de Baynes parce que sa plus petite capacité le rendrait plus dépendant du contrôle du débit sur le barrage de Gové, plus en amont. Ceci signifie qu'une partie du financement pour le barrage de Baynes pourrait être utilisée pour la réhabilitation du barrage de Gové qui a été endommagé pendant la guerre civile de 27 ans qu'a connu l'Angola, et qui a pris fin en 2002.

Les projets de construction de ce barrage bénéficient d'une attention inégale de la part des deux pays impliqués dans le projet. La majorité du cours du Cunene, long de 1.120 km coule exclusivement à travers le territoire angolais, et ne forme la frontière entre les deux pays que pour les 340 derniers kilomètres puisqu'il coule de l'ouest des chutes d'Epupa vers l'océan Atlantique.

Toutefois, le principal fleuve angolais et le barrage hydroélectrique proposé sont d'une très grande importance pour la Namibie, un pays qui manque à la fois d'eau et d'électricité. La plus grande partie de la Namibie est couverte de désert ou de prairies arides, et le pays a seulement un accès partiel aux cinq fleuves permanents dans des régions frontalières lointaines -- l'Orange, le Zambèze, l'Okavango, le Chobe et le Cunene.

La NamPower, la société namibienne d'énergie électrique, s'efforce de satisfaire les exigences croissantes du pays en matière d'énergie, et veut garantir une source d'énergie fiable pour soutenir le taux de croissance économique du pays, lequel s'est stabilisé entre trois et quatre pour cent depuis l'indépendance en 1990.

La Namibie reçoit environ la moitié de son électricité de l'Afrique du sud, une dépendance que le gouvernement de Windhoek aimerait vivement réduire. L'ESKOM, la société d'électricité sud-africaine, avait averti la NamPower qu'elle est en train d'éprouver des difficultés pour satisfaire les besoins de son marché intérieur et que dans un proche avenir, elle aurait moins d'excédent de production à vendre à la Namibie.

Un grand barrage hydroélectrique sur le cours inférieur du Cunene résoudrait beaucoup de problèmes critiques pour la Namibie, et avantagerait également les provinces de Namibe et de Cunene sujettes à la sécheresse en Angola.

Les Angolais sont plutôt sceptiques au sujet des projets communs sur le fleuve Cunene parce qu'ils ont tiré peu de profit du projet électrique existant entre le Ruacana et le Calueque. La puissance coloniale portugaise a construit ce projet qui a été financé et conçu par le gouvernement de Pretoria au début des années 1970, principalement pour irriguer les terres agricoles dans le nord de la Namibie.

Le barrage et la station électrique de Ruacana, ainsi que le barrage de Calueque, situé à plus de 40 kilomètres en amont, n'ont jamais entièrement été mis en service parce qu'ils n'étaient pas achevés avant l'éclatement de la guerre civile en Angola. Toutefois, tous les aspects du projet qui sont opérationnels ont fait du bien à la région d'Owambo en Namibie. Quoiqu'un peu moins que le spécifiait le projet original, l'eau et l'électricité en provenance de Ruacana arrosent tout de même la Namibie.

De l'autre côté de la frontière, les Angolais doivent acheter de l'eau apportée par des camions-citernes, et un grand nombre de régions frontalières n'ont pas du tout d'électricité. Exprimant à haute voix une opinion partagée par beaucoup de ses compatriotes, Armindo Mário Gomes da Silva, directeur national des eaux de l'Angola, a déclaré que ''l'Angola ne profite pas du tout du barrage de Ruacana''.

Le Réseau international des fleuves (IRN), un groupe de pression basé en Californie, qui s'oppose à la construction des barrages, est en train de faire campagne contre la construction de barrage sur l'un ou l'autre des deux sites proposés, plus particulièrement sur le site d'Epupa.

L'IRN déclare que parce que le barrage d'Epupa aurait une très grande superficie, il perdrait de grandes quantités d'eau à cause de l'évaporation. Ceci est un problème sérieux dans une région confrontée aux sécheresses et aux pénuries d'eau.

Par ailleurs, l'IRN et d'autres organisations non gouvernementales affirment que l'augmentation des inondations ruinerait le mode de vie de la tribu semi-nomade des Himba. Des groupes de familles de cette tribu vivent de l'élevage du bétail sur les deux côtés de la rivière.

Il serait possible de paître du bétail dans de nouveaux emplacements si le barrage était construit, mais les Himba perdraient pour toujours le contact avec les tombeaux de leurs ancêtres.

Il est clair qu'aussi bien l'Angola que la Namibie ont tacitement convenu qu'aucun de leurs ambitieux projets de barrage sur le fleuve Cunene ne se matérialisera à court ou à moyen terme. Ils ont déjà trouvé des financements pour une joint venture moins ambitieuse visant à moderniser les infrastructures existantes relatives au barrage de Calueque.

Le nouveau Projet transfrontalier d'approvisionnement en eau de Kunene fournira de l'eau au village de Calueque en Angola et à d'autres communautés se situant le long de la frontière avec la Namibie. C'est une mesure provisoire utile, mais elle ne résoudra pas les problèmes longtemps existant de pénuries d'eau et d'électricité en Namibie. (FIN/2007)

 

 

 

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