PROCESSUS DE HELSINKI La mondialisation sur la sellette Francis Kokutse et Rosalia Omungo DAR ES SALAAM, 29 nov (IPS) - La dernière conférence qui doit se tenir dans le cadre du Processus de Helsinki s'est ouverte mardi à Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, sur des appels pour que les avantages de la mondialisation soient partagés équitablement entre les nations.
''Il y a un sentiment général selon lequel ce cadre n'est ni complet, ni équilibré'', a déclaré Bernard Membe, ministre tanzanien des Affaires étrangères. ''Plusieurs pays manquent de capacités économiques, technologiques et institutionnelles de base nécessaires pour bénéficier de la globalisation, et ont un pouvoir de négociation limité pour prendre part pleinement aux marchés mondiaux''.
Le Processus de Helsinki sur la mondialisation et la démocratie est une initiative conjointe de la Finlande et de la Tanzanie, qui a vu le jour à la fin de 2002, pour donner aux représentants du Nord et du Sud ''un nouveau type de tribune égale... pour se mettre ensemble et discuter des questions de préoccupation communes'', selon le site Internet de Helsinki. Cette initiative faisait suite à la reconnaissance selon laquelle les problèmes que pose la globalisation demandent des solutions très variées.
La première phase du processus (2003-2005) a mis l'accent, en partie, sur le développement d'une large coopération afin d’aborder les problèmes mondiaux, et a pris fin sur une conférence à Helsinki, la capitale de la Finlande. La deuxième étape de l'initiative (2005-2007) vise à accélérer la mise en œuvre de certaines propositions faites pendant la première étape; ses objectifs comprenaient également la poursuite d'une large consultation sur les difficultés que rencontre la communauté internationale.
La conférence de cette semaine (27-29 novembre), se tenant sous le thème 'Gouvernance inclusive -- combler les fossés mondiaux', marque la fin de la seconde phase du Processus de Helsinki. Elle réexaminera ce qui a été réalisé au cours des deux dernières années.
Membe a déclaré que les institutions internationales telles que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce devaient devenir plus démocratiques et plus inclusives.
En outre, il a souligné la nécessité de traiter des inégalités d'accès au marché et indiqué qu'il y avait un besoin urgent de donner aux préoccupations sociales le même poids qu’aux facteurs économiques dans les efforts de libéralisation du commerce : ''La libéralisation du commerce exige des institutions adéquates pour l'adaptation et la sécurité sociale -- des flux de capitaux se tariront en périodes d'agitations sociales -- et des appels à l'investissement international pour un avancement éducatif rapide de la force de travail''.
La vice-ministre finlandaise des Affaires étrangères, Teija Tiilikainen, s'est également adressée aux délégués à la cérémonie d'ouverture et a repris l'appel pour une gouvernance mondiale améliorée. Ceci était nécessaire, a-t-elle dit, pour aborder des ''défis contemporains relatifs, par exemple, aux... changements intervenant dans la sécurité mondiale et l'environnement...''.
Tiilikainen a indiqué que la nature de la mondialisation exigeait que ''tous les acteurs internationaux combinent leurs efforts'', et que depuis le lancement du Processus de Helsinki en 2002, ''la nécessité pour un dialogue entre les parties prenantes des différentes régions (était) simplement devenue plus certaine''.
''Combler les fossés entre différents Etats, cultures et acteurs, semble être d'actualité maintenant plus qu'il n'a jamais été et par conséquent, il est important que nous examinions comment l'expérience du Processus de Helsinki pourrait nous soutenir dans cet effort''.
Tiilikainen a ajouté que le Processus de Helsinki était en mesure d’offrir une ''tribune neutre pour le dialogue'' où aucun groupe ne se sentait ''désavantagé ou lésé''.
''Ceci peut ne pas paraître comme une grande réalisation en soi, mais nous devons nous rappeler qu'il est très difficile d'instaurer la confiance et de nouveaux types de partenariats dans un environnement où un groupe sent que l’autre est sournois''.
Les événements d'ouverture de la réunion de Dar es Salaam comprenaient également une table ronde sur comment les expériences du Processus de Helsinki pourraient aider à surmonter les divisions mondiales.
Etait présente à la discussion Anna Tibaijuka, sous-secrétaire générale des Nations Unies et directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-HABITAT), qui a déclaré que l'administration locale inadéquate représentait de sérieux défis au développement dans une ère d'urbanisation rapide.
''Nous devons avoir une dévolution complète de pouvoir, une vraie où nous autorisons les populations avec leurs dirigeants élus localement à décider de leur développement'', a-t-elle indiqué à IPS.
''Quand les gens vont dans les villes, nous devons trouver un moyen de faire entendre leurs voix de manière structurée''.
Pour sa part, Solomon Gichira –- responsable de programmes à la Conférence des églises de toute l'Afrique basée à Nairobi -- croit que des populations à la base peuvent suggérer leurs propres solutions aux problèmes, et qu’elles ne devraient pas faire confiance totalement aux fonctionnaires.
''Le gouvernement n'agit pas. Une fois que vous venez au pouvoir, vous oubliez les problèmes des populations, à partir des nids-de-poule sur les routes jusqu’aux plus gros problèmes. Si nous allons vers les populations, nous bougerons; si non, nous retournerons à la case-départ''.
Selon l'ONU-HABITAT, l'année 2007 marque un grand tournant dans l'urbanisation : c'était la première année au cours de laquelle le nombre de personnes vivant dans des villes correspond à celui vivant dans des zones rurales. La croissance urbaine est la plus élevée en Afrique subsaharienne.
D'ici à 2030, environ cinq milliards de personnes devaient être des citadins, contre environ trois milliards à la campagne.
Toutefois, les villes sont mal équipées pour gérer cet influx. Déjà, environ un milliard de personnes -- une personne sur six -- vit dans des banlieues. En Afrique subsaharienne, plus de 72 pour cent des habitants de la ville vivent dans des habitations informelles.
(FIN/2007)
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