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Q&R
''Augmenter la productivité agricole tout en réduisant l'empreinte environnementale''
Interview avec Robert Watson

JOHANNESBURG, 15 avr (IPS) - Au cours de ces quelques dernières années, Robert Watson a eu ce qu'on doit qualifier de l'une des plus rudes missions du monde : présider une initiative pour aider l'agriculture à s'attaquer aux défis importants auxquels elle est confrontée actuellement, y compris même les obstacles plus grands à venir.

L'International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development' (IAASTD), qui est dans sa troisième année, a cherché à évaluer le savoir agricole dans son ensemble, avec l'aide des gouvernements, de la société civile, du secteur privé et de centaines d'experts.

Watson a initié ce projet pendant qu'il était scientifique principal à la Banque mondiale; il travaille actuellement comme directeur de l'IAASTD -- également comme scientifique principal au ministère britannique de l'Environnement et de l'Agriculture.

Les conclusions de l'évaluation sont officiellement présentées ce mardi, ceci après qu'elles ont été réexaminées lors d'une plénière intergouvernementale tenue à Johannesburg, en Afrique du Sud, du 7 au 12 avril. Le correspondant de IPS en charge de l'environnement, Stephen Leahy, s'est entretenu avec Watson à cette rencontre déterminante de l'IAASTD.

IPS: Quelle est l'importance des conclusions de l'IAASTD pour la sécurité alimentaire mondiale?

Robert Watson (RW) : L'importance de l'IAASTD est que pour la première fois, des gouvernements des pays développés et en développement, la société civile, des auteurs scientifiques des sciences naturelles et sociales ont tous travaillé ensemble pour aborder la question critique de comment obtenir des vivres abordables et nutritifs d'une manière qui soit durable sur le plan environnemental et social.

IPS: L'IAASTD affirme clairement que le statu quo en agriculture n'est pas une option. Pourquoi est-ce le cas?

RW : L'IAASTD se fonde sur les conclusions issues des deux évaluations précédentes. L'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire a trouvé que 15 des 24 écosystèmes naturels de la planète sont en danger ou en déclin, du fait, dans une large mesure, de la dégradation des terres et de l'eau -- à cause principalement de l'agriculture. Le Panel intergouvernemental sur le changement climatique a conclu que l'agriculture contribue pour beaucoup au changement climatique provoqué par les hommes, et le changement climatique aura un impact majeur sur la productivité agricole.

Si nous mettons uniquement l'accent sur l'accroissement de la production alimentaire, il ne se fera qu'au détriment d'une dégradation supplémentaire de l'environnement.

IPS: Que disent les conclusions de l'IAASTD au sujet des prix actuels des produits alimentaires, qui ont atteint des plafonds records?

RW : Il y a plusieurs facteurs qui interviennent dans les prix des produits alimentaires -- la variabilité du climat entraînant la baisse des moissons dans certaines régions, des coûts d'énergie plus élevés, la production du biocarburant et la spéculation sur le marché à terme. Maintenant, l'heure est venue de demander : comment pouvons-nous augmenter la production alimentaire, maintenir la nourriture abordable et assurer que les agriculteurs puissent avoir une vie décente? L'IAASTD est notre meilleure tentative pour répondre à cette importante question.

IPS: Vous avez dirigé l'initiative du Panel intergouvernemental sur le changement climatique et l'Evaluation des écosystèmes pour le millénaire. Comment l'IAASTD est-elle différente de ces évaluations?

RW : Il était absolument important de rassembler une compréhension des sciences naturelles avec une compréhension des institutions, de la conduite humaine et des politiques. La plupart des évaluations précédentes n'ont pas pu saisir l'importance des sciences sociales. Pendant qu'elles pourraient capter la vision économique, elles ne captent pas l'autre connaissance, non-économique, des sciences sociales.

Il ne suffit pas d'examiner la science et la technologie de la manière de cultiver davantage de vivres sans considérer leurs impacts sur les écosystèmes naturels et sur les systèmes sociaux.

IPS: L'IAASTD en appelle-t-elle à la fin des monocultures à grande échelle?

RW : Si les monocultures peuvent être modifiées pour qu'elles soient durables sur le plan environnemental et social, alors elles sont bonnes. Vous ne pouvez pas ébranler la base des ressources naturelles de l'agriculture -- le sol, l'eau, la biodiversité et autres -- parce que finalement elle s'effondrera.

IPS: Pourquoi y a-t-il eu si peu de débat sur le changement climatique au cours de la plénière intergouvernementale?

RW : Le changement climatique est bien reconnu maintenant comme un sérieux problème d'environnement, de développement, de santé et de sécurité humaines. Ce n'est plus une question controversée. Le défi pour nous actuellement est comment maintenir et augmenter la productivité tout en réduisant l'empreinte environnementale, les émissions de gaz à effet de serre et l'utilisation des combustibles fossiles dans le secteur agricole. Au même moment, nous devons adapter l'agriculture au changement du climat. Les conclusions de l'IAASTD indiquent le chemin en termes de types de connaissance, de science et de technologie dont nous avons besoin pour changer les pratiques agricoles en vue de gérer cette réalité.

IPS: Vous avez appelé l'IAASTD une ''expérience sociale unique''. Que voulez-vous dire par-là?

RW : Tous les secteurs clés de la société ont été impliqués : les gouvernements, la société civile, l'industrie, les agriculteurs, les universitaires et de principales organisations internationales comme la Banque mondiale et la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Si tout le monde est touché par les questions de durabilité alimentaire, environnementale et sociale, alors tout le monde devrait être à la table pour apporter son savoir et son expérience pour aider à résoudre notre problème commun.

Etant donné la diversité des points de vue, le processus a été extrêmement difficile et complexe. Toutefois, je pense fermement que ce processus est le moyen pour l'avenir et peut être mis en œuvre dans n'importe quel contexte, que cela soit local, régional, national ou international.

Je ne peux pas imaginer une seule question importante aujourd'hui qui n'implique pas plusieurs secteurs. (FIN/2008)

 

 

 

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