Inter Press Service News Agency
09:41 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

DEVELOPPEMENT
Réinventer l'agriculture
Stephen Leahy

JOHANNESBURG , 16 avr (IPS) - Les résultats d'un examen minutieux de l'agriculture mondiale ont été présentés mardi avec la publication du rapport final de l'International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development' (IAASTD).

L'évaluation a exploré comment l'agriculture peut être réinventée pour nourrir de façon durable la population croissante du monde dans une zone aux multiples défis -- en particulier ceux que représentent le changement climatique et une crise alimentaire grandissante qui a conduit au déclenchement des violences dans un certain nombre de pays en développement.

L'expertise de quelque 400 scientifiques et d'autres spécialistes a été utilisée par l'IAASTD; des gouvernements des nations riches et celles en développement ont également pris part à l'évaluation, de même que la société civile et le secteur privé.

La connaissance scientifique de même que les compétences traditionnelles ont été évaluées dans le cadre de l'IAASTD, qui a marqué la première tentative de rassembler tous les acteurs de l'agriculture en vue d'aborder la question de la sécurité alimentaire (Voir : 'Q&R : "Augmenter la productivité agricole tout en réduisant l'empreinte environnementale"'). Les participants ont produit cinq évaluations régionales, et un rapport de synthèse de plus de 110 pages.

Au nombre des 22 conclusions de l'enquête qui indiquent une nouvelle direction à l'agriculture, figure : une conclusion selon laquelle la pratique dominante de l'agriculture industrielle à grande échelle n'est pas durable, principalement à cause de la dépendance d'une telle agriculture du pétrole bon marché, ses effets néfastes sur les écosystèmes -- et la rareté grandissante de l'eau.

Au contraire, les monocultures doivent être reconsidérées en faveur des agro-écosystèmes qui associent la production alimentaire avec l'assurance que les provisions d'eau resteront propres, la préservation de la biodiversité et l'amélioration des moyens de subsistance des pauvres.

''Etant donné les prochains défis, il était très clair pour tout le monde que le statu quo n'était pas une option'', a déclaré à IPS, Hans Herren, coprésident de l'IAASTD. Il intervenait lors de la plénière intergouvernementale tenue du 7 au 12 avril dans la capitale économique sud-africaine, Johannesburg, où les conclusions de l'évaluation ont été réexaminées en prélude à la présentation de mardi.

Bien que les provisions mondiales de vivres soient suffisantes, 850 millions de personnes ont encore faim et souffrent de malnutrition parce qu'ils n'ont pas accès ou ne peuvent se procurer les provisions dont ils ont besoin, a ajouté Herren -- qui est également président du 'Millennium Institute' (Institut du millénaire) basé à Arlington, un organe qui entreprend une variété d'activités de croissance à travers le monde. Un accent unique sur l'accroissement des rendements de cultures ne résoudrait pas les problèmes immédiats, a-t-il dit : ''Nous avons besoin d'une meilleure alimentation de qualité au bon endroit''.

La notion selon laquelle le rendement ne peut plus être la seule mesure du succès agricole a été également soulevée par Jan van Aken de 'Greenpeace International', qui a déclaré que le point auquel l'agriculture favorise la nutrition doit être considéré. Un demi-hectare de terrain en Thaïlande peut faire pousser 70 espèces de légumes, de fruits et d'herbes, donnant de loin une meilleure alimentation et nourrissant plus de personnes qu'un demi-hectare de terrain de riz à haut rendement, a-t-il ajouté.

L'IAASTD indique davantage que les experts en science et technologie agricoles doivent non seulement travailler avec des agriculteurs locaux, mais aussi avec des économistes, des scientifiques de la société et de la santé, des gouvernements et la société civile.

''Nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes au ministère de l'Agriculture seulement'', a observé l'autre coprésidente, Judi Wakhungu, qui est également directrice exécutive du Centre africain pour les études de technologie. Ce centre à son siège à Nairobi, la capitale kenyane.

''On aura besoin des dirigeants pour opérer ce changement'', a-t-elle ajouté, en reconnaissance du fait que la plupart des gouvernements, des centres de recherche et d'autres dans des secteurs liés à l'agriculture ne sont pas habitués à se mettre ensemble, et se disputent souvent pour obtenir le financement.

La plénière a été marquée par un certain désaccord sur les questions toujours controversées de la biotechnologie et du commerce : en effet, au cours d'un long et houleux débat sur la biotechnologie, la rencontre a bien failli tomber à l'eau. Les représentants du gouvernement américain et australien se sont opposés à l'idée de formuler, dans le rapport de synthèse, les inquiétudes exprimées, à savoir si l'utilisation des cultures génétiquement modifiées (GM) dans l'alimentation est saine et sans danger.

Cette question, de même que les défis relatifs au commerce, ont été amplement débattus au cours des trois années du processus de l'IAASTD et le texte final a reflété des preuves scientifiques. Le rapport indique que la biotechnologie a un rôle à jouer dans le futur, mais qu'elle demeure une question controversée, les données en faveur des cultures GM étant mitigées; il note en outre que le fait de breveter les gènes cause des problèmes aux agriculteurs et aux chercheurs.

Syngenta et les autres sociétés de biotechnologie et de pesticides ont abandonné le processus d'évaluation l'année dernière.

L'impasse lors de la plénière a été rompue quand les deux pays se sont entendus sur une note en bas de page dans le rapport indiquant leurs réserves par rapport au libellé. Ils ont également convenu d'accepter le rapport dans son ensemble, avec le Canada et le Swaziland : ''Notre gouvernement soutiendra ce rapport même si nous avons des réserves sur quelques parties'', a déclaré le délégué australien à la rencontre.

Les 60 autres pays représentés à la plénière ont adopté une position plus ferme, allant au-delà de l'acceptation d'adopter le rapport.

''Je suis abasourdie. Je ne pensais pas que cela se passerait'', a affirmé Janice Jiggins, du Département des sciences sociales à l'Université de Wageningen, aux Pays-Bas, et l'un des experts qui ont travaillé pour réexaminer la totalité du savoir agricole et les effets de l'agriculture à travers le monde.

Il y avait également le large soutien de la société civile.

''Nous avons une position très dure contre les OGM (organismes génétiquement modifiés), mais nous avons décidé d'accepter les conclusions du rapport de synthèse parce qu'il était neutre'', a indiqué van Aken. ''Nous ne sommes pas contents de tout, mais nous sommes d'accord avec le consensus scientifique dans le rapport de synthèse''.

Maintenant, l'IAASTD passe de la mise à l'épreuve de l'endurance des chercheurs à celle de la volonté politique des décideurs.

''Ces documents sont comme une bible avec laquelle il faut négocier avec les différentes institutions de mon pays et transformer l'agriculture'', a déclaré le délégué de Costa Rica lors de la rencontre de Johannesburg, par l'intermédiaire d'un traducteur.

D'autres étaient plus circonspects au sujet des perspectives pour l'évaluation, mais toujours optimistes.

''Nous allons tous dans la même direction actuellement, même si certains marchent et d'autres courent'', a dit Wakhungu. (FIN/2008)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>