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DEVELOPPEMENT-SENEGAL
L'accès à l'eau potable à Dakar toujours difficile dans la banlieue
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 29 juil (IPS) - Les populations des banlieues de Dakar, la capitale du Sénégal, continuent de souffrir des perturbations dans la distribution de l'eau, notamment dans certaines zones comme Yeumbeul, Diamaguene et Cambérène.

En effet, dans ces banlieues dakaroises, beaucoup de familles n'ont pas accès à l'eau potable. Cependant, la Sénégalaise des eaux (SDE), une société anonyme chargée de la distribution, rassure que ce manque d'eau sera bientôt un souvenir lointain après la résolution de certains problèmes techniques.

A Diamaguene, une banlieue située non loin de la route nationale 1, la plupart des maisons n'ont pas de branchements d'eau de la SDE. La population dans cette localité est obligée de se déplacer avec des bidons pour aller dans les autres quartiers environnants chercher de l'eau à boire et pour faire le ménage.

Astou Diagne, une habitante de Diamaguene, ne retient pas sa colère. Pour elle, leur localité est plutôt un vivier électoral pour les partis politiques et après les élections, les élus oublient les promesses faites. "Lors des campagnes électorales, les politiciens sont venus dans notre localité avec des promesses bien ficelées, surtout celle liée à l'accès de l'eau potable, mais nous n'avons toujours pas de branchement d'eau bien que nous ayons fait des demandes à la SDE. Nous souffrons trop pour l'eau ici", se lamente-t-elle.

Dans cette banlieue Diamaguene, il n'y a qu'une seule borne fontaine gérée par Malick Ndiaye qui déclare que les femmes envahissent le lieu dès les premières heures du matin pour avoir plus de chance d'obtenir de l'eau. "Les plus chanceuses sont celles qui se réveillent tôt, elles peuvent avoir de l'eau pour une journée", confirme à IPS, Fatou Diop Gueye, une mère de famille.

Selon Ndiaye, ce n'est pas facile pour lui aussi car son sommeil est souvent troublé. "Les femmes viennent me déranger à n'importe quelle heure pour que je vérifie si l'eau coule au robinet parce qu'à la mi-journée, l'eau ne coule plus et les femmes, pour faire la cuisine, se rabattent sur des puits", révèle-t-il.

Adama Niang, une étudiante en droit à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, habitante de cette banlieue, est consciente de la qualité douteuse et des dangers encourus en consommant l'eau de puits. "Je sais que l'eau de puits est impropre à la consommation sans un traitement préalable, mais on n'y peut rien, puisqu'on ne dispose même pas de robinet à la maison", se plaint-elle.

En raison de l'importance de l'eau pour leurs besoins, les populations des banlieues ne se plaignent même pas du prix de l'eau vendue à la borne fontaine. Malick vend le bidon de cinq litres d'eau à 25 francs CFA (environ 0,06 dollar), tandis que le baril de 50 litres coûte 150 FCFA (environ 0,36 dollar). Ailleurs dans certains quartiers, la même quantité d'eau est vendue un peu moins chère.

A Cambérène par contre, une autre banlieue située à 10 kilomètres du centre-ville, beaucoup de familles se retrouvent avec des canalisations et des branchements d'eau potable dispersés un peu partout. Des tuyaux d'eau potable ne sont pas loin parfois de ceux de l'assainissement ou des toilettes. Ce qui non seulement n'est pas conforme, mais peut causer des risques énormes en cas de cassure des tuyaux, explique à IPS, Adama Dièye, un technicien de la SDE.

C'est également une banlieue où les ruelles sont étroites car la localité n'a pas été lotie par les services topographiques. En outre, l'eau qui sort du robinet est parfois rougeâtre. Selon Marthe Ndong, une enseignante de cette localité, non seulement l'eau ne coule pas, mais elle a une saveur désagréable. "L'eau qu'on boit ici est vraiment spéciale. Parfois, elle ne sort même pas du robinet ou quand elle apparaît, c'est avec une couleur rouge et une saveur vraiment pas agréable, mais on fait avec", dit-elle à IPS d'un ton moqueur.

Cependant, la direction de la Sénégalaise des eaux rassure que le problème d'accès à l'eau potable sera réglé bientôt. Le directeur général de la SDE, Mamadou Dia, a indiqué que les perturbations, notamment au cours de ce mois, se sont accentuées à cause du remplacement, par la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES), d'une ancienne conduite en béton qui date de 1958. Les deux objectifs de cette opération étaient d'améliorer la qualité de l'eau et d'accroître la quantité, en particulier dans les banlieues.

Dia a également affirmé que les besoins de Dakar sont de 295.000 mètres cubes tandis que l'offre est de 300.000 mètres cubes et que la moindre perturbation, même une fourniture d'électricité, suffit à créer un déficit dans la distribution de l'eau.

D'autres stations de traitement d'eau sont en construction et les travaux seront terminés en décembre prochain, selon le directeur général de la SONES, Cheikh Fall, dont la société publique est chargée de la planification et des investissements dans le secteur de l'eau.

Par rapport à une éventuelle augmentation de la facture d'eau, Fall rassure qu'il n'y en aura pas. "Depuis 2003, il y a eu l'augmentation du prix des intrants, mais la facture d'eau n'a pas augmenté", déclare-t-il à IPS. "La couleur rougeâtre de l'eau (dans la banlieue) ne signifie nullement que l'eau n'est pas potable, elle est très bien contrôlée par des laboratoires comme l'Institut Pasteur. Plus de 90 pour cent de l'eau présente une potabilité".

Selon les archives de la SDE, un Sénégalais reçoit au minimum 35 litres d'eau par jour, et tous les usagers ne payent pas l'eau au même prix. Si le coût moyen de l'eau est de 419 FCFA (environ un dollar) le mètre cube, il est facturé en moyenne à 268 FCFA (0,64 dollar) aux maraîchers, 372 FCFA (environ 0,89 dollar) aux usagers domestiques et 639 FCFA (1,5 dollar) aux usagers industriels.

La distribution de l'eau courante est également liée à la disponibilité de l'électricité qui active les pompes, mais avec les délestages intempestifs, les puits des banlieues de Dakar risquent de voir s'allonger la queue des usagers pour rechercher patiemment l'eau, cette denrée précieuse. (FIN/2008)

 

 

 

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