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BURKINA FASO
Nouvelles mesures pour éviter d'autres drames sur les sites d'orpaillage
Brahima Ouédraogo

OUAGADOUGOU, 12 août (IPS) - Après la mort de 34 mineurs dans un site d'orpaillage dans le sud-ouest du Burkina Faso, le week-end dernier, les autorités annoncent des mesures supplémentaires pour assurer la sécurité dans les sites miniers artisanaux, notamment ceux de l'exploitation de l'or.

Selon Séka Ky, directeur général des mines, des carrières et de l'énergie au Burkina Faso, des patrouilles mixtes seront désormais organisées pendant l'hivernage dans les sites d'orpaillage. "Nous allons faire un inventaire des sites d'orpaillage dans chacune des 13 régions, et chaque gouverneur va organiser ces patrouilles mixtes", a-t-il indiqué à IPS.

Les orpailleurs ont été surpris par les eaux de fortes pluies dès les premières heures de samedi dernier sur le site de Konkiéra, dans le département de Boussoukoula, situé à 500 kilomètres de Ouagadougou, la capitale burkinabé.

"Les orpailleurs se sont introduits frauduleusement sur ce site à la faveur de la nuit sous une pluie battante et à une heure tardive, entre minuit et une heure du matin", a déclaré le ministre délégué chargé des Collectivités territoriales, Hyppolite Soungalo Ouattara.

"Nous allons continuer à mener un travail de sensibilisation sur ces villages spontanés et précaires, mais avec l'appui des conseils villageois, des populations riveraines, et la police de proximité", a expliqué Soungalo Ouattara à IPS.

En raison des risques élevés d'éboulement des puits d'orpaillage pendant la saison hivernale, le gouvernement avait décidé, dès la mi-juin, de suspendre les activités d'exploitation artisanale de l'or sur toute l'étendue du territoire du 30 juin au 30 septembre.

Mais, cette période a été jugée trop longue par les orpailleurs qui avaient déjà saisi les autorités locales afin que le délai soit revu à la baisse.

Les agents des forces de l'ordre patrouillent depuis sur les sites en compagnie de la police économique, mais selon les autorités, tout instant d'inattention est exploité par les orpailleurs pour se rendre sur le site.

Selon Adama Zalla, le préfet de Boussoukoula, l'incident de Konkiéra a eu lieu malgré ses mises en garde la veille aux orpailleurs dont on avait signalé des va-et-vient malgré l'arrêté gouvernemental. "Nous les voyions passer tout le temps, on s'est dit qu'il fallait aller voir si la mesure est appliquée", a-t-il expliqué.

Un tour sur le site a permis de constater que les activités se poursuivaient. "Effectivement, on a trouvé des gens qui continuaient à travailler. On a pris leurs noms et on leur a rappelé dès vendredi que c'était pour leur protection qu'on avait décidé de fermer provisoirement les sites à cause de l'hivernage", ajoute le préfet.

Après le drame, la Croix-Rouge burkinabé indique avoir envoyé des missions d'évaluation sur les lieux afin d'éviter la répétition de catastrophes de ce genre.

"Comme on ne peut pas les empêcher de chercher l'or, on peut leur apporter des techniques pour leur permettre de sauver des vies en cas de catastrophe", suggère Romain Guigma, le responsable de secours d'urgence de la Croix-Rouge burkinabé.

La Croix-Rouge prévoit, entre autres, la construction de diguettes avec des sacs de sable pour protéger les puits des eaux de pluie et des systèmes d'alerte comme des jalons de graduation, ou des fils pour alerter ceux qui sont déjà descendus dans les galeries en cas d'urgence.

"Très souvent, les gens ne mesurent pas la grandeur des risques. Il faut communiquer, échanger avec eux", ajoute Guigma à IPS.

Selon le ministère burkinabé des Mines, des Carrières et de l'Energie, l'or produit dans les sites d'exploitation artisanale entre 1986 et 2006 est de 17 tonnes qui ont rapporté 80 milliards de francs CFA (environ 186 millions de dollars) dans l'économie nationale.

Dans son discours devant le parlement en octobre 2007, le Premier ministre burkinabé, Tertius Zongo, avait souligné la nécessité d'organiser le secteur minier artisanal qui occupe environ 200.000 exploitants dans plus de 200 sites pour permettre de lutter contre la pauvreté.

Or selon le ministère des Mines, seulement 129 de ces sites sont répertoriés par les autorités. "Nous ne pouvons pas faire la promotion de l'exploitation artisanale car elle est très dangereuse et souvent clandestine, mais l'Etat doit l'organiser car elle s'impose à nous", reconnaît Ky.

Selon Ky, les autorités ignorent souvent l'existence de certains sites parce que les exploitants artisanaux préfèrent "cacher" les mines qu'ils découvrent.

Environ 46,2 pour cent des 13 millions d'habitants du Burkina Faso vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins d'un dollar par jour, indiquait le Rapport 2006 du Programme des Nations Unies pour le développement.

Cependant, le nouveau Code minier adopté en 2003 souligne les besoins de sécurisation des sites d'exploitation minière artisanale, en procédant au bornage du périmètre du site, et en veillant à la sécurisation des lieux et au contrôle par les autorités techniques et administratives compétentes.

Le code appelle les artisans miniers à éviter l'utilisation de substances dangereuses et polluantes comme le mercure et à surveiller les forages et les puits afin d'éviter des éboulements.

Les sapeurs pompiers burkinabé, qui se sont rendus sur le site de Konkiéra après le drame, ont souligné l'étroitesse des puits qui a empêché le déploiement des équipements de sauvetage.

"Compte tenu de l'étroitesse des puits, on ne pouvait pas rentrer avec des équipements de protection individuels, et il fallait ramper à des endroits où on ne pouvait pas rentrer avec des bouteilles d'oxygène", a expliqué à IPS, le lieutenant-colonel Doumandji Karambiri, directeur des opérations des sapeurs pompiers militaires. (FIN/2008)

 

 

 

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