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DEVELOPPEMENT
Les opérateurs africains de l'eau d'accord pour le 'Wop Afrique'
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 22 sep (IPS) - Des opérateurs d'Afrique ont mis sur pied un Partenariat des opérateurs d'eau pour la région africaine (Wop Africa, en anglais), dans le sillage de 'Wop Global' initié par les Nations Unies, pour permettre aux populations africaines d'atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement.

Une centaine d'opérateurs africains ont pris part à un atelier de partage dans le cadre d'un partenariat entre les différentes sociétés d'eau d'Afrique. La rencontre qui s'est déroulée vers la fin de la semaine dernière à Dakar, la capitale sénégalaise, avait pour thème : "Identification des domaines pertinents de partenariat".

L'atelier a validé la nécessité de mettre en place un partenariat des opérateurs d'eau en Afrique et les participants s'étaient accordés sur les principes directeurs du 'WOP Africa' qui consistent à partager les expériences en eau et assainissement avec les autres pays africains, tout en étant ouverts à leurs apports.

Le programme 'Wop Africa', lancé le 25 février 2008 lors du congrès biennal de l'Association africaine de l'eau (AAE) à Cotonou, au Bénin, symbolise également l'union des forces de l'AAE et de l'ESAR/IWA (région-est de 'International Water Association') qui est une organisation des opérateurs de l'eau dans la région orientale de l'Afrique.

Le but de ces associations est d'assurer, par le partenariat, l'accès à l'eau des populations de tous les pays d'Afrique, par le partage d'expériences, d'ici à 2015. Le 7ème Objectif du millénaire pour le développement (OMD) veut réduire de moitié la population qui n'a pas accès à l'eau potable d'ici à cette date.

Organisé conjointement par 'Water Sanitation' -- un programme de la Banque mondiale et 'UN Habitat' -- en collaboration avec ESAR/IWA, l'atelier a conduit les opérateurs à réfléchir sur leur mise à niveau, puisqu'ils reconnaissent ne pas être tous imprégnés de la même manière en termes de capacités. "L'accès à l'eau potable et à l'assainissement n'est pas équitable dans tous les pays d'Afrique", affirment-ils.

L'atelier a permis également aux professionnels de l'eau -- venus de plus de 30 pays d'Afrique de l'ouest, du nord et du centre -- d'être édifiés sur les progrès réalisés par les sociétés d'eau en Afrique et de rendre plus performants leurs services en matière d'assainissement et de gestion de la clientèle.

Selon le secrétaire général du 'WOP Global', Faraj Elawar, la rencontre de Dakar s'inscrit dans la continuité du programme 'WOP Africa' lancé à Cotonou. Selon lui, cet atelier a permis de faire une auto-évaluation des sociétés d'eau pour définir des "domaines pertinents de partenariat en vue de renforcer leurs capacités en matières d'accès à l'eau potable et à l'assainissement, un facteur de lutte contre la pauvreté".

Le ministre de l'Urbanisme, de l'Habitat, de l'Hydraulique urbaine, de l'Hygiène publique et de l'Assainissement du Sénégal, Oumar Sarr, estime que la démarche des opérateurs devrait renforcer les moyens de l'Afrique en lui permettant de relever les défis de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement. Une question qui, a-t-il dit, est au cœur des politiques de lutte contre la pauvreté et pour la réalisation des OMD d'ici à 2015.

"Pour l'eau potable au Sénégal, un service presque universel est atteint en milieu urbain avec un taux de 98 pour cent en 2007. En milieu rural, il était de 72,4 pour cent en 2006, ce qui fait un accès national à l'eau potable de 83 pour cent", a affirmé le ministre.

Sarr a ajouté que le taux d'accès à l'assainissement urbain au Sénégal est passé de 57 pour cent en 2004 à 64 pour cent à la fin de 2007. "La politique des branchements sociaux à permis de densifier les branchements à l'égout dans les zones urbaines dotées de réseaux collectifs", a-t-il dit à IPS.

"En associant cette option de l'assainissement semi-collectif et individuel, nous espérons qu'en 2015, au moins 78 pour cent des ménages urbains auront accès à un assainissement adéquat", a indiqué Sarr, tout en reconnaissant qu'il restait des efforts à faire dans les zones rurales et dans les banlieues en matière d'assainissement.

Au cours de l'atelier, le directeur de la communication et de la coopération de la Sénégalaise des eaux (SDE), Cheikh Tidiane Fall, et Dieudonné Sawadogo, secrétaire général de l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) du Burkina Faso, ont présenté un cas pratique de partenariat entre les sociétés de ces deux pays d'Afrique de l'ouest, dans le but d'améliorer leurs performances et leurs expériences.

"Il y a eu des résultats pratiques et utilisables mis à notre disposition dans le cadre d'une coopération et d'une assistance technique entre les différentes sociétés, en collaboration avec les bailleurs de fonds, et ce, dans le but d'améliorer les performances et les services d'eau potable et d'assainissement destinés aux populations africaines", a déclaré Sawadogo.

Mamadou Dia, directeur général de la SDE, affirme que sa société reçoit des partenaires venus d'ailleurs en Afrique, qui veulent bénéficier de l'expérience du Sénégal en matière d'eau et d'assainissement, et rassure que l'assistance ne se fait pas en échange d'un quelconque profit. "Il n'y aura que les coûts engagés qui sont restitués sans aucune marge au cours de l'assistance. Et, avec l'accord des bailleurs de fonds, il sera défini les critères d'assistance d'une société leader et d'une société qui a des performances à améliorer", dit-il.

Dia reconnaît néanmoins que l'Afrique a beaucoup de retard pour atteindre les OMD, soulignant qu'il est important d'améliorer le service et les performances en matière d'assainissement d'ici à 2015, pour permettre à la majeure partie des populations du continent d'accéder au réseau d'évacuation, qu'il soit collectif, semi-collectif ou individuel.

Les opérateurs ont souhaité trouver des modes de financements innovants des sociétés africaines d'eau en vue d'évaluer l'état de leur préparation vis-à-vis des institutions de financement et leur degré de solvabilité, et de développer la dissémination de l'information. Ils ont également lié toute cette activité à un mécanisme global dont le but est de favoriser un effet d'entraînement par les sociétés d'eau les plus performantes en faveur des moins nanties. (FIN/2008)

 

 

 

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