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ECONOMIE-AFRIQUE
Comment rendre formel le secteur informel?
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 23 oct (IPS) - L'économie informelle englobe 72 pour cent des emplois en Afrique subsaharienne, selon le Bureau international du travail (BIT). Pourtant, ce secteur est caractérisé par de graves difficultés de protection sociale, de mauvaises conditions de travail et de précarité de l'emploi.

Les causes profondes de l'expansion de l'économie informelle, et les stratégies pour formaliser progressivement le secteur informel en Afrique ont constitué les centres d'intérêt d'un colloque international de quatre jours, organisé de lundi à jeudi à Dakar, la capitale sénégalaise. L'objectif était de mettre en place des stratégies et programmes pour appuyer le secteur informel en Afrique, faciliter sa transition vers l'économie formelle, et faire des acteurs de ce secteur des supports de croissance et du développement économique et social.

Selon les conclusions de la rencontre, l'économie informelle en Afrique a besoin d'aide, mais il faut, indiquent-elles, passer par une identification des activités et connaître le nombre de personnes qui y évoluent. Les experts africains du secteur ont reconnu, au cours du colloque, que l'incapacité des économies à créer le nombre d'emplois nécessaires pour absorber la main-d'œuvre, constitue l'une des causes de l'expansion de l'économie non-formelle.

En plus des analphabètes, des gens instruits en attente d'un emploi et des licenciés d'entreprises trouvent refuge dans le secteur informel, ajoutent les experts. Ils entendent relever le défi en formalisant l'informel en Afrique. Les participants sont venus des pays suivants : Bénin, Afrique du Sud, Namibie, Ethiopie, Ouganda, Cameroun, Angola, Egypte, Algérie, Tanzanie, Zimbabwe, Niger, Tchad, Tunisie et Sénégal.

Le colloque, selon les organisateurs, est un processus qui doit construire progressivement le passage de l'économie informelle à l'économie formelle dans l'esprit et la pratique, avec une volonté politique. Les employeurs et les travailleurs auront donc des responsabilités importantes dans la réussite de la mise en œuvre de politiques et stratégies permettant à l'économie informelle d'atteindre ses objectifs, notamment la création d'emplois, la lutte contre la pauvreté et l'extension de la couverture sociale pour tous.

Une étude de septembre 2008 de la Banque mondiale révèle que 97 pour cent des créations d'emplois proviennent de l'économie informelle dans les pays sous-développés. Malgré sa contribution importante, le secteur informel constitue, selon l'étude, l'un des domaines les plus illustratifs et les plus symptomatiques du déphasage qui existe entre le cadre juridique et la réalité sociale.

Assane Diop, directeur exécutif, secteur de la protection sociale du BIT, soutient cependant que l'économie informelle ne régresse pas nécessairement avec la croissance et le développement. "Nombre de pays connaissent une non-formalisation croissante en dépit de bons résultats économiques", explique-t-il à IPS.

Selon Diop, la division du travail très déséquilibrée entre les stratégies de croissance économique supposée produire les richesses, les emplois et les services sociaux de base, ne semble pas avoir tenu compte du phénomène de l'économie informelle.

"Les programmes d'ajustement structurel souvent imposés aux pays en développement sont venus aggraver la fracture nationale, tandis que la mondialisation sape les efforts de développement des ces pays, en créant une autre fracture du fait de l'isolement et de la marginalisation de l'économie informelle dans la planification économique", déclare-t-il à IPS.

Diop affirme que le secteur informel est une chance à saisir pour établir un autre modèle de développement et il s'avère important d'avoir la maîtrise des données de l'économie informelle au plan national, connaître les déficits en terme de conditions de travail, de santé et sécurité au travail, de sécurité sociale, et identifier les besoins les plus pressants dans ce domaine.

Le président de la Confédération panafricaine des employeurs (CPE), Hamidou Diop, estime que la révision des dispositions juridiques et réglementaires dans le secteur informel, est la condition indispensable vers la formalisation. "Si des mesures efficaces pouvaient être prises pour formaliser l'activité économique informelle, l'élargissement de l'assiette fiscale permettrait d'accroître la base des ressources intérieures pour le développement de l'Afrique", explique-t-il.

Pour sa part, Ernest Doukandirai, représentant le Tchad, pense que les causes de l'expansion du secteur informel sont les mêmes et qu'il faut passer à l'action et changer de mentalité dans la conception des structures macroéconomiques, pour mieux comprendre l'économie informelle dans sa logique, sa dimension, sa complexité et son impact socioéconomique.

Innocence Ntap Ndiaye, la ministre sénégalaise en charge de l'emploi, estime que la problématique qui interpelle les Etats africains est l'attitude à observer à l'égard du secteur informel qui, à côté de l'Etat, est le principal pourvoyeur d'emplois et de richesses, jusqu'à 60 pour cent du produit intérieur brut du Sénégal.

Selon Ndiaye, la réflexion a été déclenchée au colloque et se poursuivra en rapport avec l'Organisation internationale du travail (OIT) qui s'intéresse à l'assurance sociale. Un travail d'identification sera fait sur le terrain, dit-elle à IPS.

"Dans le sens d'une meilleure appréciation du problème du secteur informel, il est important d'entreprendre une enquête et le gouvernement (sénégalais) pourrait y contribuer largement, il peut même le faire en rapport avec l'OIT et d'autres organisations internationales pour identifier les agents, les entreprises informelles", ajoute-t-elle. (FIN/2008)

 

 

 

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