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AFRIQUE
La propriété intellectuelle, un moteur de développement
Koffigan E. Adigbli

DAKAR , 8 nov (IPS) - Les innovations, tant dans les produits que dans les procédés de fabrication de l'entreprise, sont des sources de développement immédiates et futures. Pourtant, 90 pour cent de brevet d'invention proviennent des pays développés, et l'Afrique n'occupe que 10 pour cent des demandes de dépôt de brevet.

Cette révélation a été faite au cours d'une rencontre internationale de trois jours, cette semaine, sur la propriété intellectuelle à Dakar, la capitale sénégalaise.

Faire prendre conscience aux pouvoirs publics et aux opérateurs économiques de l'importance des actifs de la propriété intellectuelle dans le développement économique, technologique et social des Etats membres et poser la problématique du développement de l'Afrique, ont constitué les centres d'intérêt de cette rencontre organisée de mardi à jeudi à Dakar par l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), en collaboration avec le gouvernement sénégalais.

L'objectif était d'expliquer la pertinence et le fond des projets de l'OAPI, de créer les conditions idoines d'une implication de la propriété intellectuelle dans le processus de développement économique des Etats membres, et sensibiliser les partenaires au développement en vue de leur implication dans le financement des activités liées à l'exploitation de la propriété intellectuelle.

L'autre objectif de la rencontre était de faire connaître les expériences réussies de l'exploitation judicieuse du système de propriété intellectuelle dans les pays africains. Les participants étaient des représentants des 16 Etats membres de l'OAPI, des organisations patronales, des bailleurs de fonds et partenaires au développement ainsi que des offices et institutions de propriété intellectuelle à travers le monde.

Abdoulaye Sakho, professeur de droit, estime qu'il faut d'abord que les populations comprennent le concept de propriété intellectuelle afin de se l'approprier. Pour lui, la propriété intellectuelle vise d'abord l'idée d'appropriation à titre privé des fruits de la créativité humaine.

Les droits de la propriété intellectuelle permettent au titulaire ou créateur d'un brevet ou d'une marque de tirer profit de son invention ou de sa création, comme le stipule l'article 27 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme. "Au nombre des droits humains, figure le droit de chacun à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur", indique-t-il.

Selon Françoise Ekarin, conseillère en propriété intellectuelle au Cameroun, les jeunes entreprises génèrent des ressources et soulagent les populations. C'est le cas, dit-elle, de l'industrie de la pharmacopée traditionnelle au Cameroun. "La pharmacopée au Cameroun constitue un levier de développement pour les entreprises. Vous savez en Afrique, il y a un problème de santé publique, et si quelqu'un développe à partir du savoir traditionnel quelque chose à moindre coût et qui soulage la population, c'est une bonne chose", explique-t-elle à IPS.

Ekarin donne l'exemple du professeur camerounais Anowah Nguh qui, à travers la pharmacopée traditionnelle, a fait des découvertes sur le vaccin du Syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) et qui fait ses preuves, selon elle.

François Adandé, directeur du Centre national de la propriété intellectuelle (CNPI) au Bénin, aborde dans le même sens, affirmant que dans son pays, Agoun, un médecin tradithérapeute, a mis au point l'apivirine qui remplace en quelque sorte les anti-rétroviraux. Cela, dit-il, résout un problème de santé au Bénin. "C'est un produit qui est moins cher, et si les Africains croient aux médecins africains, je crois que les problèmes de santé publique seront vite résolus", ajoute-t-il à IPS.

Par ailleurs, Adandé déclare que le médecin Agoun a un brevet d'invention et a signé des accords dans ce domaine avec l'Afrique du Sud et l'Angola. Il déplore que la propriété intellectuelle ne soit pas connue des populations africaines. Selon lui, il est important que les Etats membres de l'OAPI travaillent ensemble pour sa meilleure promotion.

Ibrahim Adoum, responsable de la structure nationale de liaison avec l'OAPI au Tchad, estime que dans son pays, malgré le manque de moyen financier, il y a des découvertes comme le motoculteur qui sert à labourer dans les champs. Il affirme que le Tchad a été primé lors de la rencontre de l'OAPI à Libreville, au Gabon, en 2002. Sur le plan judiciaire, Adoum indique qu'au Tchad, il existe une loi sur la protection du droit d'auteur, des droits voisins et du droits des artistes.

Pour sa part, Sidi Ali, venu de Mauritanie, déclare que son pays a obtenu, depuis 2000, un brevet dans le dispositif de puisage de l'eau. C'est une technique sous forme de treuil, avec une manivelle, qui permet aux femmes de ne plus trop souffrir ou perdre de temps lorsqu'elles veulent puiser de l'eau dans les puits.

Ali ajoute que la Mauritanie a mis sur pied une confiture à base de datte. "C'est une marque spéciale pour la Mauritanie. La confiture de datte est exportée dans les pays de sous-région, au Maroc, en Espagne, en France et en Italie. Nous avons notre brevet d'invention depuis 2000", indique-t-il à IPS.

Selon le directeur général de l'OAPI, Paulin Edou Edou, la propriété intellectuelle doit être un levier pour le développement économique des Etats membres, mais il reconnaît que les auteurs, les compositeurs et autres artistes sont encore victimes chaque jour d'une exploitation illicite de leurs œuvres.

"Dans certains pays, il n'existe pas d'organisme de gestion collective du droit d'auteur, et les marques ou modèles industriels en provenance de nos Etats sont insignifiants. Il est important que nous mettions la recherche au cœur du développement, car c'est une quête de solutions aux problèmes de santé publique, aux problèmes climatiques et aux problèmes de ressources génétiques nationales", explique-t-il à IPS.

Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, qui est venu présider la rencontre, estime que l'absence de brevet protégeant les produits et œuvres africains, continue d'exposer le secteur privé aux effets pervers de la concurrence internationale, et que la vulgarisation de l'utilité de la propriété intellectuelle s'impose comme bouclier.

"A l'heure où l'économie mondiale baigne dans un environnement en perpétuelle mutation, l'Afrique doit faire preuve de beaucoup d'initiatives pour asseoir son développement", déclare-t-il. (FIN/2008)

 

 

 

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