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SANTE-AFRIQUE DE L'OUEST
Préparer une base de données des plantes médicinales
Brahima Ouédraogo

OUAGADOUGOU, 26 nov (IPS) - Pour une meilleure connaissance et une saine utilisation des plantes médicinales de sa zone d'intervention, l'Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) a décidé, sous l'impulsion de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de créer un document unique de la pharmacopée traditionnelle sous-régionale.

Un comité d'experts pour la production de ce document unique de la pharmacopée phytothérapeutique sous-régionale a été mis sur pied à l'issue de quatre jours de discussions à Ouagadougou la semaine dernière.

"L'objectif est de préparer, compiler la base de données de la pharmacopée, cette rencontre est le début du processus, nous sommes en train de collecter des informations scientifiques qui seront utilisées pour ce document", explique à IPS, Dr Kofi Busia, chargé de programme médecine traditionnelle de l'OOAS basée à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Le document comprendra les plantes médicinales communes dans tous les pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), qui sont utilisées pour le traitement des maladies prioritaires : le paludisme, la tuberculose, le VIH/SIDA, ainsi que les maladies émergentes comme le diabète et l'hypertension.

Le document sera élaboré sous forme de livre, mais accessible aussi à tous les partenaires et au public désireux d'utiliser ces plantes, selon Busia.

L'objectif est de favoriser les pratiques et les produits d'une médecine traditionnelle basée sur les preuves. "Environ 80 pour cent de nos populations utilisent la médicine traditionnelle, donc leur institutionnalisation aura comme impact pour nos pays d'importer moins de médicaments", souligne Busia.

"Ces plantes font partie de notre culture, donc c'est un respect pour notre culture en faisant ce travail pour ces plantes qui sont disponibles partout", ajoute Busia.

La réunion de Ouagadougou a regroupé des chercheurs et des experts dans le domaine de la médecine traditionnelle des pays membres de la CEDEAO, les responsables de l'OOAS et des représentants de l'OMS. Elle fait suite à la création, depuis deux ans, du programme ouest-africain de la médecine traditionnelle.

''Cette rencontre vient à son heure car nous estimons avoir assez de données sur les plantes qui poussent dans nos pays'', affirme le professeur Guata Yoro Sy, de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odontologie à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal.

Selon lui, la rencontre de Ouagadougou est l'aboutissement juste d'années d'efforts faits par les Etats et les universités. Sur environ 2.500 espèces présentes au Sénégal, 300 sont utilisées par les tradipraticiens, et une centaine a été étudiée par les chercheurs.

''Il y a assez de recherches et il est temps de compiler tout cela dans un livre qui sera officiellement reconnu par nos Etats, et qui soient une source pour tous ceux qui veulent utiliser ces plantes'', indique Sy à IPS, ajoutant : ''Ils y trouveront la manière d'utiliser ces plantes et les contrôles à faire''.

L'OMS a mis en place sa première stratégie globale en matière de médecine traditionnelle en 2002 pour aider les pays membres à élaborer des politiques nationales d'évaluation et de réglementation des pratiques de cette médecine. Cette stratégie devrait permettre de développer une base factuelle sur l'innocuité, l'efficacité et la qualité de produits et pratiques de la médecine traditionnelle.

Selon l'OMS, au Ghana, au Mali, au Nigeria et en Zambie, le traitement de première intention -- pour 60 pour cent des enfants atteints de forte fièvre due au paludisme -- fait appel aux plantes médicinales administrées à domicile. L'OMS estime, par ailleurs, que le marché mondial des plantes médicinales, en expansion rapide, représente actuellement plus de 60 milliards de dollars par an.

''L'intérêt pour la médicine traditionnelle a toujours été présent, mais il n'était pas aussi développé comme nous l'aurions souhaité car ce qui avait manqué, en dehors du soutien financier, c'est surtout l'expertise dans la recherche scientifique'', déclare à IPS, Marian Ewurama Addy, professeur de biochimie à l'Université du Ghana, à Accra, et présidente du comité d'experts sur la pharmacopée traditionnelle d'Afrique de l'ouest.

Selon Addy, le document comportera également toutes les plantes alimentaires qui possèdent des vertus thérapeutiques. ''Nous devons produire des médicaments, de sorte à les mettre à la disposition du plus grand nombre et afin de les rendre fiables'', ajoute-t-elle.

Selon l'OOAS, l'intérêt pour la pharmacopée traditionnelle devrait améliorer la collaboration entre les tradipraticiens d'un côté et les travailleurs du monde de la médicine moderne et les donateurs, de l'autre, et permettre une meilleure vulgarisation des médicaments issus de la médecine traditionnelle.

''On devrait ainsi aboutir à la production à grande échelle afin qu'on puisse les voir dans les étagères des pharmacies au lieu de recourir à l'arrière cour pour une racine ou une feuille'', estime Addy.

Pour Sy, la prescription des médicaments à base de plantes locales passe par la sensibilisation des médecins à travers l'introduction, dans le cursus de formation des médecins et des pharmaciens, de la prescription des plantes.

''C'est la seule alternative pour une utilisation durable des plantes qui doivent rentrer dans l'effort de modernisation au lieu de rester au sein des tradipraticiens'', renchérit-il.

L'OOAS compte disposer d'un centre régional de référence pour la certification des produits issus de la pharmacopée traditionnelle, mais elle doit s'appuyer pour l'instant sur des centres existant au Burkina, au Ghana, et au Nigeria qui bénéficieront d'un soutien pour réaliser les différents tests, indique Busia. (FIN/2008)

 

 

 

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