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AFRIQUE
Une meilleure éducation améliore la santé des mères et des enfants
Zahira Kharsany

JOHANNESBURG, 22 jan (IPS) - Un nouveau rapport de l’UNICEF révèle que beaucoup reste encore à faire pour réduire la mortalité infantile et maternelle en Afrique subsaharienne. L’incapacité à améliorer les soins de santé des femmes enceintes et des nouveaux-nés menace de saper les progrès pour tous les objectifs de développement liés à la santé.

"Les décès des nouveaux-nés représentent jusqu’à 40 pour cent de tous les décès des moins de cinq ans dans le monde", a déclaré à IPS, Peter Salama, responsable de la santé au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à Johannesburg.

"Sur 9,2 millions de décès à travers le monde, la moitié se trouve en Afrique subsaharienne, et 40 pour cent sont des enfants nouveaux-nés dans les 28 premiers jours de leur vie. Nous savons que sans maîtriser les soins de santé des nouveaux-nés, nous ne pouvons pas en réalité réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) liés à la santé".

"Etat des enfants du monde 2009 : Santé maternelle et du nouveau-né" de l’UNICEF - lancé à Johannesburg le 15 janvier - est l’un des premiers rapports détaillés que l’UNICEF a publiés sur la santé maternelle et du nouveau-né. Il complète un rapport publié l’année dernière sur la survie de l’enfant.

Chaque année, plus de quatre millions de bébés meurent dans les quatre semaines après la naissance; 500.000 femmes meurent des complications en couches. Des femmes dans des pays en développement ont également 300 fois plus de chances de mourir en couches ou des complications liées à la grossesse que celles vivant dans un pays développé, industrialisé.

"Si vous examinez quelques-unes des statistiques, elles sont absolument frappantes. Si vous regardez le Niger, qui est l’endroit le plus risqué pour une femme en âge de reproduction dans le monde, la chance pour la vie est de un sur sept", affirme Salama.

"Vous comparez cela avec l’un des endroits les plus sûrs dans le monde, l’Irlande, où un sur 47.600 risque de mourir. Cela est une manière vraiment importante de peindre les disparités extraordinaires entre le monde développé et le monde en développement".

La mortalité maternelle est comme une conséquence de cinq causes majeures, l’hémorragie étant la plus courante, et les autres étant des complications avec des avortements dangereux, l’infection, un travail difficile et des troubles d’hypertension et hypertensifs.

Salama ajoute que ces problèmes médicaux sont étroitement liés au statut social des femmes.

"Ce qui est vraiment important sur la santé maternelle, c’est reconnaître que ces questions médicales sous-jacentes constituent une série de problèmes liés à la nutrition, à l’eau, au système sanitaire et au VIH", indique Salama.

"Et même sous-jacentes par ailleurs, c’est ce que nous appelons les questions fondamentales des décès de la mère et de l’enfant : des questions autour de l’éducation, la pauvreté, l’état des femmes et de leurs droits à des choses de base telles que le financement pour accéder à un hôpital, les coûts de transport pour se rendre à un centre de santé".

Les facteurs de risque

Le nombre de grossesses qu’une femme porte dans sa vie est un facteur clé qui augmente la mortalité maternelle. L’éducation est aussi vitale - l’éducation des femmes et des filles est étroitement en corrélation avec un pouvoir accru par rapport à la prise de décisions sur des questions de finances et de santé de reproduction comme l’utilisation du préservatif ou la recherche de traitement pour des maladies sexuellement transmissibles.

Selon Salama, une femme qui est mieux instruite a également plus de chances de retarder son mariage et, par conséquent, a son premier enfant plus tard dans sa vie.

"Nous savons que les femmes qui ont des couches tôt courent le risque beaucoup plus élevé de mourir et leurs enfants courent également des risques beaucoup plus élevés. Nous savons aussi que les femmes qui sont instruites prennent de meilleures décisions par rapport aux soins de santé pour elles-mêmes et leur famille".

Akhil Iyer, le représentant de l’UNICEF au Niger, explique que ce pays présente l’âge de mariage le plus bas au monde. "Il a également le taux d’analphabétisme le plus élevé parmi les femmes et le taux d’inscription le plus bas dans les écoles secondaires. La situation éducationnelle en ce moment, compliquée par une infrastructure sanitaire très inadéquate et un équipement sanitaire inadapté, et vous obtenez un mélange essentiellement fatal".

L’UNICEF et le gouvernement du Niger sont en train d’essayer de résoudre le problème de la mortalité infantile à travers le système éducatif. "Nous sommes en train d’envoyer plus de filles dans les écoles primaires et secondaires. Il y a un gros effort dans le primaire, mais nous nous efforçons également pour maintenir les filles dans le système éducatif parce que le Niger a l’un des taux d’abandon les plus élevés entre le primaire et le secondaire".

Cependant, la pénurie de professionnels de la santé est un autre facteur souligné dans le rapport. Cinquante-sept pays à travers le monde, dont 36 pays en Afrique subsaharienne, échouent à satisfaire la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé de 2,28 professionnels de la santé pour 1.000 personnes.

Le système de santé du Niger ne dispose pas de ressources nécessaires, affirme Iyer. "Vous avez quelques-uns des ratios les plus faibles au monde en termes de nombre de médecins par habitants et de sages-femmes par habitants, particulièrement mauvais dans des zones rurales".

Certains pays africains ont vu des médecins et des infirmiers quitter le pays pour l’Europe, où les professionnels de la santé sont mieux payés et disposent de meilleurs équipements. Dans beaucoup de pays, tels que le Zimbabwe ou la Somalie, il y a eu une dégradation totale des centres de santé à cause des situations de conflit, avec des équipements inadéquats ou de pénuries de médecins et d’infirmiers pour mener des tests et des soins de base.

En étudiant les soins en général, l’UNICEF considère deux axes. Le premier suit le cycle de vie depuis la période post-grossesse, la grossesse, l’accouchement et les soins du nouveau-né et de l’enfant. Cela est important selon Salama, si les soins de santé sont destinés à éviter une intervention à un moment dans la vie d’une femme et de son enfant, seulement pour faute de suivi.

L’autre axe suit les soins depuis le niveau familial et communautaire au premier niveau des soins de santé à travers le système d’orientation aux niveaux les plus élevés des soins de santé. En d’autres termes, il suit l’idée que les gens et les familles ainsi que les communautés peuvent aider à éduquer et informer ceux qui sont en situations vulnérables.

Dans les deux cas, le rôle des agents de santé est crucial, indique Salama. "Sans le niveau approprié des agents de santé, avec le niveau adéquat de formation, avec les compétences requises, avec l’équipement adéquat, avec les liens appropriés vers d’autres services spécialisés, nous ne pouvons pas avoir accès aux droits à des soins communautaires".

Il a souligné que nous n’avons pas seulement besoin de médecins. "Le manque crucial d’agents de santé n’est pas uniquement au niveau des professionnels. Il faut certainement des professionnels en médecine, notamment au niveau le plus élevé des soins d’urgence, mais ce n’est pas toute l’histoire. Il faut beaucoup reconnaître le rôle important des agents de niveau moyen y compris les sages-femmes".

Les agents de niveau moyen constituent un lien vital entre les femmes, les familles et un centre de santé, d’une part, et un système d’orientation vers des niveaux plus élevés de soins.

Il existe plusieurs programmes pour maîtriser la santé maternelle dans le continuum des soins au Niger. Iyer affirme que des programmes sur la santé des mères et de la grossesse ainsi que des soins du nouveau-né ont été introduits.

"En fait, le Niger a assez bien fait relativement parlant en améliorant les soins de santé du nouveau-né et en réduisant le taux de mortalité des nouveaux-nés. Les interventions sont bien mises en place, et le défi au Niger est de les faire avancer rapidement. Dans ce continuum de soins, des interventions sont bien établies et nous savons ce que nous devons faire". (FIN/2009)

 

 

 

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