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AFRIQUE DE L’EST
Même les têtes de poissons sont maintenant inabordables
Wambi Michael

JINJA, Ouganda, 23 jan (IPS) - Le commerce illégal et la surpêche sur le lac Victoria ont entraîné des pénuries de poissons en Ouganda, au Kenya et en Tanzanie. De grandes quantités de poissons non traités et illégalement commercialisés, notamment la perche et le tilapia du Nil, peuvent être en train de trouver leur chemin vers des marchés d’exportation de l’Union européenne (UE).

La diminution du poisson le plus commercialisé du lac, la perche du Nil, fait monter également les prix au niveau local, ce qui menace les moyens d’existence de près de 40 millions de personnes en Afrique de l’est.

La prédatrice perche du Nil a été introduite dans le lac Victoria par des officiers coloniaux britanniques afin de le repeupler dans les années 1950, et a depuis causé des dégâts environnementaux en tuant les espèces locales dans le lac.

L’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie ont exporté des tonnes de perche du Nil vers l’Europe. Les exportations de poisson ont, en termes de recettes d’exportations, dépassé des cultures commerciales telles que le café et le coton.

La surpêche de la perche du Nil dans beaucoup de réceptacles du lac a été condamnée ainsi que beaucoup de pêcheurs utilisant de mauvaises méthodes de pêche. L’Ouganda possède plus de 20 usines de poisson exportant annuellement plus de 30.000 tonnes de poissons, faisant entrer des recettes extérieures intéressantes de 150 millions de dollars chaque année.

Cependant, cela a atteint un prix, puisque les exportations massives ont conduit à la rareté du poisson et le prix augmente sur le marché local. Plus de 10 usines autour du lac Victoria ont fermé et les 25 restantes tournent en dessous de leur capacité, selon l’Organisation des pêches du lac Victoria (LVFO), basée à Jinja, en Ouganda.

La LVFO a été créée à travers une convention signée par l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya sous la Communauté des Etats d’Afrique de l’est en 1994 pour gérer les ressources de pêche dans le lac Victoria.

Le secrétaire exécutif de la LVFO, Dickson Nyeko, a confié à IPS que "le nombre de bateaux de pêche enregistrés sur le lac Victoria a augmenté de 16 pour cent depuis décembre 2005. Les bateaux voyagent plus loin, utilisant un équipement illégal dans un effort de satisfaire les usines de traitement de poisson qui restent encore sur le lac".

Nyeko a estimé que les décideurs en Afrique de l’est devraient consolider et conserver des réserves de poissons dans tous les systèmes d’eau de la Communauté des Etats d’Afrique de l’est parce que des réserves dans la région sont actuellement menacées.

Nyeko a souligné que la réserve de la perche du Nil dans la région souffre d’une pêche non régulée. "La perche du Nil est un produit de pêches internationalement très commercialisé. Sa baisse suscite une inquiétude particulière pour les moyens d’existence de millions de personnes autour du lac et dans la région".

Le commissaire du ministère des Pêches de l’Ouganda, Wilson Mwanja, a dit que d’année en année, les recettes des exportations du poisson ont baissé de 19,4 millions de dollars en 2007. Les prévisions des exportations du poisson pour l’exercice budgétaire 2008-2009 font ressortir une baisse de plus de 60 millions de dollars à partir de 2005.

Les usines de traitement de poisson restantes "opèrent maintenant à entre 30 et 50 pour cent de leur capacité de traitement et cela se produit à un moment où les frais de transport et le coût de l’essence ont augmenté", a indiqué Mwanja.

Il y a déjà une crise alimentaire marquée par l’augmentation des prix des denrées à des niveaux qui ne sont pas abordables pour beaucoup.

A Kampala, la capitale de l’Ouganda, un kilogramme de perche du Nil, qui coûtait environ 0,5 dollar, coûte actuellement 3,50 dollars. Beaucoup de personnes ont dû recourir aux têtes et arêtes de poisson vendues dans les usines de poisson après que le filet de poisson a été retiré pour l’exportation vers l’UE.

Mais actuellement, même la peau du poisson, les arêtes et la tête - communément appelées mugongowazi (en swahili "personne à dos ouvert ou sans chair") - commencent par devenir rares parce que des commerçants ont découvert de nouveaux marchés pour ces produits en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et dans le sud du Soudan.

Mugisha Kanywani, porte-parole au marché de poisson de Gaba et au site de débarquement sur le lac Victoria, a reconnu que le commerce des arêtes, de la peau et des têtes de poisson avec des pays voisins prospère alors que des locaux ne peuvent plus acheter ces produits.

"Parlez moins de mugongowazi! Même ces peaux, enroulées, sont de bonnes nourritures pour des Congolais et les gens au Tchad. Nous avons de l’argent maintenant. Ne voyez-vous pas comment nous avons construit (développé) cette zone?", a-t-il dit dans un entretien avec IPS.

Dirisa Walusimbi Gamweru, président de l’Unité de gestion de la plage de Gaba, a déclaré à IPS qu’"il y a 10 ans, un pêcheur utilisant 50 filets attraperait au moins 100 kg de perche du Nil par jour. Maintenant, avec le même nombre de filets, vous pouvez obtenir seulement entre 20 et 30 kg".

Des femmes sur le site de débarquement de Gaba survivent du commerce du poisson comme des vendeuses. Mais la baisse des réserves de poisson est en train de produire directement un impact sur elles. Certaines ont dû recourir à la vente du bois de chauffe coupé dans les îles du lac Victoria.

Sauda Namwanje, l’une des vendeuses de bois de chauffe et du charbon, a déclaré à IPS que son fonds de roulement ne pourrait plus soutenir longtemps le commerce du poisson, alors, elle était obligée de se tourner vers le commerce du bois.

La pénurie de poisson a pris une dimension régionale comme une source potentielle de conflit. Des pêcheurs traversent au-delà des frontières de l’Etat à la recherche du poisson. Dans le passé, des pêcheurs kenyans ont été arrêtés et détenus en Ouganda. On estime que plus de 300 pêcheurs kenyans vont jusqu’en Ouganda tous les jours.

Le territoire de l’Ouganda occupe 43 pour cent du lac Victoria et celui de la Tanzanie 51 pour cent.

Des bateaux de patrouille traversent maintenant le lac puisque l’Ouganda accuse le Kenya et la Tanzanie de leur incapacité à appliquer des accords relatifs au partage des ressources du lac. Un rapport du Projet de recherche sur les pêches dans le lac Victoria, indique que plusieurs lois et accords sur l’utilisation du lac sont en train d’être violés.

Le rapport affirme que la surpêche du côté du Kenya est en train de forcer ses pêcheurs à déborder dans des eaux des pays voisins. Il ajoute que "bien que les eaux territoriales du Kenya couvrent seulement six pour cent du lac, il possède plus de bateaux et de pêcheurs" que les autres pays.

Cette question a été débattue en octobre dernier par le Conseil des ministres de la LVFO. Les ministres des trois pays ont recommandé aux Etats membres de créer des mécanismes pour régler des conflits de pêche, lutter contre des pratiques de pêche illégales et fournir un financement adéquat pour des activités de pêche.

Ils ont également demandé aux Etats membres de déclarer officiellement certaines zones du lac comme des zones protégées interdites à la pêche pour permettre la régénération des réserves. (FIN/2009)

 

 

 

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