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ECONOMIE-RD CONGO
Le chômage augmente puisque la crise mondiale touche l’industrie minière
Miriam Mannak

LUBUMBASHI, RD Congo , 16 fév (IPS) - Il y a de l’affluence devant les portails de la brasserie de Bralima à Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC). Environ 60 hommes attendent devant les portes, espérant qu’elles s’ouvrent et que quelqu’un leur offre du travail.

Leur nombre a augmenté depuis la crise économique mondiale qui a provoqué l’effondrement de l’industrie minière locale.

La crise économique mondiale a frappé durement ce pays tentaculaire d’Afrique centrale. En particulier le Katanga, qui est une région dépendant essentiellement de l’exploitation minière du cuivre et du cobalt, a pris un grand coup.

Depuis septembre 2008, la demande mondiale pour les ressources naturelles a baissé et les prix des matières premières comme le cuivre et le cobalt ont dégringolé à des niveaux toujours bas.

Pendant que le cuivre a perdu plus de 50 pour cent de sa valeur, le cobalt – un minerai essentiellement utilisé pour fabriquer des batteries rechargeables et des alliages – est descendu d’un niveau de prix maximum de 52 dollars la livre en mars 2008 à approximativement 18 dollars neuf mois plus tard.

Par conséquent, plus de la moitié des 75 sociétés d’exploitation du cuivre et du cobalt, opérant dans la province du Katanga, ont été contraintes soit de suspendre totalement leurs activités de production, soit de les ralentir.

Conséquence : 300.000 personnes ont perdu leurs emplois et 60.000 autres mineurs seront confrontés à un licenciement dans les mois à venir, puisqu’il n’y a aucun signe que les prix du cuivre et du cobalt reprendront bientôt à tout moment.

L’une des entreprises qui a suspendu ses activités de production et de transformation au Katanga est ‘Anvil Mining’. En décembre 2008, la société australienne, qui est l’un des principaux producteurs du cuivre en RDC, avait annoncé qu’elle fermerait, jusqu’à nouvel ordre, la mine de Dikulushi dont elle détient les 90 pour cent. La plupart des 1.056 employés permanents et contractuels à la mine ont été licenciés.

‘Anvil Mining’ affirme que cette décision permettra à la société d’économiser environ deux millions de dollars par mois.

"La mine de Dikulushi est actuellement peu rentable", explique Bill Turner, président et directeur général (PDG) de ‘Anvil Mining’, dans une déclaration. "Cette décision n’a pas été facile à prendre et est regrettable pour nos employés, pour les communautés qui entourent la mine et nos actionnaires, mais nous croyons que c’est la meilleure option de préserver nos ressources en liquidité jusqu’à ce que les conditions du marché s’améliorent".

Anvil a également interrompu un nouveau projet de développement sur son site de Kanseveré, qui a enregistré la perte de 550 emplois. "Bien sûr c’est une mauvaise situation", commente Charles Konya, l’administrateur du bureau d’Anvil à Lubumbashi.

"Mais l’industrie minière doit faire quelque chose", poursuit-il. "Depuis septembre l’année dernière, la demande mondiale pour le cuivre et le cobalt a dégringolé. Pour survivre, certaines sociétés ont fermé complètement, jusqu’à nouvel ordre. D’autres ont reporté des projets de développement. Nous espérons que le prix du cuivre reprendra et il le fera. La question est de savoir quand cela va se produire".

En attendant, le franc congolais a perdu presque la moitié de sa valeur. "Entre octobre 2008 et début janvier 2009, le taux de change a baissé de 500 à 800 francs presque pour un dollar", selon Marijke Splinter, un expatrié hollandais qui réside à Lubumbashi.

"Cela a un impact énorme sur les vies des gens, puisque beaucoup de Congolais ne gagnent pas plus que 100 dollars par mois", ajoute-elle. "Les aliments, le charbon et l’huile de cuisine ont aussi augmenté de prix. Je vois également de plus en plus de mendiants dans les rues, comparé à quelques mois auparavant".

Eric Meert, qui dirige ‘Bakanja Ville’ – un centre à Lubumbashi pour des enfants de la rue – confirme les observations de Splinter.

"Jusqu’à ces derniers temps, nous connaissions chaque enfant qui vivait dans les rues", explique Meert. "Cependant, au cours des dernières semaines, nous avons vu un bon nombre de nouveaux visages. Cela est certainement lié à la situation économique et aux licenciements dans l’industrie minière".

"Avant la crise, des familles luttaient déjà pour prendre soin de leurs enfants, mais les développements actuels ont aggravé la situation", affirme Meert. "Par conséquent, des jeunes enfants sont envoyés dans les rues, soit pour travailler et supporter leurs parents, soit définitivement".

Pendant ce temps, la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), est en train de surveiller de près la situation sécuritaire dans la province. "La crise économique est si alarmante que nous sommes en train d’évaluer les problèmes sociaux et sécuritaires qui pourraient découler de la situation", selon une déclaration de la MONUC à la presse.

Les autorités et les reportages dans les medias locaux indiquent que des crimes violents dans la ville sont en hausse. Au cours de la dernière semaine de décembre 2008, 11 personnes ont été tuées à Lubumbashi, y compris un Chinois et un Libanais. Deux ont été tuées dans la ville de Likasi.

"Ce développement semble naître de la crise touchant le Katanga", affirme Marie-Grégoire Tambila, maire de Lubumbashi. "Au moins, c’est ce que nous supposons, puisque les attaques suivent l’afflux des mineurs à Lubumbashi après la fermeture de plusieurs sociétés minières au Katanga".

La crise minière est en train de dégouliner lentement mais sûrement vers d’autres entreprises au Katanga. "C’est plus calme qu’il y a quelques mois puisque beaucoup de personnes ont perdu leurs emplois et leurs revenus", se plaint une femme qui s’est présentée seulement comme Sabine. Elle gère un petit restaurant de plats à emporter à Lubumbashi. "Il semble que ceux qui ont encore du travail sont plus attentifs à ce qu’ils ont, ce qui est compréhensible. Ce sont des moments difficiles". (FIN/2009)

 

 

 

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