Inter Press Service News Agency
14:40 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

ENVIRONNEMENT-AFRIQUE
La grande muraille verte pour arrêter la désertification
Koffigan E. Adigbli

DAKAR , 17 fév (IPS) - L’Afrique au sud de Sahara s’initie depuis peu à un projet transcontinental dénommé la Grande muraille verte (GMV) pour faire face aux défis environnementaux liés en grande partie aux changements climatiques et aux effets récurrents de la désertification.

Selon le rapport 2008 du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les efforts de conservation des forêts dans les pays du Sahel sont très faibles par rapport au processus de déforestation. Environ deux millions d’hectares de forêts dans la bande sahélienne sont perdus annuellement.

Au cours d’une conférence scientifique internationale de deux jours, à la fin de la semaine dernière, dans la capitale sénégalaise, le projet GMV, selon le rapport final de la rencontre, constituera une bande de terre qui ira de Dakar à Djibouti, en traversant onze pays : Sénégal, Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Nigeria, Tchad, Soudan, Ethiopie, Erythrée, Djibouti.

D’autre part, la GMV constituera une ceinture de végétation multi-espèces, large de 15 kilomètres reliant Dakar à Djibouti sur une longueur d’environ 7.000 km, et chaque pays concerné devra délimiter une bande forestière large de 15 km, indique le rapport.

Les participants à la rencontre organisée par le gouvernement sénégalais sous l’égide de l’Union africaine (UA) et de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CENSAD), ont reconnu l’ampleur de la dégradation des ressources naturelles dans la bande sahélienne et estiment que la GMV est une solution pour lutter contre ce fléau.

Selon le secrétaire de la CEN-SAD, Dr Mohamed Al Madani Al Azari, la GMV est une opportunité pour la relance des programmes de conservation et de restauration des écosystèmes, en particulier les terres et les forêts. Les participants ont donc pris des engagements pour augmenter le reboisement dans leurs pays respectifs.

«L’état très dégradé des écosystèmes et des ressources naturelles dans la bande sahélienne fait de cette partie de l’Afrique une cible prioritaire dans la mise en œuvre du projet GMV. Ce projet va contribuer à lutter contre l’avancée de la désertification et à la mise en valeur intégrée des zones dégradées du sahel en vue d’une gestion durable des ressources naturelles», déclare-t-il à IPS.

Al Azari pense que l’édification de la GMV dans les zones arides et déshéritées de l’Afrique aura des effets et impacts positifs sur les populations et leur cadre de vie. «La GMV intègre divers mécanismes de développement humain, tels que le développement durable et la lutte contre la pauvreté», explique-t-il.

Abdoulaye Dia, président du comité scientifique international du projet, estime que la GMV ne doit pas être conçue seulement comme un mécanisme de développement et de gestion de l’environnement, avec des plantations d’arbres, mais un modèle de développement intégré des zones déshéritées pouvant profiter à tout le monde.

«Cette ligne de défense, de verdure (située) à l’interface entre le Sahara et le Sahel, est l’espoir pour nous Africains, mais aussi pour le monde. La GMV va devenir le patrimoine de l’humanité», indique-t-il à IPS.

Concernant les espèces végétales à sélectionner, Dia compte sur l’expertise des autres continents, avec l’assistance des pays comme le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

En outre, il a fait part de l’implication des tradipraticiens dans le choix des espèces végétales afin de valoriser toutes les possibilités en termes de pharmacopée africaine.

Interrogé sur les avantages de la GMV, Dia estime qu’il est temps que les Etats africains prennent en considération les problèmes liés aux changements climatiques.

«Le projet va d’une part, participer à la réduction des migrations écologiques et économiques avec la régénération des sols, et permettra, d’autre part, des recherches transdisciplinaires à vocation régionale, favorisant une grande mobilité des scientifiques africains», explique-t-il.

Pour le représentant de la Commission de l’Union européenne (UE), Jules Hervio, les connaissances locales doivent être mises en exergue pour la réussite du projet. «La GMV s’inscrit dans les préoccupations internationales de mécanisme de développement propre, c’est-à-dire, la réduction des gaz à effet de serre et des migrations écologiques et économiques», déclare-t-il à IPS.

Selon le secrétaire exécutif de l’Observatoire du Sahara et du Sahel, Youba Sokona, le projet GMV n’est pas uniquement l’affaire des dirigeants politiques, mais également des cadres et chefs d’entreprises africains qui doivent s’impliquer dans la lutte contre la désertification et la pauvreté.

«Il s’agit d’un réel programme de développement. Donc, il faut bousculer nos habitudes et réinventer les types d’institutions dans nos pays. Cela nous permet de ramener notre science au service du développement», dit-il.

Sokona estime que les entreprises dans les Etats africains doivent s’engager à produire des plants ou prendre en charge des superficies, soit pour la plantation, soit pour la clôture du parcours.

Selon Ibrahima Sawadogo, du ministère de l’Environnement du Burkina Faso, son pays a déjà commencé le reboisement de certaines zones. «Nous avons, l’année dernière, planté au Burkina plus de 9.000 plants, ceci dans la politique de la lutte contre la désertification. Cette rencontre est une opportunité pour la synergie des forces pour une Afrique verte», déclare-t-il à IPS.

De son côté, Cheikh Ndiaye, de la direction de l’environnement au Sénégal, indique qu’en 2008, plus de 5.200 plants ont été produits sur 20 kilomètres, et qu’ils en feront plus de 10.000 cette année.

Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, qui était venu présider l’ouverture de la rencontre, a exhorté la communauté scientifique à aller plus loin dans la recherche pour une meilleure mise en œuvre de ce projet panafricain.

Wade reconnaît cependant qu’il manque une volonté politique de s’attaquer aux changements climatiques et aux effets récurrents de la désertification. «Nous avons des intérêts stratégiques à lutter ensemble contre la désertification et les changements climatiques. Ce projet doit être un poumon vert permettant la réduction des gaz à effets de serre», a-t-il souligné. (FIN/2009)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>