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SANTE
Une vaste campagne pour éradiquer la poliomyélite en Afrique de l’ouest
Brahima Ouédraogo

OUAGADOUGOU, 3 mars (IPS) - L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a entrepris une vaccination synchronisée contre la poliomyélite dans huit pays d’Afrique de l’ouest en vue de s’assurer qu’aucun enfant de zéro à cinq ans n’est oublié dans la campagne visant à éliminer la maladie handicapante.

Les huit pays concernés par la campagne sont le Burkina Faso, le Nigeria, le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Mali, le Ghana et le Togo. Le premier round est prévu du 27 février au 2 mars et le deuxième se déroulera du 27 au 30 mars, selon l’OMS.

«Nous avons aujourd’hui les moyens financiers et techniques ainsi que l’engagement des pays, et je pense qu’on est dans un environnement et un contexte favorables pour éradiquer le virus», explique, optimiste, Dr Bokar Touré, coordonnateur de l’équipe inter-pays de l’OMS basée à Ouagadougou et qui supervise la vaccination.

L’initiative mondiale pour l’éradication de la polio a été adoptée en 1988 par les Etats au cours de la 41ème session de l’Assemblée mondiale de la santé. Elle est conduite par l’OMS, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le ‘Center for Disease Control and Prevention’ des Etats-Unis (CDC) et le Rotary International.

Selon l’OMS, la poliomyélite a diminué de plus de 99 pour cent depuis 1988, passant de plus de 350.000 dans plus de 125 pays d’endémie à 1.997 cas déclarés en 2006. En 2008, il ne restait plus que quatre pays d’endémie dans le monde : le Nigeria, le Pakistan, l’Inde et le Bengladesh.

Mais à la date du 25 février 2009, déjà 56 cas de polio ont été enregistrés dans neuf pays africains, dont 52 dans la sous-région ouest-africaine et dans les six pays suivants : Bénin (deux cas), Burkina (deux cas), Mali (un cas) Niger (trois cas), Nigeria (42 cas) et Togo (deux cas), indique l’OMS.

L’OMS souligne qu’il y a eu 915 cas de polio en 2008, comparé aux 339 cas de 2007. Le nombre de pays infectés est passé de cinq en 2007 à 13 en fin 2008, fait remarquer l’OMS.

«Le problème majeur de la sous-région est que l’endémie au Nigeria est difficile à maîtriser avec les mouvements de populations qui peuvent transmettre le virus», s’inquiète Touré à IPS.

Selon l’OMS, la situation de 2008 est due à la flambée des cas de polio au nord du Nigeria, notamment dans quatre Etats du nord (Kano, Zamfara, Jigawa et Katsina) qui comptent à eux seuls 63 pour cent des cas de polio de type 1 du pays.

Les leaders religieux des Etats musulmans du nord du Nigeria avaient rejeté, à un moment donné, la vaccination, affirmant que les vaccins contenaient des produits pouvant rendre stériles leurs populations. Mais, l’OMS estime que les inquiétudes sont levées maintenant car les populations et les chefs religieux acceptent la vaccination.

«C’est avec beaucoup de déception que nous constatons que la polio refait surface un peu partout en Afrique, particulièrement en Afrique de l’ouest», déplore le ministre de la Santé du Burkina, Seydou Bouda.

Cette situation au nord du Nigeria s’explique par l’absence d’application des stratégies préconisées pour atteindre tous les enfants, explique l’OMS.

«S’il y a résurgence de la maladie, c’est qu’il y a des foyers qui n’étaient pas atteints par les différentes campagnes», souligne Bouda à IPS.

La poliomyélite touche principalement les enfants de moins de cinq ans et l’OMS estime qu’une infection sur 200 entraîne une paralysie irréversible des jambes. Parmi les enfants paralysés, cinq à dix pour cent meurent par suite de la paralysie de leurs muscles respiratoires. Les symptômes initiaux sont : fièvre, fatigue, céphalées, vomissements, raideur de la nuque et douleurs dans les membres.

En l’absence de traitement, la prévention est la seule option. L’administration du vaccin antipoliomyélitique à plusieurs reprises confère à l’enfant une protection à vie, explique l’OMS.

Sur les 1.507 cas enregistrés à la fin de 2008 dans le monde, 915 l’ont été dans la région africaine. Neuf pays ont connu des infections en Afrique de l’ouest entre 2003 à 2008. Le Nigeria est le seul pays endémique dans la région Afrique avec 801 cas de polio enregistrés en 2008.

«Si l’enthousiasme est maintenu, il n’y a pas de raison que nous n’atteignions pas l’éradication escomptée parce que nous avons le soutien des partenaires», se réjouit Touré de l’OMS.

Depuis mai 1999, l’OMS a adopté une nouvelle résolution appelant tous les Etats membres à accélérer le processus d'éradication de la poliomyélite à travers quatre stratégies dont la vaccination de routine offerte tous les jours dans les services de santé, la vaccination supplémentaire à travers la mise en œuvre des journées de vaccination à surveillance des paralysies flasques aigues, et les campagnes de riposte en cas d’importation de poliovirus sauvages.

Les poches persistantes de transmission de la poliomyélite dans le nord de l’Inde, le nord du Nigeria et à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan, font actuellement l’objet de tous les efforts de l’Initiative pour l’éradication de la poliomyélite.

Selon Dr Jean Marie Yaméogo, membre de l’équipe de l’OMS au bureau régional à Brazzaville, les équipes de vaccination doivent s’assurer qu’il n’y a aucun cas de poliovirus, ou paralysie flasque aiguë qui peut survenir chez les enfants de moins de 15 ans et qui peut être de toute origine.

«Nous nous assurons que la performance est au bon niveau et qu’au sein de toutes les communautés, on peut détecter le poliovirus», explique Yaméogo à IPS.

La surveillance se renforce d’année en année depuis 1996 dans les pays africains, affirme Yaméogo, grâce à un personnel qualifié, des outils techniques sur le terrain et un personnel qui fait de la recherche active des cas sur le terrain, dans les formations sanitaires, et à tous les médecins. (FIN/2009)

 

 

 

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