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AFRIQUE
"Le G20 devrait utiliser la crise comme une opportunité pour réparer l’injustice"
Michael Chebud

ADDIS ABEBA, 1 avr (IPS) - La tâche impressionnante pour faire de l’Afrique le centre d’attention attend le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, lorsque les dirigeants des économies riches et émergentes du Groupe des 20 (G20) se réuniront jeudi à Londres.

Invité par le pays hôte, Zenawi, qui dirige le nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), est le seul dirigeant africain, à part le président d’Afrique du Sud, Kgalema Motlanthe, à assister au sommet du G20.

Zenawi était à Londres il y a deux semaines pour un pré-sommet de consultations avec de hauts responsables africains et des organisateurs du sommet, y compris le Premier ministre britannique Gordon Brown. Son message à Brown était clair : les pays les plus riches ne peuvent pas ignorer l’Afrique à la suite de cet effondrement économique mondial.

Son message est une conviction partagée par des ministres africains du Commerce qui se sont réunis à Addis-Abeba le 19 mars au siège de l’Union africaine.

"Comme conséquence de la crise économique mondiale, plus qu’à aucun autre moment, il y a un besoin de placer le développement économique de l’Afrique au centre des efforts internationaux pour élaborer des stratégies vers la reprise de l’économie mondiale", indique un communiqué que les ministres ont délivré à la fin de leur rencontre de deux jours.

Ils ont averti les dirigeants du G20 que l’Afrique devrait être totalement représentée dans toutes les réflexions concernant l’impact de la crise économique et financière internationale sur l’économie mondiale, notamment en référence aux économies et aux flux des échanges commerciaux des pays en développement.

"Le coût de vouloir ignorer l’Afrique, à un moment où (le Nord) est en train d’injecter des milliards de dollars pour sauver une seule banque, sera immense", a confié à IPS, Tefera Abebe, directeur adjoint du service pour la recherche économique à la Banque nationale de l’Ethiopie. "J’espère que les dirigeants changeront de direction et se focaliseront sur l’Afrique".

L’Afrique a besoin de convaincre la rencontre des dirigeants le 2 avril pour éviter le protectionnisme, au-delà de les induire à ajouter le continent à leurs plans de stimulus, a affirmé Tewodros Belete, membre du groupe de réflexion de l’Association économique d’Ethiopie.

"L’Afrique représente seulement trois pour cent des échanges commerciaux mondiaux. Cela pourrait les conduire à ne pas faire attention à ce continent", a expliqué Dr Assefa Zewde, un économiste et consultant. Les nations les plus riches ne se soucieront pas de l’Afrique à un moment où leurs propres économies sont assaillies par une crise sans précédent en échelle et en portée, croit-il.

Mais des pays africains encouragent le G20 à utiliser la crise économique mondiale comme une opportunité pour aller plus rapidement vers la construction d’un monde plus juste et plus équitable. Cela est une note que Zenawi devrait laisser sur les tables des dirigeants du G20.

Ils devraient écouter non seulement par sympathie les problèmes vécus par les Africains, mais également comme faisant partie d’un remède à leurs propres malheurs, a souligné Belete.

Il est vrai en effet qu’un continent, qui n’a contribué pratiquement en rien à la spirale économique en baisse, est en train de payer déjà un lourd tribut. Selon des experts du commerce, la crise mondiale a négativement touché la demande d’exportation de l’Afrique, les flux de l’investissement, les prix des produits de base, les envois de fonds, les taux de change ainsi que l’emploi.

Au milieu d’un environnement économique mondial en détérioration, la croissance en Afrique a baissé à 5,1 pour cent en 2008, de six pour cent l’année précédente, indique un rapport de 2009 de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. Cette croissance devrait décélérer à 4,1 pour cent en 2009.

Etant donné, prévient le rapport, que la récession mondiale s’étend à 2009, affaiblit les échanges commerciaux avec l’Europe et les Etats-Unis, freine en même temps les exportations des produits de base vers la Chine et le reste du monde, elle réduira la croissance dans la plupart des économies africaines.

Le Fonds monétaire international (FMI) est même plus pessimiste, prévoyant que la croissance du continent pourrait baisser de moitié en 2009 et au-delà.

Par exemple, à cause de la baisse des prix internationaux du café, le plus grand produit d’exportation de l’Ethiopie, ce pays pauvre d’Afrique de l’est n’a pas pu atteindre son objectif d’exportation à partir du haricot. Dans les six premiers mois de son année fiscale, l’Ethiopie a réalisé seulement 61,2 pour cent de son objectif de 285 millions de dollars d’exportation du café.

La baisse des prix des produits de base pourrait toucher également le secteur des fleurs naissant de l’Ethiopie, avec des prix baissant nettement dans des marchés européens.

L’Ethiopie, qui est le deuxième plus grand exportateur de fleurs en Afrique après le Kenya, a prévu 170 millions de dollars de recettes de devises étrangères à partir de ses exportations de fleurs au cours de cette année fiscale. Mais des entreprises prévoient une baisse de 10 à 15 pour cent des recettes, d’après la façon dont les prix sont en train de s’effondrer.

La baisse des prix des produits de base, ainsi que la demande dans des marchés européens et américains, a ruiné la réserve de devises étrangères de l’Ethiopie, qui s’élève actuellement à 1,3 milliard de dollars seulement alors que le pays dépense neuf milliards de dollars dans les produits d’importation annuellement, selon des données de la Banque centrale de l’Ethiopie.

"Nous sommes touchés parce que les prix internationaux du café, du sésame et des cuirs ont chuté", a déclaré Zenawi au parlement il y a deux semaines. Indubitablement, quand il ira au sommet du G20 cette semaine, il sera déterminé à mettre l’Afrique en tête des discussions.

Il y a deux semaines, Brown a indiqué aux dirigeants africains qu’il combattrait le protectionnisme. Mais on verra s’il pourra convaincre d’autres membres du G20 de cette position.

Créé après la crise en Asie dans les années 1990 comme un forum multilatéral, le G20 a tenu sa première rencontre en 1999. Ces pays représentent 90 pour cent du produit intérieur brut (PIB) mondial, 80 pour cent des échanges commerciaux dans le monde et deux tiers de la population mondiale. (FIN/2009)

 

 

 

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