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ENVIRONNEMENT-TANZANIE
Des villageois inquiets après le déversement de l’eau de mine dans le fleuve
Terna Gyuse*

LE CAP, 22 mai (IPS) - L’eau d’un bassin de stockage, à la mine d’or de Barrick, au nord de Mara, en Tanzanie, s’infiltre à travers des murs de l’ouvrage, poussant les villageois locaux à craindre que leurs sources d’eau ne soient contaminées.

Un équipement de surveillance a détecté des niveaux de pH anormalement faibles dans le fleuve Tigithe, dans le district de Tarime, dans le nord de la Tanzanie, depuis le 4 mai suite à une période de fortes pluies. Les villageois ont signalé que l’eau étaient devenue rougeâtre.

Le conseiller d’arrondissement, Agostino "Neto" Sasi, a déclaré à IPS, au téléphone, que les arbres le long des rives meurent et que trois enfants et un vieux sont confrontés à des problèmes de la peau après un contact avec l’eau.

"Le fleuve est sorti de ses rives, a envahi les champs et a provoqué la sécheresse des cultures telles que le millet, le maïs et le sorgho. Environ cinq vaches sont mortes après avoir bu l’eau de cette rivière".

Chacha Benedict Wambura, directeur exécutif de la fondation HELP, une ONG située à 100 kilomètres, dans la ville de Musoma, est allé visiter la mine. La fondation HELP plaide pour une gamme de questions, y compris la gestion des ressources, la santé, l’agriculture durable et l’égalité de genre.

"La communauté a déclaré qu’elle a vu des poissons morts dans le fleuve bien que, lorsque nous avons visité l’endroit jeudi [le 14 mai], nous n’ayons trouvé aucun poisson du fait des fortes pluies. S’il y a des poissons morts, on peut les retrouver en aval", a-t-il indiqué à IPS.

"Nous avions l’opportunité de visiter les zones touchées, là où l’eau s’est répandue et nous sommes allés jusqu’à l’embouchure du fleuve Tigithe où l’eau des bassins détenus par la mine d’or se jetait directement dans le fleuve".

Bien que Barrick dise que la mine fonctionne à écoulement zéro, signifiant qu’aucune eau n’est libérée dans l’environnement immédiat, des villageois se sont longtemps plaints que cette mine présente des effets négatifs.

"Ce problème a commencé en 2006. L’impact des eaux contaminées du fleuve Tigithe est énorme", selon Machage B. Machage, conseiller à la circonscription électorale de Matongo.

"Le bétail meurt après avoir bu l’eau du fleuve; les poissons meurent; les plantes près du fleuve se sont toutes desséchées et la communauté se plaint. Le problème s’intensifie pendant les fortes pluies parce que l’eau se répand jusqu’à une zone plus grande, avec les cultures se desséchant et la communauté enregistrant de grandes pertes".

La contamination du 9 mai a été signalée aux autorités locales; mais ne pouvant pas obtenir une réaction, Bogomba Rashid, le président du conseil du village de Kewanja, a contacté également le siège de Barrick et des responsables nationaux de l’environnement à Dar es Salaam, la capitale tanzanienne.

Barrick a rapidement réagi, dépêchant des experts sur les lieux. Les spécialistes de d’environnement et de l’eau de la société ont constaté que l’eau du fleuve était acide. Un échantillon pris approximativement à un kilomètre en aval a indiqué 4,8 de niveau de pH, dix fois plus acide que le pH typique de l’eau de pluie.

"On croit que les niveaux de pH réduits sont la première conséquence de l’eau sortant des bassins d’endiguement conçus pour recueillir l’eau qui entre en contact avec des dépotoirs de déchets", a écrit dans une déclaration le 14 mai, Teweli K. Teweli, le directeur des relations publiques et de la communication de Barrick.

"Pour éviter une fuite des bassins, ils sont doublés d’un matériau de revêtement spécial en plastique PVC qui est posé à la base du bassin. Toutefois, ce matériau de revêtement a été récemment endommagé et compromis par des voleurs. Les stocks de minerai, adjacents et temporaires, à partir desquels l’eau coule avec une acidité accrue, comme une conséquence des pluies, constituent une source secondaire".

La déclaration de l’entreprise dit que l’écoulement accru de l’eau a dilué la décharge et que les niveaux de pH sont revenus à la normale, mais qu’elle est en train de prendre des mesures supplémentaires.

"Un travail pour intercepter et détourner l’eau entrant en contact avec le fleuve est prévu pour être achevé la semaine prochaine. Plusieurs options font l’objet d’une considération active pour corriger la situation dans le long terme", a affirmé la société.

IPS demande à Barrick des détails supplémentaires sur les contenus des basins de stockage en question, et aucune réaction par rapport aux potentiels impacts du débordement, n’a été fournie au moment de la publication.

Le conseiller Machage rejette l’accusation de la communauté par l’entreprise du vol du revêtement en plastique. "Il n’est pas possible que quelqu’un vole le plastique. Et s’ils connaissaient quelqu’un qui venait voler le plastique, alors, ils l’auraient remplacé. Pourquoi ne l’ont-ils pas remplacé ou n’ont-ils pas mis du béton?

Les relations entre l’entreprise et les gens dans les villages environnants ne sont pas les meilleures, du fait que les gens ne sont pas satisfaits des niveaux de dédommagement payé à ceux qui ont été déplacés par la mine lorsqu’elle était installée en 2003 et aussi de la conviction selon laquelle la mine a eu des impacts négatifs sur l’environnement.

"Nous, en tant qu’un conseil, avons délégué nos experts pour évaluer la situation, mais nous sommes incapables parce que nous manquons d’équipement pour faire le travail", a déclaré Machage.

"Ce que nous avons fait, c’est de demander que des experts envoyés par le gouvernement viennent prélever des échantillons de l’eau pour des tests. Ils sont revenus à plusieurs reprises avec des rapports disant que l’eau est propre, alors que des populations continuent de souffrir. Nous les avons défiés de boire l’eau pour nous convaincre qu’elle est propre et ils ont farouchement refusé".

Au moment de la rédaction, des responsables du Conseil national pour l’environnement de la Tanzanie n’avaient toujours pas visité le site.

*Joyce Mulama à Nairobi, et Terri Ayugi au Cap, ont contribué à ce reportage. (FIN/2009)

 

 

 

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