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POLITIQUE-MAROC
Elections communales: le temps des femmes
Analyse d’Amina Barakat

RABAT, 19 juin (IPS) - Au total 3.408 femmes ont été élues conseillères aux élections communales, organisées le 12 juin au Maroc, sur les 20.458 candidatures féminines, soit 250 pour cent de plus qu’en 2003 où elles occupaient seulement 127 sièges, selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur, cette semaine.

Les femmes marocaines ont relevé le défi, cette fois, en participant en grand nombre, comme candidates et électrices, à ce scrutin dans le royaume. Le taux de participation définitif est de 52,4 pour cent, beaucoup plus élevé que celui enregistré aux législatives de 2007, qui était seulement de 37 pour cent. Ce fort taux de participation correspond à plus de sept millions de Marocains qui ont voté sur un total de 13,360 millions d’inscrits, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur.

Au total, 27.795 conseillers et conseillères communaux on été élus dans 1.503 communes dont 221 urbaines et 1.282 rurales, selon la même source. Ils sont donc appelés à cohabiter ensemble pour s’occuper de la gestion de leurs communes respectives.

Les femmes ne seront plus aussi minoritaires en tant que conseillères communales comme par le passé. Les résultats du scrutin sont plutôt positifs avec le nombre assez élevé des élues, qui n’a rien à voir avec la représentativité de la femme dans l’histoire politique marocaine - qui a toujours été une affaire des hommes, selon certaines analystes à Rabat, la capitale de ce pays d’Afrique du nord.

Kawtar Benhammou, une jeune pharmacienne, affiche beaucoup d’enthousiasme après avoir arraché un siège de la commune de Bouknadel à Salé, une ville située dans le nord-ouest du pays. Elle est à sa première expérience dans la vie politique en tant que militante et tête de liste élue sous les couleurs du Parti de l’authenticité et de la modernité. «Je suis vraiment motivée car cela me donne le courage d’investir mes efforts dans les affaires de ma commune», déclare-elle à IPS.

«Je dois donc assumer ma responsabilité et être à la hauteur des attentes de ceux et celles qui ont eu confiance en moi, je crois aussi que le Maroc a compris qu’il a un potentiel féminin dans tous les domaines et à ne pas négliger», a-t-elle dit, ajoutant : «Les femmes ont aussi voix au chapitre sur la gestion de la vie politique, sociale et économique, il faut seulement leur donner la chance de s’y mettre».

Par ailleurs, 51 pour cent des élus communaux à l’échelon national ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, contre 46 pour cent en 2003; chez les femmes élues, cette proportion passe à 71 pour cent. En outre, la moitié des femmes élues ont moins de 35 ans, toujours selon le ministère de l’Intérieur.

Le progrès dans la représentativité des femmes est également le résultat d’un quota de 12 pour cent réservé aux femmes et imposé par le gouvernement aux partis politiques et qu’ils devaient respecter. Ensuite, un plan d’action officiel a veillé à ce que cette représentativité réponde aux attentes des femmes engagées dans la vie politique, sous ou sans couleur politique.

«C’est vraiment une première de voir les femmes aussi nombreuses dans un scrutin, car au Maroc, il y a de nombreuses obstacles qui subsistent devant l’épanouissement de la femme sur le plan politique (comme) la mentalité patriarcale», a indiqué à IPS, Jihan Mohamed, une militante du Parti du progrès et du socialisme. «Il faut donc faire avec la valorisation de la participation des femmes élues au développement local, sachant qu’elles sont l’élément le plus sensible à l’approche du travail de proximité; leur contribution est donc incontestable», a-t-elle dit, commentant les résultats.

Najat Ali, une femme juriste au ministère de la Justice à Rabat, a ajouté: «Déjà l’article 8 de la constitution... stipule que l’homme et la femme jouissent des droits politiques égaux... Il n’y a donc aucune raison pour ne pas impliquer les femmes dans la gestion de la chose politique car elles sont aussi capables que les hommes de mener la barque, quelle que soit sa nature».

Selon le ministre marocain de l’Intérieur, Chakib Ben Moussa, la grande participation des femmes a été enregistrée plus dans les provinces que dans les grandes villes. De même, dans les zones sud du pays (Agadir, Ouarzazate Layoune et Smara), les femmes étaient assez présentes en tant que candidates et électrices, avec un taux de participation qui avoisine les 70 pour cent.

Omar Ben Addi, professeur et chercheur à l’Université de Rabat, qui croit en la compétence des femmes marocaines, a commenté également leur forte présence dans les communales, déclarant à IPS : «Ce scrutin au féminin est valorisant, et c’est grâce aussi au discours royal d’octobre 2008 dans lequel le roi Mohamed VI a lancé un appel concernant la représentativité des femmes dans les élections communales...»

«Il est donc temps de leur donner la place qui leur revient en tant que gestionnaires, et je suis sûr qu’elles ont un plus à ajouter dans le travail de la commune, vu leurs expériences, et tant mieux si elles sont nombreuses», a indiqué Ben Addi, ajoutant que c’est «déjà un indice de leur bonne volonté d’intégrer ce domaine. La preuve, c’est qu’elles sont là; faisons-leur confiance».

Les femmes sont donc comblées puisque la représentativité féminine a connu un boom sur l’ensemble du territoire national, avec l’engagement des huit premiers partis politiques dans cette opération, qui ont inscrit le plus grand nombre de femmes candidates. En tête, vient le Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), la formation politique la plus jeune du pays, créée en août 2008, et qui compte cinq femmes désignées dans ses instances dirigeantes. Trente partis politiques étaient en lice dans ce scrutin communal.

Néanmoins, l’investissement du champ politique national par la femme dépendra encore longtemps de l’évolution des mentalités qui voient encore en la femme un simple objet de progéniture ou encore mieux, une voix dans les urnes. (FIN/2009)

 

 

 

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