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AGRICULTURE-AFRIQUE
Rechercher la diversité, la maîtrise de la résistance et des fermiers
Raffaella Delle Donne

LE CAP, 30 juin (IPS) - L’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) affirme que son programme de "développement du stress", de semence à rendement élevé et son accent sur la contribution de l’agriculteur à la base augmenteront la production agricole parmi les petits agriculteurs pauvres.

Mais, des organisations non gouvernementales (ONG) et des écologistes disent que le Programme de l’AGRA pour le système des semences de l’Afrique (PASS) est essentiellement une approche directive, dirigée par l’entreprise, qui menace davantage la sécurité alimentaire du continent.

Comme ses prédécesseurs, la 'nouvelle' Révolution verte de l’AGRA voit les pénuries alimentaires comme une crise de l’offre et de la demande, et a initié ce que Joe de Vries, directeur du PASS, qualifie d’un programme "participatif du fermier", qui vise à développer des souches de cultures spécifiquement adaptées aux conditions africaines.

"Nous croyons que les paysans d’Afrique ont besoin d’aller au-delà de l’agriculture de subsistance et qu’en faisant ainsi, ils bénéficieront ainsi que les consommateurs africains à travers une abondance plus grande de vivres dans les marchés locaux", déclare de Vries.

Pour beaucoup d’ONG travaillant avec des agriculteurs de subsistance, le modèle de l’AGRA a plus à faire avec l’augmentation de la production de cultures commerciales de l’Afrique pour l’exportation et l’ouverture des marchés pour l’agro-alimentaire qu’il ne contribue à la sécurité alimentaire.

"Le besoin d’accroître le rendement est un argument astucieux qui est facilement avalé par des gouvernements et des citoyens. Il ne conduit pas nécessairement à l’éradication de la faim, notamment lorsque ce rendement est dirigé vers le marché mondial et demeure inaccessible à la majorité", souligne Haidee Swanby, chercheur au Centre africain pour la biosécurité (ACB).

L’une des principales critiques aplanies à l’AGRA est qu’elle n’a pas pris connaissance du rapport de 2008 de l’Evaluation internationale de la science et de la technologie des connaissances agricoles pour le développement (IAASTD) qui a suggéré que la souveraineté alimentaire est inextricablement liée aux modèles agricoles, traditionnels et écologiques.

"L’AGRA n’est pas en train d’en ajouter aux systèmes et connaissances qui existent déjà, elle continue d’encourager les agriculteurs à aller vers un système étranger qui est dépendant des contributions extérieures et ils doivent devenir dépendants des entreprises et des connaissances des experts", estime Swanby.

Le Centre africain pour la biosécurité, de même que des organisations internationales comme 'Food and Water Watch' (l’Organisation pour la défense de l’alimentation et l’eau) et l’Institut d’Oakland sont particulièrement préoccupées par le fait que le programme de semences "améliorées" de l’AGRA est en train de poser la fondation pour l’introduction des cultures génétiquement modifiées (GM) en Afrique.

Bill Gates, dont la fondation soutient l’AGRA, finance également plusieurs autres initiatives agricoles en Afrique développant des cultures GM. L’AGRA relève du Programme pour le développement mondial de la fondation Gates, dont le chargé principal de programme est Dr Robert Horsch – un employé de Monsanto, le géant de la biotechnologie pendant 25 ans et membre d’une équipe qui a développé des cultures GM presque prêtes.

Au début de cette année, le camp anti-OGM a tiré la sonnette d’alarme lorsque l’AGRA a signé un accord de cinq ans avec 'Earth Institute' (Institut de la terre) à l’Université de Columbia à New York, qui est dirigé par Jeff Sachs, un militant fervent des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Mais Joe de Vries affirme que l’AGRA ne finance pas le développement des cultures ou semences GM: "Pour le moment, notre attention est limitée aux variétés conventionnellement développées. Nous nous sentons confiants que de grands changements peuvent être apportés simplement en développant et en exploitant cette technologie [de culture actuelle]".

Des organisations des populations rurales comme la 'Trust for Community Outreach and Education' (Trust pour la sensibilisation et l’éducation communautaires - TCOE) d’Afrique du Sud croient que l’AGRA a publiquement évité la technologie des OGM largement parce que c’est une question très controversée et parce que les cadres législatifs ne sont pas encore mis en place dans la plupart des pays africains.

"Bien que l’AGRA affirme qu’elle n’utilise pas de semences génétiquement modifiées, il est prudent de ne pas prendre une position sur ce sujet controversé, laissant ainsi la porte ouverte pour incorporer celles-ci dans le plan à une certaine phase ultérieure", indique Siviwe Mdoda, coordinateur du Programme des droits fonciers du TCOE.

Le fait que l’AGRA soit en train de développer des semences qui sont possédées par des privés demeure une question contestée dans des débats sur la sécurité et la souveraineté alimentaires en Afrique. Financée par un grand réseau d’entreprises qui comprend des firmes de produits chimiques, de semences et d’engrais, l’AGRA a aidé à démarrer des entreprises de semences privées, ciblant notamment les petits fermiers au Mozambique, au Mali, au Malawi et au Rwanda pour satisfaire, selon de Vries, la demande croissante pour les semences hybrides.

L’AGRA travaille étroitement aussi avec les gouvernements africains qui sont intéressés par l’institutionnalisation des sacs de semences subventionnées avec des incitations comme des semences et des engrais gratuits pour la première année et des sacs subventionnés pour les trois ou quatre prochaines années. A travers ces sacs de semences, affirme Mdoda, les paysans qui ont possédé leurs propres semences pendant des générations, deviendront enfermés dans un cycle de dépendance de semences qu’ils doivent continuellement acheter, ensemble avec des engrais chimiques spécifiques.

"L’AGRA devrait être en train de soutenir les banques de sauvegarde des semences et des semences locales, au lieu d’encourager la production de variétés brevetées qui ne sont pas disponibles pour être utilisées au cours de la prochaine saison de plantation", déclare-t-il.

Pour Joe de Vries, la seule solution pour améliorer les conditions de vie des personnes rurales pauvres d’Afrique est d’augmenter la production agricole en aidant les fermiers à accéder aux semences pour les 68 nouvelles variétés de cultures comme le manioc, le sorgho et le maïs, que le PASS a publiées, et qui peuvent être utilisées ensemble avec des engrais.

"Pour accéder à une technologie de qualité, vous devez payer pour cela – l’alternative, c’est la faim. La voie pour se libérer du cycle de pauvreté est d’obtenir de meilleures semences et de produire plus de vivres", ajoute-t-il.

De Vries, un expert en culture des plantes et en génétique, croit que parce que le sol de l’Afrique est si épuisé, il est irréalisable de produire des vivres sans augmenter l’utilisation de l’engrais, et affirme que l’AGRA est en train de travailler avec des agronomes, des scientifiques et des agriculteurs africains pour trouver un équilibre entre les méthodes organiques et inorganiques de maintien de la santé des sols.

"Les engrais inorganiques, utilisés dans des quantités judicieuses qui sont en équilibre avec l’environnement, ont aidé à libérer des millions de personnes de la faim à travers le monde", souligne-t-il.

Swandy et Mdoda croient que les agriculteurs mal instruits et appauvris ont peu de chance de concurrencer avec les grands fermiers commerciaux, et que si la sécurité alimentaire était la priorité, l’AGRA serait préoccupée à régler des questions telles que l’accès à la terre et à l’eau, le commerce équitable et la possession des ressources: "En termes de systèmes de production, le rendement n’est pas aussi important que la diversité, la maîtrise de la résistance et des fermiers au sujet des ressources", déclare Swanby. (FIN/2009)

 

 

 

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