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POLITIQUE-BOTSWANA
Des partis bloquent les femmes candidates pour les prochaines élections
Ephraim Nsingo

GABORONE, 8 juil (IPS) - Pendant que le Botswana se prépare pour les élections générales en octobre, des activistes de genre protestent contre l’absence de femmes candidates aux postes de parlementaires.

Le parti au pouvoir, le Parti démocratique du Botswana (BDP) et son opposition principale, le Front national du Botswana (BNF), ont présenté chacun seulement trois femmes candidates pour les 57 circonscriptions électorales disputées pour le parlement.

Dans la plupart des cas, les femmes ont reçu des nominations dans les régions où elles ont peu de chance de gagner, affirment les activistes de genre, parce qu’elles se heurtent à des hommes politiciens expérimentés ayant un soutien financier substantiel.

Le président botswanais, le lieutenant général Seretse Khama Ian Khama, a fait peu pour permettre la participation des femmes en politique. Il continue, par exemple, par reporter la signature du Protocole sur le genre et le développement de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), adopté par cette organisation régionale en août 2008.

Mais Khama, un ancien commandant de l’armée, insiste malgré la non signature du protocole, que "le Botswana a satisfait à la plupart des exigences en matière de réforme législative ainsi que des politiques socio-économiques".

"Cela est prouvé largement par le nombre croissant de femmes, tant au gouvernement que dans le secteur privé, qui occupent des postes de l’exécutif, de directeur et d’ambassadeur", a-t-il déclaré au Congrès de l’aile des femmes du BDP.

Alors que Khama et d’autres politiciens à divers niveaux du gouvernement soutiennent publiquement la représentation des femmes au parlement, leurs promesses d’une égalité de genre plus grande en politique sont restées jusque-là au bout des lèvres. Actuellement, sur les 57 députés du Botswana, seulement quatre sont des femmes. Trois autres sont présentées comme des candidates à l’élection présidentielle.

S’adressant à l’aile des femmes du BDP, Khama a indiqué que sa "plus grande inquiétude est le nombre en baisse de femmes qui disputeront les prochaines élections générales nationales".

"Ceci est en effet une tendance inquiétante. Je sais que ce n’est pas un manque de capacité ou de volonté des femmes de se présenter pour des postes de responsabilité au niveau du conseil et au niveau parlementaire... Je demeure engagé à aider où je peux", a déclaré Khama à plus de 200 membres du congrès dans la salle.

Il a également affirmé que "ce ne serait pas tiré par les cheveux d’attribuer une grande partie de notre succès, en tant que parti et en tant qu’un gouvernement, au soutien que nous recevons des femmes du Botswana".

Les déclarations de Khama le présentent comme un défenseur de la participation des femmes à la politique, mais des cadres supérieurs du Congrès de l’aile des femmes du BDP pensent autrement.

"C’est ce que Khama est en train de dire déjà. Il affirme soutenir les questions que nous défendons en tant que femmes, mais il n’y a rien que le président ait fait pour afficher cet engagement", se plaignait une responsable principale de l’aile des femmes du BDP, qui a requis l’anonymat.

"Maintenant que nous ne participons pas aux élections, nous devrons lutter pour les quelques sièges qui ne relèvent pas d’une circonscription électorale au parlement. C’est triste que, en tant que femmes, nous devions entrer au parlement comme des députées spécialement élues. S’agissant de la représentation des femmes, il semble que tous ces partis soient les mêmes", a-t-elle ajouté.

Le Congrès de l’aile des femmes du BDP croit que les hommes politiques poids lourds essaient d’étendre leur base de pouvoir en faisant un lobbying interne contre les quotas de genre. Cela est devenu évident lorsque les hommes députés du BDP ont uni leurs forces avec les partis de l’opposition en argumentant contre une proposition visant à inclure plus de femmes politiciennes spécialement élues au parlement.

Toutefois, cette proposition a été votée en avril par l’Assemblée nationale du Botswana comme un amendement de l’article 58 de la constitution, autorisant l’élection spéciale d’au moins quatre parlementaires sur les huit qui ne relèvent pas d’une circonscription électorale. Botlogile Tshireletso, un député de l’est de Mahalapye, a salué cette démarche comme un pas vers l’équité de genre, puisque les femmes sont actuellement défavorisées par la domination des hommes et le langage sexiste au parlement.

Des activistes de genre disent que la faible représentation des femmes est un problème sérieux dans tous les partis politiques dans le pays et demandent d’importants changements dans la répartition des postes au sein des partis.

"Dans la plupart des cas, les leaders de partis créent un environnement qui fait qu’il est difficile pour les femmes de participer", a expliqué Maungo Mooki, une activiste de genre, qui est aussi la présidente du Congrès des organisations non gouvernementales du Botswana (BOCONGO).

"Les décisions venues du sommet du parti ne peuvent pas être remises en cause parce que l’on peut être exclu ou privé des avantages du parti. Cela a fait qu’il est difficile pour les femmes de se lever et contester", a-t-elle ajouté.

Seuls quelques politiciens ont été ouverts sur le manque de l’égalité de genre en politique. S’adressant aux journalistes en avril, le président du BNF, Otsweletse Moupo, a reconnu : "Je devrais admettre que la question de la représentation des femmes est vraiment un défi. C’est un embarras que, en tant qu’un parti, nous ayons un quota de 30 pour cent pour les femmes, mais nous avons moins de dix pour cent de représentation".

En 1999, le BNF et un autre parti de l’opposition, le Parti du congrès du Botswana (BCP), se sont engagés à assurer qu’environ un tiers de leurs candidats pour les élections soient des femmes, mais, comme il a été démontré dans la course pour les élections de cette année, les quotas existent seulement sur papier. Actuellement, tous les députés de l’opposition sont des hommes.

Après que les activistes de genre et les femmes politiciennes ont exprimé leur indignation au sujet de l’inégalité de genre persistante, le BDP essaie maintenant de se racheter en incluant plus de femmes dans leur liste pour l’élection. Le secrétaire exécutif du BDP, Batlang Comma Serema, a promis qu’au prochain congrès du parti au pouvoir, au cours de ce mois, il sera demandé à tous les hommes politiciens disputant la candidature avec les femmes pour des postes de parti de s’effacer.

"Là où une femme est en train de défier un homme, il sera négocié pour que l’homme fasse place à la femme", a affirmé Serema. Toutefois, les femmes politiciennes demeurent sceptiques, croyant que c’est déjà une autre promesse vide de sens. (FIN/2009)

 

 

 

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