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SANTE–NIGER
Surveiller les grossesses pour freiner la propagation du VIH
Ousseini Issa

NIAMEY , 27 août (IPS) - «La première fois que la sage femme m’a conseillé le test lors des consultations prénatales, j’ai catégoriquement refusé. Mais, lorsque ma grossesse a atteint cinq mois, de crainte de contaminer le bébé au cas où je serais infectée, j’ai finalement accepté», raconte à IPS une dame de 28 ans, à Niamey.

Lorsque Woybi Koukou (nom d’emprunt) attendait son bébé, elle avait fait le test en 2007 dans un centre de protection maternelle et infantile à Niamey, la capitale nigérienne, dans le cadre de la stratégie de Prévention de la transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant (PTME) mise en œuvre depuis 2004 au Niger. «L’épreuve est difficile à affronter. Seulement, on vous met en confiance pour vous amener à accepter», ajoute-t-elle.

Déclarée séropositive à l’issue du test, Koukou affirme bénéficier aujourd’hui encore d’un suivi médical qui la maintient en forme, après que son bébé a été épargné de la contamination.

Aujourd’hui, son enfant a un peu plus de deux ans. «Mon bébé a subi son premier test à neuf mois. Puis un deuxième, qui a définitivement confirmé sa séronégativité, à l’âge de 18 mois, en janvier 2009», se réjouit-elle.

Selon Dr Mahaman Moha, médecin chercheur au Laboratoire d’études et de recherches sur les dynamiques sociales et le développement local (LASDEL) basé à Niamey, la PTME est un axe d’intervention de la stratégie nationale de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) dans ce pays sahélien d’Afrique de l’ouest.

«Des recherches scientifiques ont montré que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant au cours de la grossesse, à l’accouchement et pendant l’allaitement; et des essais cliniques ont prouvé qu’il est possible de prévenir cette transmission par l’administration de régimes courts et peu coûteux d’anti-rétroviraux à la mère et l’enfant à partir de la 48ème semaine de grossesse», explique Moha à IPS, justifiant l’introduction de la PTME dans l’arsenal de lutte contre le SIDA pédiatrique.

Selon Moha, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a été le principal entrepreneur dans l’émergence, la formulation et la mise en œuvre de cette stratégie de santé publique au Niger. «Les premiers sites pilotes ont été implantés en 2003 dans six districts sanitaires du pays grâce notamment au financement et l’appui technique de l’UNICEF», indique-t-il.

«L’extension s’est poursuivie pour atteindre actuellement le nombre de 186 sites où les services de la PTME sont offerts gratuitement et volontairement aux femmes fréquentant les consultations prénatales (CPN)», indique à IPS, Moussa Mamoudou, un technicien de la Cellule nationale de coordination des activités PTME, basée à Niamey.

L’introduction de cette stratégie vise, selon des spécialistes, à freiner la propagation du VIH dont la séroprévalence nationale était de 0,78 pour cent en 2007 contre 0,87 pour cent en 2002, d’après la dernière enquête démographique et de santé au Niger, en 2006.

«La PTME a permis d’améliorer le taux de dépistage et les actions prévention, de prise en charge et de suivi médical de la mère et de l’enfant», soutient Mamoudou, soulignant le caractère volontaire, anonyme et confidentiel du test ainsi que la gratuité des soins. «Grâce à cette stratégie, le taux d’acceptation du test par les femmes enceintes fréquentant les CPN est passé de 56,21 pour cent en 2006 à 67,33 pour cent en 2007, pour atteindre 83 pour cent en 2008 sur le plan national», souligne-t-il.

Balkissa Issaka, une infirmière appliquant la PTME dans un centre de santé à Niamey, explique la démarche pour mettre les femmes en confiance : «Nous commençons le counseling avec le groupe de femmes enceintes effectuant leurs premières CPN, en évitant d’aborder directement la question du VIH qui sera posée plus tard. Puis, nous les prenons individuellement avec le temps pour leur montrer l’importance du test pour la santé future du bébé et de la maman».

«Dans certains cas, il faut beaucoup insister, en évitant surtout de présenter le test comme une obligation, pour convaincre les patientes», dit Issaka à IPS.

«Nous sommes une trentaine de femmes dans mon groupe de CNP. Certaines m’ont confié avoir refusé de passer le test jusqu’à cette date», raconte à IPS, Hassia Adamou, une femme de 33 ans, avec une grossesse de sept mois, résidant à Niamey.

Selon les statistiques de la cellule, sur environ 49.000 femmes ayant pratiqué les CPN en 2006 sur le plan national, 27.000 ont accepté le protocole PTME parmi lesquelles 413 femmes ont été déclarées positives, soit 1,3 pour cent. En 2008, les CPN ont concerné quelque 142.000 femmes au nombre desquelles 117.000 ont passé le test qui s’est avéré positif chez 365 d’entre elles, soit 0,84 pour cent.

Pour Soraya Ousmane, coordonnatrice de RAIL SIDA, une organisation locale luttant contre le VIH basée à Niamey, la PTME est salutaire car elle a accru le taux de dépistage et de prise en charge des femmes. «Seulement, elle provoque aussi des divorces, certains maris n’admettant pas l’acceptation du test par leurs femmes», explique Ousmane à IPS.

«Quand une femme est déclarée positive, nous lui expliquons calmement que ce n’est pas la fin du monde, qu’il existe aujourd’hui des médicaments et que la prise en charge est gratuite», indique Mamoudou, qui déplore toutefois la réticence des maris pour le test.

«En 2007, c’est seulement 64 maris qui ont accepté le test parmi lesquels neuf ont été déclarés positifs; en 2008 leur nombre est passé à 179 dont 16 testés positifs», indique-t-il.

«Les tests, les ARV et les aliments spéciaux sont fournis gratuitement aux sites PTME par la Coordination intersectorielle de lutte contre les IST/VIH/SIDA (CISLS) au profit des patientes», affirme à IPS, Dr Idé Moussa, le coordonnateur de la CISLS basée à Niamey.

Par rapport au succès sur le plan préventif, Dr Moha témoigne : «Entre décembre 2005 et juin 2007, sur 102 bébés nés de mères positives identifiées dans la région de Maradi (centre-est du pays), le respect du protocole PTME a permis d’éviter à 101 la contamination au VIH». «Seulement, les ruptures récurrentes d’intrants au niveau des sites et les abandons des patientes risquent de compromettre ces efforts», prévient-il. (FIN/2009)

 

 

 

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