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SANTE-SAO TOME
La forêt constitue la pharmacie
Mercedes Sayagues

SAO TOME, 27 août (IPS) - Si vous habitez São Tomé, un bon investissement dans votre santé consiste à planter l’arbre 'po-sabom' (Dracaena aroborea) sur votre arrière-cour. Laissez d’espace : il peut se développer jusqu’à 20 mètres de hauteur, avec des feuilles en forme d’épée.

Le 'stiljon' local, ou guérisseur traditionnel, utilise le 'po-sabom' à des fins multiples. Pour les maux de dents, buvez le thé de son écorce et ses racines. Pour les démangeaisons de la peau, laissez l’écorce dans l'eau jusqu'à ce qu’elle devienne mousseuse, puis lavez-vous avec. Pour une blessure, appliquez un cataplasme de feuilles et de l'écorce. Si vous êtes excité, son écorce et ses racines, mélangées avec de l'alcool, augmenteront vos capacités.

La forêt constitue la pharmacie sur les deux petites îles de São Tomé et Principe dans le Golfe de Guinée; et les guérisseurs traditionnels sont les experts de ses plantes.

Pendant 14 ans, Maria do Ceu Madureira, une ethnobotaniste portugaise, avait conduit une équipe de recherche de l'Université de Coimbra et du ministère de la Santé de São Tomé, avec un financement de la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne. Son étude ethno-pharmacologique, publiée en 2008, rassemble les connaissances traditionnelles et la science moderne.

Madureira était fascinée par la richesse de la flore locale et s’inquiétait du fait que les guérisseurs âgés étaient en train de mourir sans disciples.

"Leurs connaissances sont en train de disparaître plus vite que les forêts", déclare Madureira.

Une grande étude

L'étude a recueilli des informations sur 325 plantes médicinales et plus de 1.000 recettes médicinales provenant d’environ 40 guérisseurs, sages-femmes et grands-mères respectés.

Les plantes ont été identifiées, classées et comparées à des plantes similaires étudiées ailleurs. Lorsque des analyses pharmacologiques et phytochimiques ont été effectuées sur 15 plantes, elles ont démontré un potentiel pour développer de nouveaux médicaments pour des maladies anciennes.

Po-sabom semblait prometteur contre le paludisme et la leishmaniose, et efficace contre 14 champignons et quatre bactéries, y compris le Candida albicans, une cause fréquente d'infections buccales et vaginales chez les personnes séropositives. Treize plantes sont efficaces contre le moustique plasmodium falciparum, vecteur du paludisme.

D'autres plantes ont des propriétés anti-bactériennes, anti-histaminiques, anti-diarrhéiques, anti-tumeurs, analgésiques et sédatives.

"Des connaissances empiriques ont été vérifiées par des méthodes scientifiques au laboratoire et nous avons constaté la valeur thérapeutique des plantes", indique Marcelina Quaresma Jose da Costa, du département de la pharmacie au ministère de la Santé de São Tomé.

Cela est peu surprenant. Les guérisseurs traitent, entre autres, les brûlures, les piqûres de serpents et d'insectes, les verrues, l'asthme, les maladies sexuellement transmissibles, les diabètes et l'hypertension artérielle. Ils fixent les os et font disparaître les douleurs.

Sum Gino et Sum Pontes

Sur son étalage au marché central à São Tomé, Francisco Sousa Carvalho, 78 ans, vend des feuilles, des racines et des écorces; les plus populaires sont celles contre la fièvre, l'hypertension artérielle et les diabètes. Ses dents sont parties et ses os lui font mal: "Ce mal, je ne peux pas le guérir, c'est la vieillesse", rit-il.

Trop faible pour rentrer dans la forêt, il envoie d'autres chercher les plantes, mais il affirme qu'il devient plus difficile de les trouver.

Sousa Carvalho, appelé 'Sum (ou guérisseur) Gino', est l'un des trois guérisseurs reconnus comme co-auteurs dans l'étude.

Les bénéfices du livre - et la compilation de Madureira est pratiquement finie au Portugal et à São Tomé - ont servi à réparer et équiper les maisons des guérisseurs et leur génèrent une allocation mensuelle.

Un autre co-auteur est Lourenco de Sousa Pontes Junior, toujours vif et fort à 82 ans. Sa maison en bois se trouve au milieu d'un bosquet de palmiers à Bobo Forro, Sao Tomé. Il reçoit ses clients dans une petite pièce.

"Ce projet est en train de sauvegarder nos connaissances pour les générations futures", a déclaré Pontes. Sa spécialité est le massage et il a la réputation d'être un expert des écorces.

Des connaissances en disparition

Pontes regrette que les jeunes ne soient pas intéressés à apprendre son métier, et que peu de clients viennent à lui. Les Portugais ont interdit la médecine traditionnelle et le gouvernement marxiste post-colonial l’a méprisée. "La guérison traditionnelle est en train de perdre du terrain", dit-il.

Peut-être cette tendance pourrait-elle être inversée. Da Costa, qui a étudié à Cuba, est l'un des trois pharmaciens de São Tomé. Les deux autres sont à la retraite. Da Costa, 54 ans, aimerait aussi aller à la retraite, si un remplaçant pouvait être trouvé.

Des jeunes Saotoméens sont allés à l'étranger pour des études de pharmacie au Brésil et au Portugal, mais aucun n'est rentré, souligne-t-elle.

Da Costa est venue inviter Pontes à faire une présentation et parler de son métier lors d'une exposition qu'elle organise pendant la Semaine de la médecine traditionnelle africaine, du 24 au 31 août.

"Le livre a suscité un intérêt chez les jeunes", déclare da Costa. "Si nous avions un centre pour des études botaniques, nous pourrions former, créer des emplois et réduire la fuite des cerveaux".

Les vieux peuvent enseigner aux jeunes les secrets de la forêt tropicale et les aider à trouver de nouveaux médicaments pour des maladies anciennes.

La riche diversité biologique sur deux petites îles de São Tomé comprend plus de 700 espèces botaniques.

ENCADRE: Parmi celles-ci, 95 viennent de São Tomé et 37 de Principe. D'autres ont été amenées d'Amérique latine, d’Europe, d’Asie et du continent africain par les Portugais, qui avaient débarqué ici en 1498, et transformé les îles inhabitées en une plaque tournante pour la canne à sucre, le café, le cacao et la traite négrière.

Cela fait de São Tomé et Principe un trésor, en particulier dans les zones de forêt tropicale primaire appelée Obõ. (FIN/2009)

 

 

 

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