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AMERIQUE DU SUD-AFRIQUE
Se réunir pour lutter contre la pauvreté
Humberto Márquez

PORLAMAR, Venezuela, 29 sep (IPS) - Une déclaration, qui met l'accent sur les positions du Sud en développement et exprime un engagement renouvelé en faveur de la coopération dans la lutte contre la pauvreté et pour le développement, a été signée par les dirigeants réunis ce week-end au cours du deuxième sommet entre l’Amérique du sud et l’Afrique, sur l'île vénézuélienne de Margarita.

Huit présidents d'Amérique du sud et 20 d’Afrique, ainsi qu'un nombre de vice-présidents, de Premiers ministres, de ministres des Affaires étrangères et d’autres hauts cadres, venus d’un total de 61 pays, se sont réunis au cours de cette conférence de deux jours, qui a été considérée comme un succès par les participants, après la participation beaucoup moins impressionnante au premier sommet, tenu à Abuja, la capitale du Nigeria, il y a trois ans.

Dans la déclaration finale de 30 pages, les dirigeants ont exprimé leur soutien total aux réformes du Conseil de sécurité de l'ONU qui garantiraient une plus grande participation des pays en développement d'Amérique du sud et d’Afrique, et amélioreraient son fonctionnement, en vue de corriger les déséquilibres actuels.

Le président Luiz Inácio Lula da Silva du Brésil, qui aspire à un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU - dont les membres permanents sont la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis – a affirmé que le Conseil de sécurité a perdu de sa crédibilité, ajoutant que "nous devons travailler ensemble pour le réformer".

La déclaration mentionne la nécessité de résoudre de manière pacifique tout problème ou différend qui pourrait mettre en danger la sécurité régionale ou mondiale, bien qu’elle défende aussi des mesures appropriées et efficaces contre toute menace à la paix causée par la prolifération des "armes chimiques, biologiques ou nucléaires".

Dans son allocution, le président libyen, Mouammar Kadhafi, a proposé la création d'une organisation de défense du sud de l'Atlantique entre l’Amérique du sud et l’Afrique, dans l’optique de l'Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Mais l'idée exprimée par le guide libyen, qui préside actuellement à l'Union africaine, n'a pas été incluse dans la déclaration finale et n'a pas reçu le soutien d'autres intervenants.

Kadhafi a également réitéré la critique du système des Nations Unies, qu’il a exprimée quelques jours plus tôt à New York. En outre, il a fustigé les puissances militaires qui ont semé des mines terrestres dans des pays du Sud en développement, tout en interdisant l'utilisation des mines terrestres par les pays pauvres, à des fins défensives.

Toutefois, la déclaration finale condamne la production et l'utilisation de mines antipersonnel par n’importe quel les pays.

Elle condamne également le racisme, la discrimination et le trafic humain, et souligne l'importance de favoriser l'échange d'expériences dans le domaine des droits des femmes, des enfants, des adolescents, des personnes âgées et des handicapés.

Ce document demande à la Grande-Bretagne de négocier de manière urgente la question de la souveraineté des Iles Malvinas/Malouines, de la Géorgie du Sud et du Sandwich du Sud avec l'Argentine, et la souveraineté de l'archipel des Chagos à l’Ile Maurice, tout en exhortant la France à négocier la question de l'île de Mayotte avec les Comores.

Par ailleurs, la déclaration réaffirme l'engagement de redoubler les efforts pour éradiquer la pauvreté et la faim dans le contexte des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Jacques Diouf, le directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a participé au sommet, a souligné que pour la première fois dans l'histoire, plus d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim.

"Mais en revanche, pour la première fois, il y a assez de ressources dans le monde pour résoudre le problème de la faim", a déclaré le président équatorien, Rafael Correa, qui détient la présidence tournante de l'Union des nations d’Amérique du sud (UNASUR).

Les dirigeants se sont également prononcés en faveur d’une coopération bi-régionale dans les domaines de l'alimentation et de l'agriculture, et ont exprimé un intérêt à prendre part au prochain sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire, prévu en novembre à Rome.

La présidente argentine, Cristina Fernández, a indiqué que cette coopération naissante entre l'Afrique et l'Amérique du sud pourrait donner lieu à un nouveau modèle de commerce qui comprendrait le transfert de technologie et générerait des emplois.

"L'Argentine peut offrir la technologie, l'expertise et les machines, afin que l'Afrique ne soit pas obligée de dépendre de la charité des missions internationales, mais puisse produire sa nourriture elle-même", a affirmé Fernández.

Un autre problème fréquemment mentionné était la question de l'énergie et de l’exploitation minière. Les dirigeants ont convenu de partager et d'échanger des expériences en termes de sources d'énergie et de sauvegarde, notamment des sources propres, renouvelables et alternatives.

Les deux régions ont également accepté de coopérer dans les domaines liés à la production et l'utilisation durable du pétrole et du gaz.

Après cette déclaration toujours virtuelle qui a abordé la question, le président vénézuélien, Hugo Chávez, le président vénézuélien, a souligné le potentiel des deux régions, qui détiennent ensemble un quart des réserves pétrolières de la planète.

Au cours du week-end, le Venezuela et la Guinée Equatoriale, qui produit près de 400.000 barils de pétrole par jour, mais n'a pas de raffinerie, ont signé des accords avec le Niger et d’autres pays pour étudier la construction d'une raffinerie en Afrique de l'ouest.

Sur le plan environnemental, les dirigeants africains et sud-américains ont souligné que les nations du Nord industrialisé sont historiquement responsables du réchauffement planétaire et doivent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Ils ont également appuyé l’idée d’un fonds spécial pour aider au renforcement de la capacité des pays en développement à faire face aux catastrophes climatiques.

En marge du sommet, les présidents de sept pays d'Amérique du sud – l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela – ont signé le document fondateur de la Banque du Sud, qui aura 20 milliards de dollars dans le capital de démarrage, dont Brasilia, Buenos Aires et Caracas apporteront 12 milliards de dollars en parts égales.

Chávez a suggéré que cette banque, qui financera des projets de lutte contre la pauvreté et de développement, garde les réserves étrangères des pays d'Amérique du sud, parce que "les garder dans des banques du Nord afin qu'elles nous fassent des prêts en utilisant notre propre argent est stupide".

Il a également déclaré que la Banque du Sud devrait former une alliance avec une institution similaire en Afrique, afin de créer une grande banque "Sud-Sud" pour financer des programmes de développement.

"J'ai même un nom pour elle: elle pourrait être appelée Bancasa (avec ASA désignant l’Afrique et Amérique du sud, puisque les sommets sont connus)", a dit Chávez. Plusieurs présidents africains ont indiqué qu'ils appréciaient l'idée.

La déclaration dit que les deux régions s’engagent à fomenter des initiatives anti-drogue, des propositions, des actions et des activités à la fois aux niveaux bilatéral et bi-régional.

La demande de la Bolivie selon laquelle l'utilisation traditionnelle des feuilles de coca par les populations indigènes soit reconnue a provoqué des frictions et a retardé un accord sur la question des drogues. À la fin, une clause a été insérée dans le chapitre sur la culture, indiquant que les dirigeants ont pris note que la mastication des feuilles de coca est une tradition culturelle du peuple bolivien, qui devrait être respectée par la communauté internationale.

Chávez a offert des installations pour abriter un secrétariat du sommet de l’ASA sur l'île de Margarita, et les dirigeants ont accepté un mécanisme de suivi, basé sur des groupes de travail sectoriels dirigés par des cadres de haut niveau qui se réuniront dans les quelques mois à venir afin de présenter des propositions à une conférence des ministres des Affaires étrangères, prévue pour l’année prochaine.

Le troisième sommet de l’ASA se tiendra en 2011 en Libye. (FIN/2009)

 

 

 

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