Q&R Reconnaître les avantages de ralentir la croissance démographique Susan Anyangu s’entretient avec STAN BERNSTEIN, conseiller principal pour la politique de l’UNFPA KAMPALA, 20 nov (IPS) - Le planning familial: la clé pour réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle; une façon de mettre moins de pression sur l'environnement; et une population plus réduite rend le défi de fournir des services d’éducation et de santé adéquats un peu plus facile.
Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont étroitement liés, et selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), leur réalisation d'ici à 2015 nécessitera la reconnaissance des avantages de ralentir la croissance démographique.
IPS a eu un entretien avec Stan Bernstein, un conseiller principal pour la politique de l’UNFPA en marge de la Conférence internationale sur le planning familial, à Kampala, en Ouganda, qui a déclaré que le refus de fournir à tout le monde l'accès à un planning familial abordable et efficace menace la réalisation de tous les OMD.
IPS: Comment la fourniture d’un planning familial efficace et abordable est-elle liée à la réalisation des OMD?
STAN BERNSTEIN: Au niveau des ménages, avoir beaucoup d’enfants étroitement espacés affecte la santé des femmes, de leurs enfants et des familles, augmentant le risque de mortalité maternelle et infantile.
Pour que les efforts de développement soient atteints, (les gouvernements) doivent reconnaître les avantages de ralentir la croissance démographique. Et un moyen d’y parvenir est de satisfaire le besoin actuel non satisfait pour le planning familial.
Beaucoup de femmes mariées déclarent avoir eu des grossesses inopportunes ou non désirées ou un désir d'espacer ou de limiter les grossesses futures, mais n'utilisent pas de méthodes modernes contraceptives.
Le planning familial aide les pays à réduire la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle. Il joue également un rôle important dans l'OMD 2 parce qu’une population plus réduite signifie moins de gens dans le besoin de services d’éducation et de santé. En outre, cela signifie moins de pression sur l'environnement et les ressources naturelles.
La réalisation intégrale des OMD coûte moins et est plus facile à gérer logistiquement lorsque les pays se concentrent sur la fourniture de services de planning familial pour réduire la croissance démographique.
IPS: Quelle est la recommandation de l'UNFPA à ce sujet? Est-il trop tard pour obtenir un retournement?
SB: Les gouvernements devraient augmenter les allocations budgétaires vers le planning familial comme une question d'urgence s’ils doivent atteindre leurs OMD. Au moment où le rythme actuel de l’augmentation de l’intérêt pour le planning familial est toujours faible, contribuant à une augmentation des grossesses non désirées et des décès maternels, comme conséquence des avortements dangereux et des décès infantiles.
Le taux de mortalité maternelle demeure élevé, mais il était (censé) être réduit de trois quarts d'ici à 2015. Cela aurait nécessité une réduction de cinq pour cent par an depuis les années 1990 jusqu’à 2015. Toutefois, la réalité en Afrique a été un taux de réduction de la mortalité maternelle de 0,5 pour cent par an depuis les années 1990 à ce jour. Cela n'est simplement pas assez bon et à ce rythme, l'OMD 5 ne sera jamais atteint.
Cependant, tout n'est pas perdu si les gouvernements renouvellent leur engagement à augmenter la prévalence du planning familial et réduire ce besoin non satisfait. Cela devrait être augmenté proportionnellement parce que dans la moitié des pays d'Afrique, les niveaux demeurent extrêmement bas et davantage de taux de prévalence est nécessaire.
IPS: Avec la crise économique en cours à travers le monde, les gouvernements ont peu d'argent à mettre de côté, encore moins à orienter vers la fourniture des services de planning familial. Quelle est l’incitation pour eux?
SB: Tout indique que l’amélioration de l'engagement des gouvernements, à travers l'augmentation des allocations budgétaires au planning familial, a eu des résultats extraordinaires.
Le Rwanda est un exemple de pays où l'engagement politique a eu un impact significatif. En 1994, l’Enquête sur la santé démographique (du Rwanda) a montré un taux de prévalence contraceptive de 10 pour cent. L'enquête de 2008/2009 montre un taux de prévalence (la proportion de personnes utilisant des contraceptifs) de 26 pour cent - une augmentation sensible.
Cela a sensiblement réduit les décès des enfants de moins de cinq ans, avec une augmentation de la couverture vaccinale chez les enfants.
Bien que le besoin non satisfait du Rwanda pour les contraceptifs soit de plus de 20 pour cent, le pays demeure un bon exemple. Cela montre qu'une fois que le gouvernement a renouvelé ses efforts dans la fourniture du planning familial, la demande a augmenté parce que maintenant, davantage de personnes en sont conscientes et veulent les services.
Alors que c'est la réalité que l'engagement accru signifie que les gouvernements doivent donner plus d'argent, il a été prouvé que même des investissements très limités dans le secteur du planning familial seront rentables en termes d’amélioration des modes de vie au sein de la population réduite.
L'impact de ne pas mettre du tout de l'argent est quatre fois plus coûteux que fournir des fonds pour le planning familial.
Les gouvernements africains devraient également renforcer le secteur des soins de santé pour éviter l'exode massif des agents de santé vers l'Ouest, à la recherche de meilleures opportunités. Cela est regrettable puisqu’il se produit à un moment où la demande pour le planning familial en Afrique subsaharienne est en augmentation.
Ainsi, les gouvernements sont priés de revoir la formation des agents de santé à tous les niveaux pour s’assurer que tous peuvent offrir des services de planning familial à la communauté. Et ici, on est en train de plaider pour la formation des agents de santé communautaires afin de s'assurer qu'ils sont assez compétents pour fournir des services de planning familial.
Au Malawi, le ministère de la Santé a décidé d’autoriser les assistants de surveillance de la santé à administrer des contraceptifs injectables au niveau communautaire, une démarche qui a servi à augmenter la prévalence contraceptive dans ce pays.
IPS: Cela revient-il seulement aux gouvernements? Quel est le rôle des activistes qui travaillent dans le secteur du planning familial ainsi que les bailleurs?
SB: Pendant que la responsabilité incombe aux gouvernements de renouveler leur engagement au secteur du planning familial, les plaidoyers dans ce domaine sont en train d’être mis en cause pour élaborer de nouvelles stratégies afin de mobiliser l'engagement et des ressources pour des programmes de planning familial à travers l'utilisation de stratégies basées sur des preuves qui parviendront aux gouvernements, aux bailleurs et aux décideurs.
Les bailleurs qui, depuis les années 1990, se re-focalisent sur le VIH, doivent également apprécier la nécessité d'un financement dans le secteur du planning familial. Et si les gouvernements font preuve d'engagement, cela peut être utile de récompenser les pays à travers les investissements des bailleurs dans ce domaine.
(FIN/2009)
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