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EAU-LIBERIA
Un mauvais système d’assainissement qui tue les jeunes
Rebecca Murray

MONROVIA et BOPOLU, Libéria , 4 déc (IPS) - Beauty Phillips, 19 ans, serre fortement son bébé émacié contre sa poitrine. Agé de sept mois, Inga souffre de malnutrition.

En cette matinée chaotique de vendredi dans la salle d'enregistrement du centre de santé de Slipway, plus de cent mères, leurs bébés pleurant enveloppés dans des tissus traditionnels, attendent sur des bancs en bois serrés pendant des heures pour être examinées.

"Elle est toujours maladive", explique Phillips au sujet de la diarrhée et des vomissements constants d'Inga. "J’obtiens mon eau à partir de la pompe à main communautaire, et pour mes toilettes, je vais sur le rivage ou dans les toilettes communes. Voilà pourquoi je pense que ma fille est malade".

Un enfant libérien sur neuf meurt avant son cinquième anniversaire, soit 110 sur 1.000 naissances vivantes, selon l'Enquête démographique de santé au Libéria en 2007. Environ 39 pour cent des enfants sont chétifs ou trop petits pour leur âge.

Le paludisme, la diarrhée et les maladies respiratoires comme la pneumonie constituent les principales causes de décès ici.

Le bidonville peuplé de Slipway se situe le long des rives marécageuses polluées du fleuve Mensurado, près du centre-ville de Monrovia.

Bien que 'Liberia Water and Sewer' (Société d’eau et d’assainissement du Libéria) tente de reconnecter les tuyaux détruits pendant des décennies de guerre civile, la plupart des habitants ne peuvent pas se permettre d'acheter ou d’accéder à l'eau.

Les fosses septiques privées débordent régulièrement, et des ordures brûlantes s’entassent entre les égouts entourant les latrines boueuses.

La population du Libéria est estimée à 3,5 millions d'habitants. "Plus de trois millions de Libériens n'ont pas accès aux installations sanitaires sûres", déclare Muyatwa Sitali, directeur de communications à Oxfam UK, qui dirige le Consortium de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène du Libéria.

"La plupart des gens n'ont pas d'autre choix que de déféquer en plein air, où leurs vies et leur dignité sont en danger", explique Sitali.

La présidente, Ellen Johnson Sirleaf, a mis en œuvre une politique de soins de santé publique gratuits à travers le pays pour les enfants de moins de cinq ans, une étape cruciale vers sa promesse de fournir des soins de santé universels à tous les Libériens.

Le pays ne s’étant pas en encore remis des décennies de guerre civile, la Stratégie de réduction de la pauvreté de 2008 du Libéria estime que près de deux-tiers de ses citoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

C’est la troisième fois qu’Inga fréquente le tout petit centre de santé public à Slipway, construit pour servir 15.000 membres de la communauté. Elle recevra très probablement un sachet de sel de réhydratation orale (SRO) et une cuillerée de protéines d'un sachet en plastique dans la salle d'alimentation, dans une autre pièce derrière.

Toutefois, la capacité du centre de santé n'arrive pas à s'occuper des cas graves d'enfants malnutris souffrant de diarrhée et de déshydratation critiques. Ils sont renvoyés vers les hôpitaux publics, et raccordés aux tubes d'alimentation et aux perfusions intraveineuses (IV) pour leur donner plus d’énergie.

Cette année, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a renouvelé des appels pour des traitements complémentaires par le zinc pour la diarrhée pouvant aller jusqu'à deux semaines, ce qui "diminue la durée et la gravité de l'épisode et la probabilité d'infections subséquentes dans les deux à trois mois après le traitement".

L’OMS ajoute : "Le SRO et le zinc à osmolarité faible sont peu coûteux, sûrs et faciles à utiliser et ont le potentiel de réduire considérablement la morbidité et la mortalité dues à la diarrhée".

Alors qu’une faible osmolarité - une formule contenant une faible concentration de sel – et les stocks de SRO sont disponibles au Libéria, les traitements par le zinc ne sont pas encore formellement introduits. Dr Vivian Kpeh, qui dirige le centre de santé de Slipway avec l'aide de Merlin, la charité de santé internationale, travaille au ministère de la Santé pour régler cette question.

"Si nous avons inclus le zinc dans nos conseils, notamment avec les enfants de moins de cinq ans, on pourrait obtenir de bons résultats au lieu de renvoyer les enfants pour d'autres traitements", explique Kpeh. "Peut-être que la déshydratation grave ne se produira pas, parce que nous avons arrêté la diarrhée".

A cinq heures de route de la capitale, le long des routes boueuses qui sont presque impraticables à l’intérieur pendant la saison des pluies, les jeunes patients de l'hôpital public Chief Jallah Lone, dans la ville rurale de Bopolu, partagent les mêmes maladies mortelles que leurs homologues urbains.

Esther Floumo, une mère de 21 ans et agricultrice, dont le mari a été tué pendant la guerre civile, est ici avec son troisième enfant, Caroline, âgée d’un an.

Reliée à une perfusion IV, Caroline souffre de malnutrition, de diarrhée, des vomissements et de déshydratation sévères après avoir été nourrie sous un régime constant de bouillie de riz brûlé écrasé, mélangé avec de l'eau de puits non traitée.

Caroline se sent lentement mieux; quand elle est arrivée au début à l'hôpital une semaine auparavant, elle a dû être nourrie de force à travers un tube.

"Il y a un système d’assainissement très mauvais ici", confie Bennie Clarke, l’infirmière du service de nuit. "La plupart des gens n'ont pas de toilettes dans leurs maisons; ils utilisent le fleuve ici ou les latrines. Les gens lavent leurs vêtements, prennent l'eau du fleuve pour faire la cuisine".

"Nous soignons des malades comme Caroline avec le SRO, et si le cas est sévère, avec la perfusion IV", dit-il.

"Nous avons l'habitude d'avoir du zinc, mais nous en connaissons une pénurie", soupire-t-il. "Disons qu’il y a trois ou quatre mois, nous l'avions ici. 'Christian Aid' nous en fournissait. Ils aident seulement, envoyant des stocks".

"Le traitement par le SRO avec le zinc - en tant que politique - est accepté au Libéria", explique Dr Bernice Dahn, médecin-chef au ministère de la Santé.

"C'est juste une question d'obtenir le traitement par le zinc... Cela signifie que nous au ministère de la Santé, nous ne nous sommes pas focalisés sur la fourniture de cela. Actuellement, nous avons une grande quantité de SRO dans le pays, c'est ce que nous utilisons pour l'instant.

"Mais nous n'avons pas de zinc actuellement... Il fait partie de notre liste de médicaments essentiels. Nous sommes en train de faire une révision de la liste des médicaments essentiels, et j'espère que nous l’aurons l'année prochaine".

"L'accès aux soins de santé en général est très faible au Libéria, il se situe à environ 40 à 41 pour cent", affirme Dr Musu Duworko, conseiller de l’OMS sur la santé familiale et la population au Libéria.

"Nous avons tout un problème avec le système de distribution. (Les stocks) pourraient être à l'entrepôt ici à Monrovia ou au dépôt du comté, et pas disponibles au niveau du centre de santé du comté... Les centres de santé plus proches sont accessibles, mais il en existe certains où même les motos ne peuvent pas aller".

Avec le manque d'accès, de capacité et de médicaments, combiné avec des conditions d’assainissement épouvantables du pays, le ministère de la Santé a du pain sur la planche...

"Beaucoup doit être fait pour aider le Liberia à se rapprocher de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement par rapport à l'assainissement", déclare Sitali de Oxfam UK. "Sans un effort consenti, ce sera un rêve tiré par les cheveux et des vies continueront par être en danger". (FIN/2009)

 

 

 

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