CHANGEMENT CLIMATIQUE Tout reste à réaliser Mantoe Phakathi* COPENHAGUE, 18 déc (IPS/TerraViva) - "Il est maintenant clair - que nous n’obtiendrons pas un accord contraignant, à la fin de la journée de demain", a affirmé jeudi Erich Pica, le président de 'Friends of the Earth-United States' (Amis de la terre - Etats-Unis).
Les nations industrialisées sont en train d’enfoncer leurs têtes dans le sable et les pays pauvres semblent être obligés de continuer à supporter le fardeau du réchauffement climatique. Les manifestations, les dépliants, les informations des médias et toutes sortes de pression, pour amener les pays occidentaux à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et dédommager les pays pauvres avec des ressources financières et la technologie, semblent être tombés dans les oreilles de sourd.
A l'intérieur de Bella Center, l’endroit où se tient, du 7 au 18 décembre, à Copenhague, la 15ème Conférence des parties (COP15) à la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, les dirigeants venus de différentes parties du monde ont plus ou moins rendu le même message sur les impacts du changement climatique et la raison pour laquelle il est important d'aider les pays pauvres.
Les Etats-Unis ont stimulé beaucoup d'intérêt de nombre de médias lorsque la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a déposé les cartes de son gouvernement sur la table. Mais sa proposition d’un financement de 100 milliards de dollars par an, à partir de 2020, a confirmé l'arrogance du monde développé: le Sud est à la recherche d'un engagement immédiat pour quelque 200 milliards de dollars par an pour l'atténuation, l'adaptation et les transferts de technologie.
Ce plan américain prendrait une décennie pour réaliser la moitié de ce qui doit être disponible selon les pays en développement. Clinton a insisté là-dessus en rendant même cette offre limitée conditionnelle aux pays comme la Chine et la Russie s'engageant sur des actions transparentes de réduction des émissions.
"Les pays développés tentent maintenant de pousser la responsabilité vers les pays en développement afin que lorsqu'un accord ne sera pas trouvé demain, ils accusent la Chine ou la Russie d’avoir refusé de coopérer", a déclaré Pica.
D'autres observateurs ont également noté que la proposition américaine est muette sur des questions pratiques telles que l’endroit d’où viendra l'argent, la façon dont le fonds augmentera au fil des années, et très obscure sur le moment où il prendrait fin.
Plusieurs chefs d'Etat, que ce soit à dessein ou par défaut, semblent se dérober à cette réunion. Le Premier ministre indien, Singh Mohamed, qui était censé prendre l'avion de l'Inde pour Copenhague jeudi après-midi, aurait été retardé en raison d'un problème technique sur son avion.
Ce retard signifie qu’un consensus entre les quatre plus grandes économies en développement – la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud - dont les dirigeants étaient censés se réunir jeudi soir, prendra plus de temps à sortir.
Le président américain, Barack Obama, ne s’est pas également présenté jeudi, reportant une allocution très attendue à la Conférence.
Un document interne du secrétariat de l'ONU, divulgué, indique clairement combien reste à faire: l’évaluation des promesses de réduction des émissions des nations industrialisées, qui font partie du Protocole de Kyoto et les offres volontaires de tous les autres, la hausse prévue de la température sera d'environ trois degrés.
Le dernier jour des négociations se lève maintenant avec tout ce qui reste à réaliser: un fossé béant demeure entre les grands blocs de pays, entre les négociations à Bella Center et les exigences de la société civile, et - encore - entre ce que les marchés peuvent concevoir et ce qui, selon les scientifiques, constitue le minimum nécessaire pour protéger la diversité de la vie sur cette planète.
*Cet article apparaît en ligne dans le bulletin TerraViva de IPS, 'TerraViva online daily on COP15' http://www.ips.org/TV/copenhagen/, publié quotidiennement pour la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague.
(FIN/2009)
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