Inter Press Service News Agency
21:20 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   ČESKY
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   POLSKI
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
RSS / SML
PrintSend to a friend

RWANDA
Payer les frais scolaires en banque: moins risqué mais plus compliqué
Djalia Bazubagira*

KIGALI, 12 mars (IPS) - Au Rwanda, les frais de scolarité doivent désormais être payés à la banque sur le compte de l'école. Les enfants ne risquent plus de se faire voler, les comptables ne sont plus tentés par ces liquidités et le travail des gestionnaires est simplifié. Mais accéder aux guichets n'est pas facile pour tout le monde.

Parents et élèves se sont bousculés cette année devant les guichets des banques, au Rwanda, avant la rentrée de début février pour payer les frais de scolarité. "J'ai dû tout arrêter pour consacrer une demi-journée à suivre une longue queue devant le guichet pour verser le minerval (frais de scolarité) de ma fille. Sans bordereau de versement, la direction de l'école va la renvoyer", témoignait, en janvier, un parent de Kigali, impatient sous un soleil accablant, devant le guichet d'une banque de Nyabugogo.

Aujourd'hui, les frais de scolarité sont payés sur le compte bancaire des écoles. Le gouvernement a imposé cette mesure à tous les établissements publics et les privés l'ont vite adoptée. "Ainsi, les élèves voyagent avec un bordereau seulement sans être obligés de cacher les sous", remarque le comptable d'une école secondaire.

Auparavant, l'argent des élèves à la rentrée était, pour les bandits, comme une manne tombée du ciel. Dans les gares routières et les lieux publics, les voleurs rôdaient. De nombreux élèves arrivaient à l'école en pleurs après s'être fait voler leurs frais de scolarité. Pour Dushimiyimana, un taximan de Kigali, la capitale rwandaise, "ce système a soulagé les chauffeurs qui étaient mis en cause quand un élève perdait l’argent dans leur véhicule".

Finies les tentations

Selon Epimaque Nayigiziki, enseignant au lycée de Nyanza, dans le sud du Rwanda, le virement des frais de scolarité sur un compte a également diminué les disputes dans les écoles. "Certains élèves arrivaient tard dans la nuit et ne payaient pas leur minerval tout de suite. Le lendemain, des bagarres naissaient dans les dortoirs lorsque les uns suspectaient d'autres d'avoir volé leurs frais scolaires", explique-t-il. "Aujourd'hui, ceux qui viennent sans avoir payé à la banque confient l’argent à l’un des éducateurs qui paye pour eux, ou qui leur remet cet argent le matin pour aller payer".

Certains enfants pouvaient aussi grignoter quelques sous sur les frais de scolarité et faire croire qu'ils s'étaient fait voler. "Je n'ai jamais payé la totalité du minerval. Chaque fois, je prenais au moins 5.000 francs rwandais (FRW, environ neuf dollars), et je disais à l'intendant de l'école que j'apporterais le reste au trimestre suivant", témoigne un jeune élève de Nyamirambo, à Kigali.

Le virement des frais de scolarité aide les parents qui ne peuvent pas payer de gros montants d'un seul coup. "Puisque je ne peux trouver plus de 200.000 FRW (environ 350 dollars) d’un seul coup, chaque fois que je gagne un peu d’argent, je le verse sur le compte des écoles de mes trois enfants. Au moment de la rentrée, les enfants apportent plusieurs bordereaux correspondant aux paiements par tranches", souligne Evariste Niyonzima, un habitant de Kigali.

"On n'est plus tenté de toucher à l'argent de l'école, car il n'y a pas de liquidités qui traînent dans la caisse", reconnaît le comptable d’une école secondaire de la capitale.

La chasse aux bordereaux

"Sans bordereau de versement des frais scolaires, aucun élève n'est admis à l'école", affichaient des directions des établissements à l'approche de la rentrée. La décision est rigoureuse et aucun paiement liquide ne peut plus être accepté. Ainsi, de nombreux nouveaux élèves, qui devaient retourner à l'école le 30 janvier, ont dû attendre l'ouverture des banques après trois jours de congé.

"J'ai amené mon enfant avec l'argent, mais la direction a refusé de le recevoir, car le minerval n'était pas payé en banque", témoigne un parent de Kamonyi, dans le sud. Les parents qui habitent loin des banques des écoles de leurs enfants, passent beaucoup de temps pour pouvoir payer et ramener le bordereau à l'école.

"Je dois couvrir plus ou moins 100 kilomètres pour arriver à une banque de l'école de ma fille", souligne un parent de Kayonza, dans l'est du pays, dont l’enfant a été classée au groupe scolaire de Byumba, dans le nord. La première banque où il peut verser les frais de scolarité se trouve à Kigali.

De nombreux parents se plaignent aussi des frais de banque qui viennent s'ajouter au montant versé. "A chaque versement, on doit payer aussi au moins 500 FRW (environ un dollar)", explique un gérant dans une banque de Kigali. "Quand on ne parvient pas à payer en une seule fois, on risque d'avoir beaucoup de frais supplémentaires".

*(Djalia Bazubagira est journaliste à Syfia, une agence de presse basée à Montpellier. Cet article est publié en vertu d'un accord de coopération entre l’agence de presse InfoSud et IPS). (FIN/2010)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
AFRIQUE: "Le libre-échange dans les ressources naturelles nuit au développement"
KENYA: Toujours pas de décision définitive sur les accoucheuses traditionnelles
MALAWI: La mesure d’économie du gouvernement coûte cher aux commerçants
AFRIQUE: Des promesses habituelles sur la santé infantile et maternelle
AFRIQUE AUSTRALE: Les jeunes vulnérables à la violence
ZIMBABWE: Des adolescentes enceintes fuient le traitement du VIH de peur d’être stigmatisées
BURKINA FASO: Une course engagée pour les OMD liés à l’assainissement
ZAMBIE: Appels aux partis politiques pour 50 pour cent de femmes candidates aux élections
SANTE: Le droit des Kenyans à des médicaments abordables entre les mains de la Cour
KENYA: Même souche du VIH chez les homosexuels et les hétérosexuels
A lire également >>
 
  Actualité internationale
MALAWI: La mesure d’économie du gouvernement coûte cher aux commerçants
AFRIQUE DU SUD: Le traumatisme des enfants s’occupant des parents séropositifs
CHINE-NIGERIA: Une nouvelle raffinerie prévue pour la Zone franche de Lagos
MEXIQUE-BIODIVERSITE: Le Mexique veut interdire les animaux exotiques
MOZAMBIQUE: Les femmes sont prioritaires dans la lutte contre le changement climatique
EGYPTE-TOURISME: Pétrole et tourisme, un cocktail contre nature pour l'Egypte
UE-AGRICULTURE: L’Europe veut plus d'espace pour les cultures transgéniques
ZAMBIE: "Des privatisations en cascade"
RD CONGO: L'admission aux PPTE ne résout pas encore les problèmes de pauvreté
DROITS-MAURICE: Les pauvres étrangers travaillent comme "esclaves modernes"
A lire également >>
 
 More News
News in RSS
Families of Dead U.S. Vets Accuse Insurer of Massive Scam
Haitian Immigrant Street Peddlers Try to Get a Leg Up
CUBA: Village with English Past, Ecological Present
BURKINA FASO: Race to Achieve Goals on Sanitation
POLITICS: Temple Row Sours Thai-Cambodian Ties - Again
More >>