Inter Press Service News Agency
21:08 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   ČESKY
   DEUTSCH
   ITALIANO
   JAPANESE
   NEDERLANDS
   POLSKI
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
RSS / SML
PrintSend to a friend

SENEGAL
L’irrigation locale, le levier du développement rural
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 19 mars (IPS) - En quatre ans d’intervention, le Projet d’appui à la petite irrigation locale (PAPIL) a dépensé plus que cinq milliards de francs CFA (environ 10,5 millions de dollars US) dans la culture irriguée au Sénégal, et plusieurs communautés rurales bénéficient de ses actions de développement économique et social.

Malgré l’optimisme suscité par les résultats du PAPIL considérés comme satisfaisants, le projet est confronté, selon son coordonnateur, Amadou Baba Sy, à quelques difficultés auxquelles il faut remédier pour lui permettre d’accroître sa performance et de s’élargir à l’échelle nationale. Ces difficultés sont liées notamment au retard dans l’exécution et à un gap de financement.

Pour développer l’agriculture et la sécurité alimentaire, une convention a été signée en février entre l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et le PAPIL dans le but de définir un cadre de collaboration, de cogestion et de cofinancement de leurs activités communes afin de pérenniser le projet comme outil de développement à la base, déclare Sy à IPS.

Au total 207 microprojets pour un montant de 766,3 millions de francs CFA (environ 1,6 million de dollars) sont mis à la disposition des communautés rurales, avec 63 microprojets pour Fatick, dans l’ouest du Sénégal; 72 microprojets pour Kolda (sud-est); 40 microprojets pour Tambacounda (centre-est); et 32 microprojets pour Kédougou (sud-ouest du pays), indique-t-il.

Les microprojets comprennent 34 pour l’hydraulique 35 pour l’éducation, 10 pour la santé, et 98 pour l’équipement post-récolte.

Par ailleurs, a indiqué Sy, «Les activités de production de plants et de reboisement, d’ouverture et d’entretien de pare-feux, d’ouverture et d’entretien des parcours à bétail, ont été menées dans les différentes zones avec souvent des objectifs quantitatifs dépassés». Il a ajouté qu’un programme d’information, d’éducation et de communication avec production d’outils de sensibilisation, a été également mené par les centres médicaux régionaux sur les maladies d’origine hydrique.

Sy souligne toutefois que la crise financière et alimentaire persistante, les effets néfastes des changements climatiques, les inondations consécutives aux pluies diluviennes, l’avancée du désert, l’érosion côtière et la disparition des écosystèmes ont été des obstacles qui ont freiné certaines réalisations du PAPIL.

Jeffrey Povolny, directeur du Programme USAID/Wula Nafaa (signifie "Avantages de la forêt" en bambara) au Sénégal, a pour sa part indiqué que l’USAID s’est rendu compte de la nécessité de travailler avec le PAPIL dans l’optique d’aider l’Etat sénégalais à améliorer ses activités et politiques agricoles.

«Nous sommes dans la même zone d’intervention. C’est pourquoi nous avons jugé normal de mettre en synergie nos efforts et de travailler ensemble pour une meilleure rentabilité», explique-t-il. L’objectif général du programme USAID/Wula Nafaa est de contribuer à la réduction de la pauvreté et au développement local durable, en augmentant le revenu des producteurs ruraux et des communautés locales, a-t-il ajouté à IPS.

En quatre ans, le projet a réalisé 65 pour cent de ses objectifs de maîtrise d'eau, notamment dans la politique anti-sel afin de récupérer des sols pour une bonne productivité agricole et pour contribuer à la sécurité alimentaire, selon son rapport d’activité.

«Grâce à la politique anti-sel initiée par le PAPIL, plus de 2.000 hectares de sols ont pu être récupérés et plus de 6.000 hectares sont en ce moment sécurisés», indique le rapport.

Selon Wally Guéye, conseiller technique au ministère de l’Environnement, les volumes importants d’eau stockés au niveau des sites d’intervention ont permis au PAPIL de faire augmenter le potentiel de terres cultivables de 241 hectares en 2003 contre 2.614 hectares en 2009.

De même, ces volumes d’eau ont contribué à un accroissement des rendements rizicoles de moins d’une tonne/hectare en 2003 à trois et six tonnes/hectares en 2009, au développement de la production rizicole, horticole et maraîchère de contre-saison, à une autosuffisance en riz, pour six à huit mois, des populations des villages polarisés par les sites aménagés et valorisés : Fatick, Tambacounda, Kédougou et Kolda.

«Le projet a aussi aidé à une augmentation de plus de 50 pour cent des revenus de plus de 6.000 exploitants, une recharge des nappes avec une remontée d’eau douce (puits, forages, puits maraîchers), la mise en œuvre de... microprojets (adduction d’eau potable et assainissement), la lutte anti-sel, la récupération de plus de 2.100 hectares de terres salinisées, la protection et la sécurisation de plus de 9.800 hectares de terres menacées de salinisation», explique Guéye à IPS.

Selon Ibrahima Diouf, coordonnateur d’un groupement d’agriculteurs ayant bénéficié du projet à Fatick, depuis plus de trois ans, la culture et le rendement du riz ont considérablement augmenté. «Notre groupement, qui regroupe plus de cent personnes, a plus de cinq hectares de riz... Actuellement, on est bien suivi par le PAPIL, surtout dans le domaine de l’irrigation. Nous exerçons aussi dans le maraîcher, et c’est vraiment rentable», déclare-t-il à IPS.

Famara Sarr, le vice-président du Conseil régional de Fatick, estime qu’il est important d’inciter l’Etat à mettre plus de ressources à la disposition du projet d’autant plus que l’intervention du PAPIL est une aubaine pour les populations.

«Le problème de financement empêche le PAPIL d’atteindre environ 65 pour cent des superficies aménagées et 70 pour cent des productions additionnelles. Cet état de fait engendre une diminution du nombre de sites touchés», affirme-t-il. «Le projet doit être pérennisé afin d’accompagner les populations dans les activités de développement dans lesquelles tout le monde trouve son compte». (FIN/2010)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
AFRIQUE: "Le libre-échange dans les ressources naturelles nuit au développement"
KENYA: Toujours pas de décision définitive sur les accoucheuses traditionnelles
MALAWI: La mesure d’économie du gouvernement coûte cher aux commerçants
AFRIQUE: Des promesses habituelles sur la santé infantile et maternelle
AFRIQUE AUSTRALE: Les jeunes vulnérables à la violence
ZIMBABWE: Des adolescentes enceintes fuient le traitement du VIH de peur d’être stigmatisées
BURKINA FASO: Une course engagée pour les OMD liés à l’assainissement
ZAMBIE: Appels aux partis politiques pour 50 pour cent de femmes candidates aux élections
SANTE: Le droit des Kenyans à des médicaments abordables entre les mains de la Cour
KENYA: Même souche du VIH chez les homosexuels et les hétérosexuels
A lire également >>
 
  Actualité internationale
MALAWI: La mesure d’économie du gouvernement coûte cher aux commerçants
AFRIQUE DU SUD: Le traumatisme des enfants s’occupant des parents séropositifs
CHINE-NIGERIA: Une nouvelle raffinerie prévue pour la Zone franche de Lagos
MEXIQUE-BIODIVERSITE: Le Mexique veut interdire les animaux exotiques
MOZAMBIQUE: Les femmes sont prioritaires dans la lutte contre le changement climatique
EGYPTE-TOURISME: Pétrole et tourisme, un cocktail contre nature pour l'Egypte
UE-AGRICULTURE: L’Europe veut plus d'espace pour les cultures transgéniques
ZAMBIE: "Des privatisations en cascade"
RD CONGO: L'admission aux PPTE ne résout pas encore les problèmes de pauvreté
DROITS-MAURICE: Les pauvres étrangers travaillent comme "esclaves modernes"
A lire également >>
 
 More News
News in RSS
Families of Dead U.S. Vets Accuse Insurer of Massive Scam
Haitian Immigrant Street Peddlers Try to Get a Leg Up
CUBA: Village with English Past, Ecological Present
BURKINA FASO: Race to Achieve Goals on Sanitation
POLITICS: Temple Row Sours Thai-Cambodian Ties - Again
More >>