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AGRICULTURE
Une solution abordable contre les insectes nuisibles
Keya Acharya

LAKE VICTORIA, Kenya, 22 avr (IPS) - Le Centre international de physiologie végétale et d'écologie (ICIPE), basé à Mbita, sur les rives kényanes du deuxième plus grand cours d'eau douce du monde, préconise "la culture push-pull" comme étant la solution à l'alimentation des générations futures en Afrique.

Jusqu'à 30.000 petits fermiers en Afrique de l'est, principalement au Kenya, ont adopté cette méthode naturelle de lutte contre les insectes nuisibles et les mauvaises herbes dans la production de maïs, la culture de base du pays.

La culture push-pull consiste à alterner la plante desmodium avec le maïs sur un lopin de terre, et à y planter l'herbe napier comme lisière sur tous les côtés.

Le desmodium repousse ou pousse le foreur de tige - un grand insecte nuisible - du maïs, et maîtrise le striga, la mauvaise herbe dominante; le napier attire, ou tire l'insecte perforant vers elle.

Environ 25.375.000 d'hectares en Afrique sub-saharienne sont utilisés pour la culture du maïs, dont 6.122.000 ha sont touchés par le striga, la mauvaise herbe parasite, qui étrangle le plant de maïs.

L’Afrique de l'est perd 7 milliards de dollars de maïs à cause du striga et près de 5 à 6 milliards de dollars du fait de l’insecte parasite rongeur des tiges de céréales, selon l'ICIPE.

Ce système sans produits chimiques contre les insectes nuisibles a été développé par les scientifiques de l’ICIPE en collaboration avec Rothamsted Research au Royaume-Uni, l’Institut de recherche agricole du Kenya et plusieurs partenaires nationaux, avec le financement de Trust Kilimo (Afrique de l'est), la Fondation Gatsby (Grande-Bretagne) et Biovision (Suisse).

Les agriculteurs peuvent peut-être opter pour l'utilisation d'engrais sur un champ push-pull, mais le desmodium retient l'humidité dans le sol et fixe sa teneur en azote au taux de 110 kilogrammes par hectare chaque année.

La plante reste dans le champ après la récolte du maïs, et est simplement taillée pour permettre une nouvelle plantation de maïs.

"C'est la solution à la sécurité alimentaire en Afrique", déclare Dr Zeyaur Khan, scientifique principal développant le projet push-pull à l'ICIPE. "Cela fournira le nombre magique de 2 (dollars) et plus en Afrique".

Khan affirme que les fermiers en Afrique cesseront de migrer vers les villes à la recherche de revenus s'ils peuvent gagner plus de 2 dollars par jour dans leurs champs.

Khan indique que la production de maïs par les agriculteurs qui utilisent la méthode est passée de moins d'une tonne par ha auparavant à 3,5 tonnes par ha, une augmentation qui assure l'alimentation pendant toute une année à une famille de petits fermiers.

Le desmodium et le napier sont des graminées fourragères qui aident aussi à la production du bétail et du lait, en plus du fait qu’elles fournissent un revenu supplémentaire par la vente de ses semences.

Au village de Ebukanga près de Mbita, Agnès Mbuvi, 45 ans, indique que sa production de maïs sur son lopin de terre de 50 mètres sur 40 est passée d’un demi-sac (45 kilos) à incroyablement 6 sacs (540 kilos) de maïs par récolte.

"J'ai assez de lait pendant toute l'année, suffisamment de vivres, le sol est facile. Je suis heureuse", exulte-t-elle.

Mbuvi, une veuve, ajoute également que le revenu supplémentaire provenant de la vente du surplus de maïs et de lait l’a aidée à élever ses enfants.

Non loin de là, Elfas Ameyo, 50 ans, un plombier à temps partiel, témoigne que son lopin de terre "push-pull", encore plus petit, lui produit maintenant 2 sacs ( 180 kg ) de maïs, au lieu d’un 'debe' (boîte de 16 kg ) qu’il obtenait auparavant.

"L'éducation scolaire permet de changer les esprits des gens", dit-il, expliquant la raison pour laquelle son voisin n'a pas encore adopté le système malgré le fait qu’il voit l’augmentation énorme de son rendement.

"Nous n'avons pas besoin d'argent; nous avons besoin de technologie appropriée", déclare Khan, qui critique les semences et les engrais des organismes multinationaux et des donateurs internationaux soutenant le don de semences et d'engrais chimiques aux agriculteurs en Afrique.

L’ICIPE est maintenant en train de tester l'efficacité de la méthode push-pull dans la culture du riz, et contre le ver de la capsule du coton, deux fonctions qui augurent de bonnes nouvelles pour des millions de petits agriculteurs d'Asie.

Dans le contexte des changements climatiques, l'ICIPE encourage les fermiers à produire du coton comme deuxième culture en plus d'une culture vivrière.

Les racines de la plante de coton produisent aussi des flavinoïdes et isoflavinoïdes chimiques, semblables à la racine du desmodium, qui aident à tuer la mauvaise herbe striga.

Cependant, l'herbe napier a développé une maladie appelée 'retard de croissance de napier' qui nuit à sa croissance et tue lentement la plante. La recherche est maintenant en cours à l'ICIPE avec une espèce indigène de napier qui résiste au retard de croissance.

"Il y a dix ans, cette maladie n'a pas été découverte chez le napier", souligne Khan. "Nous constatons aujourd'hui que c'est une bactérie phytoplasmique, transmise par un insecte, la sauterelle, à l'herbe de napier, et venue de l'herbe. C'est la menace pour l'avenir", déclare Khan.

Toutefois, en attendant, le système push-pull agricole offre également un système d'atténuation des changements climatiques par sa rétention de l'humidité et sa capacité de résister aux sécheresses. (FIN/2010)

 

 

 

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