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NAMIBIE
Les femmes sont-elles en train d’être stérilisées de force?
Servaas van den Bosch

REHOBOTH, Namibie, 4 juin (IPS) - Un procès historique, prétendant que des femmes séropositives ont été stérilisées de force dans des hôpitaux publics en Namibie, a commencé le 1er juin à la Haute cour à Windhoek, la capitale du pays.

Des groupes de défense des droits humains affirment que la pratique a continué longtemps après que les autorités ont été informées.

Le Centre d'assistance juridique (LAC) basé à Windhoek est en train de défendre 15 cas présumés de stérilisation forcée. Les cas de trois femmes seront entendus au début. Chaque femme demande l'équivalent de 132.000 dollars US de dommages et intérêts.

Les stérilisations étaient découvertes pour la première fois par la Communauté internationale des femmes vivant avec le VIH (ICW).

"Les premiers cas sont apparus au cours des réunions communautaires au début de 2008. Dans les mois qui ont suivi, nous avons interrogé 230 femmes, parmi lesquelles 40 ont été stérilisées contre leur gré", déclare Veronica Kalambi de l’ICW.

"En août 2008, nous avons formellement alerté le ministère au cours d'une réunion avec le vice-ministre".

Bien que l'Etat affirme que des fiches de consentement ont été signées dans tous les trois cas, les avocats des femmes soutiennent que le processus nécessaire pour un "consentement éclairé" n'a pas été suivi et que ces femmes ont été forcées, ou n’ont pas compris la procédure.

"Stérilisation des femmes"

Pendant ce temps, de nouveaux cas sont apparus dans une ville située à 80 kilomètres au sud de Windhoek, insinuant que la pratique s'est poursuivie même après que le ministère de la Santé a été informé des problèmes.

"Je n'ai jamais signé une fiche de consentement", affirme Maria Oubaas (un nom d’emprunt). "Après que j’ai accouché, on m'a simplement dit que je serais 'stérilisée'".

L'opération a duré environ 15 minutes. Nous étions nombreuses. Une femme, qui a vu que je ressentais de douleur après la stérilisation, a refusé de subir l'intervention chirurgicale, mais l'infirmière lui a promis des habits - une jupe rouge et des souliers rouges - si elle allait jusqu'au bout".

Cette femme de 35 ans montre sa cicatrice. Tous les six enfants d’Oubaas sont nés par voie basse, mais une courte ligne blanche défraîchie sur son ventre demeure suite à une opération qu’elle affirme avoir subie le 1er février 2006, un jour après qu'elle a donné naissance à sa fille cadette à l’Hôpital Ste Mary de Rehoboth.

"A ce jour, je ne connais pas la nature exacte de la stérilisation et je ne sais pas si elle est réversible", déclare Oubaas, qui craint de perdre son nouveau petit ami à cause de son incapacité à concevoir.

Elle n'est pas seule. L’ICW affirme qu’elle a enquêté sur cinq cas de stérilisation forcée dans cette ville sous-développée.

IPS a vu les carnets médicaux de deux des femmes de Rehoboth qui déclarent avoir été stérilisées contre leur gré.

Un dossier mentionne la stérilisation par la ligature des trompes en 2005, mais cette femme a été transférée en avril 2010 à Windhoek avec une éventuelle grossesse extra-utérine, après que des tests ont confirmé qu'elle était enceinte - indiquant que la stérilisation peut ne pas avoir été effectuée correctement.

L'autre stérilisation a eu lieu en septembre 2008, après que le ministère de la Santé a été informé des déclarations.

"Les cas de Rehoboth ont eu lieu entre 2005 et 2009, mais on signale que des stérilisations involontaires se sont poursuivies jusqu’à cette année", confie Kalambi.

Les militants des droits des femmes estiment qu’au moins 15 femmes se sont présentées déclarant avoir été stérilisées en 2009 et 2010, après que le ministère de la Santé a été informé de la pratique.

"Nous disposons de la documentation pour cinq de ces cas", indique Kalambi. "Le cas le plus récent a eu lieu en février 2010".

Des accusations rejetées

Dans la salle d'opération de Ste Mary, l’infirmière de deuxième classe, Maria Shanyengange, qui aide au cours des opérations de stérilisation, secoue la tête.

"De telles choses ne se produisent pas ici", soutient-t-elle catégoriquement.

"Nous avons environ dix stérilisations par mois, même si ce nombre a récemment chuté pour passer à cinq", dit-elle à IPS. Dans chaque cas, l'infirmière ou le médecin informe la patiente. Quand elle sort de la salle, je vérifie les documents et confirme verbalement qu’elle est informée de la procédure".

"Absolument impossible". Dr Georg Judmann, médecin-major à Ste Mary, est également catégorique. "Les fiches de consentement sont signées dans chaque cas. Si la patiente ne parle pas anglais, une infirmière traduira la fiche.

"Il y a eu des cas où nous sentons qu'il existe un doute du côté de la patiente, ou qu’elle est encore jeune et peut regretter la décision plus tard. Alors, nous intervenons et arrêtons la procédure. Nous conseillons aux femmes de rentrer chez elles et d’y réfléchir, de parler à leur partenaire et de consulter l’assistant social à la clinique de la HAART (Thérapie anti-rétrovirale très active)".

Selon Mark Nonkes du LAC, les trois cas à la Haute cour de Windhoek - unique en Afrique - sont les premiers d’une série de 15 cas qui seront entendus dans les mois à venir, avec les femmes demandant une indemnisation pour violation de leurs droits civils.

"En signe de solidarité avec les femmes, une coalition d'organisations de la société civile à travers l'Afrique australe envisage de mener plusieurs activités afin qu’elles coïncident avec les dates du procès. Des sit-in dans les hôpitaux, une marche de soutien de masse, une soumission de pétition et des manifestations devant les ambassades de la Namibie en Zambie et en Afrique du Sud sont prévus", déclare le LAC dans un communiqué de presse.

Que les tribunaux constatent une faute professionnelle ou pas, Judmann craint que le dommage a été fait. "Les accusations et la publicité qu'elles génèrent obligent les médecins à refuser d’opérer. Les médecins peuvent devenir plus réticents à effectuer des stérilisations s’ils risquent d'être traînés à travers les médias. Cela privera les patientes de soins de santé adéquats".

Kalambi déclare: "Nous ne disons pas de ne pas opérer pas, mais assurez-vous que les femmes sont correctement informées bien avant le moment de donner naissance, par exemple au cours des séances prénatales, de sorte qu'elles aient le temps d'examiner leurs options". (FIN/2010)

 

 

 

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