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COTE D’IVOIRE
Les vieux colatiers font place à de jeunes plants
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 17 juin (IPS) - Entre les vieux colatiers géants de sa plantation de Yakassé-Mé, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, Mathurin Atsé, 64 ans, met de nouveaux plants de cola. Jusqu’à ce mois de juin, il a planté cinq hectares, et il compte atteindre huit hectares d’ici à la fin de l’année.

La première opération qu’il avait effectuée en juillet 2009 lui avait permis de réaliser deux hectares. "Dans deux à trois ans, je devrais bénéficier des premières récoltes. Mais le plus important est de savoir que ma production va surtout croître, les anciens plants ne produisant plus assez comme il y a dix ans", explique-t-il à IPS.

Atsé assure toutefois pouvoir survivre avec les revenus annuels de huit millions francs CFA, (environ 16.000 dollars) que lui procureront les vieux colatiers pendant cette période de transition entre anciens et nouveaux plants.

En fait, d’une production moyenne de 200 tonnes de noix de cola entre 2000 et 2006 pour ses dix anciens hectares de colatiers, Atsé est passé à 125 tonnes en 2007-2008. "En deux années, j’ai connu une chute incompréhensible de ma production. Alors que depuis une décennie, les récoltes étaient très bonnes", raconte-t-il.

"J’avais toujours pensé qu’un mauvais sort m’avait été lancé", indique, pour sa part, Germain N’dri, 68 ans, producteur dans la même localité. Il a vu ses 150 tonnes de cola produites annuellement depuis 1998 sur huit hectares, fondre de moitié en 2008.

"Il a fallu les explications de nos conseillers agricoles, l’année dernière, pour comprendre que nos vergers étaient vieillissants", reconnaît Atsé.

Depuis, ces deux importants producteurs de cola de la région d’Adzopé, dans le sud-est, ont décidé de procéder au renouvellement des plants de leurs vergers. Ceci à partir des semences sélectionnées dans les centres de pépinières de cola installés dans le pays par le Centre national de recherche agronomique et l'Association des producteurs et exportateurs de cola de Côte d'Ivoire.

Pour Dramane Fondio, président de l'association, les quelque 100.000 tonnes, produites annuellement par la Côte d’Ivoire, et qui en font le deuxième producteur mondial derrière le Nigeria, restent insuffisantes. D’autant plus que la demande est forte au niveau des grands consommateurs que sont les Etats-Unis, l’Inde, la Tunisie, l'Algérie, le Maroc, la France, l'Allemagne et l'Italie.

La filière ivoirienne de cola exporte, selon lui, environ 30 pour cent de sa production dans la sous-région, à partir du Mali où les producteurs disposent de magasins de stockage, tandis que 50 pour cent vont vers les autres continents.

Fondio demande donc aux autorités locales d’avoir un regard sur cette filière qui mobilise un chiffre d’affaire annuel de plus de 140 milliards FCFA (environ 280 millions de dollars), mais qui demeure encore dans l’informel.

Selon Fondio, c’est après une étude sur la filière que le ministère de l’Agriculture pourrait attribuer cette année un vrai statut à la noix de cola. Elle ne devrait plus être considérée comme une simple cueillette parce que les producteurs entretiennent désormais d’immenses plantations.

"Des centres de diffusion de pépinières ont été mis en place dans les zones de production (en moyenne 100 hectares), car nous voulons créer plus de 1.000 hectares de plantation par an et installer des unités de transformation en produits semi-finis ou finis (la noix de cola séchée et la cola en poudre) avant l’exportation", souligne-t-il à IPS.

"La filière ivoirienne de cola a des acquis importants qui lui permettent de se maintenir face à la progression des cultures de l’hévéa et du palmier à huile", souligne Daouda Traoré, un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture.

Traoré souligne toutefois à IPS que les progrès sont encore lents dans la transformation de la noix de cola en sous-produits de qualité exportables à cause de la méconnaissance des produits dérivés, mais aussi du fait que le milieu des producteurs n’est pas assaini en raison des crises récurrentes en leur sein.

"Depuis deux ans, des efforts d’organisation sont néanmoins en train d’être menés pour aplanir les divergences et surtout apporter de solutions aux problèmes de transformation. Car, c’est un secteur générateur d’emplois, et qui rapporte énormément d’argent aux producteurs", affirme-t-il.

Ces efforts visent notamment, selon lui, à amener les trois coopératives de producteurs de cola à accepter d’échanger des informations avec le ministère qui voudrait les aider à harmoniser leurs actions pour former un groupement d’intérêt plus fort.

Ancrée dans de nombreuses traditions africaines, la noix de cola, selon Arsène Kouamé, un spécialiste en génétique cola, joue un rôle social et thérapeutique. Dans la pharmacopée traditionnelle africaine, souligne-t-il, elle soigne, entre autres, des maladies comme l’infection pulmonaire, le manque d’appétit sexuel, l’insuffisance cardiaque...

"Par ailleurs, la noix de cola est utilisée lors des cérémonies de baptêmes, de mariages, et de funérailles et son usage symbolise l’hospitalité, l’amitié, le partage, l’entente et la solidarité sur le continent africain", ajoute Kouamé. (FIN/2010)

 

 

 

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