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KENYA
Un oui écrasant à la nouvelle constitution
Susan Anyangu-Amu

NAIROBI, 6 août (IPS) - Des supporters en liesse disent que c'est une aube nouvelle pour le Kenya après que les électeurs ont approuvé une nouvelle constitution. Environ 67 pour cent des suffrages exprimés ont avalisé une nouvelle constitution plus de deux décennies après la première annonce de cette réforme.

S'adressant à IPS peu après la proclamation des résultats, l’avocat expérimenté, Paul Muite, un ancien député, a exprimé sa joie pour la victoire, l’assimilant à l’allégresse ressentie à l'indépendance du Kenya en 1963.

"C'est la renaissance de l'Etat du Kenya en ce sens que les attentes de l'indépendance en 1963 n'ont jamais été réalisées. Ceux qui prenaient le pouvoir à l’époque marchaient sur les pas des maîtres coloniaux et les avantages socio-économiques finissaient dans les mains de quelques-uns", a déclaré Muite.

"C'est un rêve devenu réalité pour le Kenya. C'est la raison pour laquelle les Mau-Mau sont allés en guerre".

La nouvelle constitution a été présentée par beaucoup comme un document progressiste, la deuxième après celle de l'Afrique du Sud en termes des droits qu'elle protège.

Selon le commissaire Omar Hassan de la Commission nationale des droits de l'Homme au Kenya, la constitution proposée contient la Déclaration des droits la plus progressiste sur le continent.

"En tant que commission, nous sommes très fiers des larges avantages des droits humains dont jouiront les Kényans. La Déclaration des droits protègera et renforcera les capacités des Kényans", a indiqué Hassan.

La nouvelle constitution garantit, entre autres, les droits à la sécurité, au logement, à l’alimentation, à la vie, contre la discrimination et à la liberté d'expression.

Certaines dispositions contenues dans le projet de constitution modifieront considérablement le statut des femmes au Kenya.

La directrice générale de la Fédération des femmes juristes du Kenya, Grâce Maingi, a dit que la nouvelle constitution comporte la discrimination positive pour parvenir à la parité de genre au parlement. Elle garantit aux femmes un minimum d'un tiers des postes électifs et nominatifs au gouvernement.

"Conformément au projet de constitution, 47 sièges spéciaux ont été mis de côté pour les femmes au parlement", a souligné Maingi à IPS. "Lorsque les partis politiques nommeront 12 membres à l'auguste Chambre, ils devront accorder une attention particulière à la parité de genre – une dérogation évidente à ce qui a été la norme".

Dr Joachim Osur, un expert en santé de la reproduction, affirme que le projet de constitution garantira une meilleure santé pour la population du Kenya et les femmes en particulier.

"Les services de santé ont été centrés dans les zones urbaines. Et avec la décentralisation qui accompagne le projet de constitution, ces services seront rapprochés de la population, à travers la création des comtés qui auront leur propre budget, y compris un budget pour la santé", a déclaré Osur.

"Nous espérons un meilleur déploiement des agents de santé dans toutes les régions du pays, une meilleure nutrition et la fourniture des services de santé. Nous nous attendons à ce que davantage de femmes accouchent dans les hôpitaux et une nette amélioration des services de planning familial".

Pendant que la plupart des Kenyans jubilent, Muite avertit qu’il faudra de la vigilance pour s'assurer que les lois seront élaborées pour mettre en application les dispositions du projet de constitution.

"Nous devons maintenant nous réadapter et nous concentrer sur la mise en œuvre fidèle du projet de constitution. Les Kényans ont besoin de surveiller le parlement afin de s'assurer qu'il adopte les 50 ou plus de lois qu’il faut pour mettre en application la nouvelle constitution", a expliqué Muite.

Alors que le parlement devrait commencer immédiatement à adopter une loi pour donner une force pratique à la nouvelle constitution, il a prévenu que les Kényans ne devraient pas s'attendre à des résultats immédiats. La mise en application complète de la nouvelle constitution sera étalée sur une période de cinq ans.

La première étape est que le président déclare le projet de constitution comme la nouvelle loi du pays. Cela devrait se produire dans les 14 prochains jours après l’adoption.

Les politiciens opposés à la nouvelle constitution, dirigés par le ministre de l'Enseignement supérieur, William Ruto, ont reconnu leur défaite et félicité la Commission électorale indépendante intérimaire d’avoir travaillé assez bien. Cependant, d'autres dans le camp de ceux qui disent "Non", tels que le clergé, ont déclaré que le vote a été entaché de fautes professionnelles.

Le chanoine Peter Karanja, secrétaire général du Conseil national des églises du Kenya (NCCK), a appelé à des consultations sur le projet de constitution par rapport aux questions controversées.

Le NCCK s’est opposé au projet de constitution en se basant sur l'article 26 relatif au droit à la vie. La clause quatre - qui stipule que l'avortement peut être effectué lorsque, de l'avis d'un professionnel de santé formé, il y a une urgence médicale, ou si la vie ou la santé de la mère est en danger – est d’un intérêt particulier pour les églises.

L'église s’est également opposée à la reconnaissance de la compétence des tribunaux de khadi sur des questions de la loi musulmane. Les musulmans peuvent désormais choisir ce système judiciaire parallèle pour résoudre des questions à statut personnel, le mariage, le divorce ou l'héritage.

Pour l'instant, les Kényans sont engouffrés dans un esprit de célébration anticipant un avenir meilleur. (FIN/2010)

 

 

 

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