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RD CONGO
Des équipements agricoles pour améliorer la production
Emmanuel Chaco

KINSHASA , 9 août (IPS) - Pour accroître la production agricole et favoriser l’évacuation des récoltes vers les marchés, une organisation non gouvernementale italienne a offert 16 tracteurs et 200 charrettes à traction bovine à trois territoires dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC).

L’ONG 'Impreza-Servisi-Coodinati' (ISCO) a offert notamment ces équipements agricoles aux territoires du Bulungu, Idiofa et de Kahemba, dans le district du Kwilu, dans la province du Bandundu considérée comme l’un des greniers pour les quelque huit millions d’habitants de Kinshasa, la capitale de la RDC.

Selon Willy Bitwisila, ingénieur agronome et chef de projet adjoint de l’ONG, «ISCO, avec un financement de l’Union européenne en RDC, exécute des projets qui visent à garantir durablement la sécurité alimentaire et améliorer les revenus des ménages congolais. ISCO vise également le renforcement des organisations paysannes, la bonne gestion des ressources naturelles, la maîtrise de l'accès au marché pour les fermiers à travers l'amélioration des conditions de transport des produits agricoles».

Concernant les projets qui visent la sécurité alimentaire en RDC, l’Union européenne intervient à hauteur de 10 millions d’euros, pour une durée de trois ans. Ce financement contribuera aussi à la construction des ponts et à entretenir des routes de desserte agricole dans cette région agricole du Bandundu.

Barthélemy Ndenge, inspecteur chargé de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage dans la province, a expliqué à IPS que «cette action de ISCO s’inscrit dans une large vision du renforcement du plan provincial de développement agricole et vise à lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, premier devoir des autorités congolaises en vertu du premier objectif de la Déclaration du millénaire pour le développement».

«Le Bandundu est réputé comme une province essentiellement agricole : manioc, maïs, haricots, huile de palme, banane, ananas, courges, patates douces, légumes, millets, canne à sucre et plusieurs autres produits agricoles sont ses principales productions», a indiqué Badylon Kawanda, un journaliste et habitant à Kikwit, la capitale de cette province.

Kawanda constate cependant que «la population de la province vit dans une misère et une pauvreté indescriptibles à cause de la faiblesse de la production de tous ces produits du fait que les espaces cultivés sont petits, que les méthodes de défrichage des champs et de labour de la terre demeurent traditionnelles».

Selon le rapport 2009 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), «en moyenne trois paysans sur quatre vivent avec moins d'un dollar par jour au Bandundu».

Bénéficiaire d’une charrette, Justice Nzundu, une agricultrice à Kahemba, a déclaré à IPS qu’elle était «contente de pouvoir désormais transporter une quantité considérable de sa production avec plus de facilité vers le marché».

«Je suis en mesure de produire en moyenne deux tonnes de haricots et une tonne de courge par saison (tous les trois mois), mais jusque-là, je ne produis qu’entre 130 et 150 kilos seulement sur un champ d’environ 500 mètres carrés dont je n’exploite en réalité que le quart avec ma houe et ma machette», affirme-t-elle. «Les deux-tiers de toute ma production est acheminée à Kinshasa pour y être vendus».

«Les distances à parcourir sont longues, on ne pouvait transporter que des quantités limitées de nos produits vers le marché. Ce qui faisait que les revenus étaient toujours faibles par rapport à nos besoins élémentaires et pour couvrir les dépenses de scolarité de nos enfants», affirme Eugène Finka, un autre paysan bénéficiaire d’une charrette.

«Jusque-là, nous utilisions des vélos à défaut d’utiliser nos dos ou nos têtes pour évacuer nos produits vers le marché. Cela va sans dire que nos revenus vont désormais augmenter en fonction de grandes quantités de productions que nous amènerons au marché», souligne Nzundu.

Henriette Sulu, une agricultrice vivant à Bulungu, qui n’a rien reçu du matériel distribué se plaint : «Je dispose d’environ 10 hectares carrés et n’exploite qu’environ 50 mètres sur 60 mètres sur lesquels sont plantés du manioc, du haricot et des courges. Et pour tout matériel aratoire, je ne dispose que d’une houe et d’une machette qui me fatiguent et qui font que je souffre de douleurs permanentes au dos puisque je reste courbée à longueur de journée au champ».

«Nous ne pouvons pas soutenir tous les agriculteurs à la fois puisque nous n’en avons pas les moyens. Mais le peu d’appui que nous apportons à la population, à travers le gouvernement provincial, contribuera à diminuer la pénibilité des travaux champêtres et l’accès au marché», a déclaré Bitwisila, de ISCO.

Georges Madola, étudiant à l’Université du Bandundu, estime que «cet appui aura certes un impact positif à court terme sur la production agricole». Mais quelque peu inquiet, il ajoute à IPS : «Il reste à trouver une main d’œuvre qualifiée pour la bonne gestion des tracteurs et s’assurer qu’ils vont être bien utilisés et être régulièrement entretenus».

Mais, Didier Lawela, administrateur du territoire de Bulungu, est rassurant : «Il n’y a aucun doute qu’un contrôle rigoureux et régulier sera fait sur l’utilisation de ce matériel pour assurer leur durabilité».

Pour sa part, menaçant de sanction tout mauvais usage du matériel, Bokungako Nkaoko, le commissaire par intérim du district du Kwilu, ajoute : «C'est bien de disposer de ces engins, mais il reste à bien les utiliser si les bénéficiaires ne veulent pas voir le gouvernement provincial les leur arracher en cas de mauvais usage». (FIN/2010)

 

 

 

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