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AFRIQUE
L’absence de planification urbaine touchera davantage de citoyens
Isaiah Esipisu

NAIROBI, 13 août (IPS) - Des milliers de citadins kényans, riches ou pauvres, vivent dans la crainte de voir leurs investissements immobiliers bientôt détruits puisque le pays a du mal à suivre la rapide urbanisation des cités.

Et maintenant, une nouvelle étude de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED), en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), annonce que des centaines de millions de citoyens dans le monde en développement auront encore à souffrir du poids d’une pauvreté caractérisée par des maladies liées aux mauvaises conditions environnementales et de logement, telles que le cholera, si leurs dirigeants n’adoptent pas et ne planifient pas d’avance la rapide urbanisation.

La plupart des Kényans, les riches comme les pauvres, ont déjà subi ce sort. Dans le domaine luxueux de Spring Valley à Nairobi, Mike Maina Kamau, s’est réveillé le 14 juillet face à une réalité dévastatrice. Sous l’autorisation du gouvernement, des bulldozers démolissaient sa luxueuse maison de huit chambres.

Pourtant, son cas n’est pas isolé. Des incidents du genre sont en cours depuis des années. Plusieurs autres structures ont été démolies, y compris des stations-service, des magasins, des résidences, de petits kiosques et des habitats non conventionnels. Tout cela au nom de l’expansion de la ville.

L’un des plus remarquables cas a été en octobre lorsque l’un des plus grands supermarchés du pays, le long de Thika Road, a été démoli la nuit. L’intégralité du stock du supermarché Nakumatt, des millions de dollars, a été détruite.

La nécessité d’élargir les routes à Nairobi, en particulier autour de la ville, vient du fait que des embouteillages interminables pendant les heures de pointe semblent être le noeud du problème. Cela a obligé les urbanistes à retourner vers leurs archives cartographiques pour dénicher les anciens plans de routes pour l’expansion.

Mais bientôt, de nombreux promoteurs et propriétaires ont découvert que bien qu’ils aient acquis leurs propriétés à travers ce qui était perçu comme des procédures légales mises en place par le gouvernement précédent, la plupart de ces dernières étaient en réalité des transactions frauduleuses des employés corrompus du gouvernement et n’avaient aucun droit foncier. Leurs constructions ont été démolies pour donner de l’espace à l’expansion.

La nouvelle étude a indiqué que de tels incidents sont susceptibles de continuer à affecter plusieurs autres citadins dans les pays pauvres, notamment en Afrique et en Asie.

"Si les gouvernements dans le monde en développement n’adoptent pas et ne planifient pas la rapide urbanisation, alors ils risquent de porter atteinte à l’avenir des centaines de millions de leurs citoyens", rapporte l’étude publiée le 6 août.

L’étude exhorte les gouvernements, surtout ceux des pays pauvres, à tenir compte des leçons tirées de l’échec du Brésil en aménagement. Les conclusions montrent qu’à cause de la croissance urbaine rapide au Brésil, la pauvreté s’est renforcée et de nouveaux problèmes environnementaux sont apparus.

Les conclusions sont caractéristiques de ce qui se passe déjà à Nairobi. En dehors de la démolition des constructions dans la capitale, le site municipal de décharge de Dandora est l’un des plus grands de l’Afrique selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). C’est aussi le seul site de décharge de Nairobi.

Il a été créé dans les années 1970, comme une mesure temporaire. Mais comme la ville s’est agrandie, le site de décharge est demeuré et toutes les ordures de Nairobi sont déversées ici. Situé dans les environs de la ville, le site abrite diverses catégories de déchets - y compris les déchets chimiques. Il a été lié à la mauvaise santé, surtout pour les enfants de la région, et constitue le principal polluant de la rivière Nairobi.

"Nous sommes déjà confrontés à la vague humaine, rivalisant pour l’espace limité, dans la plupart des bidonvilles de Nairobi", a déclaré Josiah Omotto, directeur de Umande Trust, une des organisations communautaires soutenant le droit des habitants des bidonvilles à l’accès aux services d’eau et d’assainissement.

"Dans le bidonville de Kibera, les bicoques sont si entassées que les habitants n’ont pas d’espace pour des latrines. Ils doivent déféquer dans des sacs en papier qu’ils jettent ensuite. Cela, conjugué au fait que le bidonville n’a pas un système d’égouts, devient une source de mauvaise santé", a ajouté Omotto. Kiberia est le deuxième plus grand township en Afrique, après Soweto en Afrique du Sud.

Selon les statistiques du gouvernement, 80 pour cent des Brésiliens vivent dans des zones urbaines. Ce chiffre a augmenté à partir de 36 pour cent en 1950, ce qui en fait l’un des pays ayant la plus rapide urbanisation en Europe et en Amérique du Nord. Mais la recherche a souligné que cette transition est advenue avec un coût considérable pour la population – qui pouvait être évité -, parce que le Brésil n’a ni abordé les inégalités sociales ni prévu la croissance urbaine.

Les dernières projections montrent que la population urbaine africaine augmentera de 953 millions dans la première moitié de ce siècle et les zones urbaines asiatiques de plus de deux milliards.

En général, la proportion des pays en développement qui ont adopté des mesures pour freiner la croissance urbaine est passée de 46 pour cent en 1976 à 74 pour cent en 2007, selon le FNUAP. Pourtant, les chercheurs considèrent cela comme une recette pour accroître la pauvreté et la dégradation de l’environnement.

Selon Dr Catherine Kiobutungi, chercheuse à African Population and Health Research Centre (Centre africain de recherche sur la population et la santé), les mauvaises conditions de vie dans les bidonvilles ont accru la propagation des maladies non transmissibles au sein des résidents de Nairobi. Les statistiques du gouvernement indiquent que 60 pour cent des résidents de Nairobi vivent dans des bidonvilles.

Les principaux chercheurs de l’étude sur le Brésil – Dr George Martine (ancien président de l’Association brésilienne des études démographiques) et Dr Gordon McGranahan de l’IIED, ont déclaré que le premier pas important est que les décideurs reconnaissent aux pauvres leurs droits de vivre dans les villes et de partager les avantages de la vie urbaine.

"Le second pas est de planifier bien avant leurs besoins immobiliers et fonciers avec une vision constamment actualisée sur l’utilisation durable de la terre", ont dit les chercheurs dans un communiqué. (FIN/2010)

 

 

 

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