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AFRIQUE DE L’OUEST
Un nouveau vaccin contre la méningite fait ses débuts
Brahima Ouedraogo

OUAGADOUGOU, 23 sep (IPS) - Quelque 1,2 million de personnes au Mali, au Niger et au Burkina Faso vont recevoir avant la fin de ce mois de septembre les doses d’un nouveau vaccin conjugué A contre la méningite (MenAfricVac) dans le cadre de la phase pilote d’introduction de ce vaccin.

Les trois pays concernés par cette phase pilote sont désignés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme endémiques à la méningite. Contrairement au vaccin qui était jusque-là utilisé et dont la durée de protection n'excédait pas trois ans, le nouveau vaccin immunise pour dix ans les personnes de un à 29 ans.

«C’est un ouf, car maintenant le vaccin est disponible, il est homologué par les agences de régulation du pays qui le produit, il est certifié par l’OMS ce qui fait que maintenant on peut l’utiliser», se réjouit Dr Djamila Cabral, la représentante de l’OMS au Burkina.

Produit par le Serum Institute of India (SII), le vaccin a pu voir le jour grâce au Projet de vaccination contre la méningite (MVP) d’un coût de 70 millions de dollars financé par la Fondation Melinda et Gates.

Le MVP dont le siège est au Burkina Faso est le fruit d’un partenariat entre l’OMS et le Programme pour l’Adaptation des technologies dans la Santé (PATH). Son objectif est d’éliminer les épidémies de méningite en tant que problème de santé publique en Afrique subsaharienne.

«C’est une grande victoire de pouvoir lancer aujourd’hui ce test. On est dans la ceinture méningitique et cette campagne va permettre de maîtriser les épidémies de méningite, ce qui est une contribution énorme à la lutte contre [les décès] des enfants de moins de cinq ans et même des plus vieux», se félicite le représentant de l’Unicef au Burkina, Hervé Periés.

La méningite, explique l’OMS, est une infection de la fine membrane enveloppant le cerveau et de la moelle épinière. En général, cinq à 10 pour cent des patients atteints de la maladie succombent dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des premiers symptômes et 10 à 20 pour cent de ceux qui s’en sortent présentent de graves séquelles neurologiques, une perte de l’ouïe et des troubles de l’apprentissage.

C'est dans la ceinture de la méningite, qui s'étend en Afrique subsaharienne du Sénégal à l'ouest jusqu'à l'Éthiopie à l'est, que l'on enregistre les taux les plus élevés de prévalence de cette maladie. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso appartiennent à cette ceinture.

Selon l’OMS, au cours de la saison épidémique de 2009, 14 pays africains ont mis en œuvre une surveillance renforcée qui a permis d'enregistrer un total de 78.416 cas suspectés, dont 4.053 décès, le nombre le plus élevé depuis l'épidémie de 1996.

Entre 1995 et 1997, l’épidémie de méningite a fait 25.000 morts sur les quelque 250.000 cas.

Le SII doit fournir 25 millions de doses dans les dix prochaines années. Selon le MVP, la dose du nouveau vaccin va coûter 200 francs CFA (environ 0,4 dollar) l’unité, contre 10 à 20 dollars ailleurs dans le monde ou 100 dollars la dose du vaccin tétravalent aux Etats Unis.

Selon l’OMS, 500 millions de dollars seront nécessaires pour vacciner les populations de 0 à 29 ans de l’Afrique subsaharienne. L’OMS travaille pour mobiliser ces fonds avec les pays donateurs et les institutions.

En décembre prochain, 70 pour cent des 15 millions de Burkinabè seront vaccinés contre la méningite lors du lancement officiel du MenAfricVac par le président Blaise Compaoré, parrain du nouveau vaccin, en présence de la directrice générale de l’OMS.

Le ministère de la santé estime que les 30 pour cent restants de la population seront protégés de facto car, selon lui, ce sont les 70 pour cent qui propagent le gène. Le Burkina Faso seul a besoin de 14 millions de dollars pour immuniser sa population cible.

Mais déjà quelque 400.000 personnes âgées de zéro à 29 ans vont recevoir cette semaine au Burkina les doses du MenAfricVac dans le cadre de la phase pilote d’introduction du vaccin.

«Aujourd’hui est un grand jour car nous l’attendions depuis cinq ans ce nouveau vaccin contre le sérogroupe A», se réjouit le ministre Burkinabé de la Santé Seydou Bouda.

Pour Dr Mété Boukoungou, directeur de la Prévention par la vaccination (DPV) au ministère de la santé du Burkina, c’est un réel espoir pour la population et une véritable révolution.

La phase pilote de la campagne de vaccination lancée dans ces trois pays d’Afrique de l’ouest doit permettre d'évaluer les effets et l'efficacité du vaccin sur la population et la meilleure organisation pour une vaccination à grande échelle. (FIN/2010)

 

 

 

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