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SENEGAL
La campagne contre la mortalité infantile à court d’argent
Souleymane Faye

DAKAR, 14 oct (IPS) - La campagne contre la mortalité infantile et pour l’amélioration de la santé maternelle est à court d’argent au Sénégal, où le gouvernement compte sur les bailleurs de fonds pour atteindre ses objectifs.

En attendant, le gouvernement sénégalais affecte 100 millions de francs CFA (environ 200.000 dollars) à son initiative "Bajenu gox" (en wolof, qui signifie la marraine du terroir) : un programme de santé communautaire lancé en janvier 2009 pour réduire de moitié la mortalité infantile et améliorer la santé maternelle, les points 4 et 5 des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

"Nous n’avons pas de budget pour le projet, mais les 100 millions de FCFA sont destinés à la formation des femmes chargées de mettre en œuvre le projet", a déclaré à IPS, Dr Bocar Daff, responsable du projet au ministère de la Santé. "D’ici à deux ans, chacun de nos partenaires financiers pourra nous dire combien il mettra dans le projet".

Plusieurs organismes, dont le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), sont partenaires de ce projet.

Selon Daff, le gouvernement a besoin de quelque 48 milliards de francs CFA (environ 96 millions de dollars pour atteindre les deux OMD d’ici à 2015. Il a dit que 70 pour cent de ce montant doit servir à l’acquisition des équipements, notamment à l’achat d’ambulances.

"Il nous arrive souvent d’avoir des patientes, sans pouvoir les transférer vers les structures de santé, faute de moyens de transport et d’argent. Le gouvernement ne nous donne pas les moyens nécessaires", se plaint Oulimata Ndao, une marraine servant de relais de santé pour le projet à Keur Alpha, un village de la région de Kaolack, dans le centre du pays.

Ndao dit à IPS qu’elle reçoit en moyenne, chaque jour, deux à trois femmes qui viennent à la case de santé pour se faire prodiguer des conseils sur leur santé et celle de leurs enfants : les consultations pré et post-natales, le traitement du paludisme, l’hygiène du nouveau-né...

Dans la région de Kédougou, dans l’est du pays, 50 femmes ont été formées à la santé maternelle et de l’enfant, et au suivi de la femme enceinte, a indiqué Astou Diop, une sage-femme. "Mais, elles n'ont pas les moyens nécessaires pour servir de relais d’information, mis à part les téléphones portables distribués par le gouvernement pour faciliter leur contact avec la communauté", dit-elle.

"La mortalité maternelle et infantile est un véritable fléau à Kédougou où le taux de mortalité est de 703 pour 100.000 naissances. Mais, le projet Bajenu gox est en bonne voie, malgré l’enclavement de certaines localités de la région pendant la saison des pluies", a expliqué Diop à IPS.

"Je pense que le ministère de la Santé doit donner des moyens de travail et de locomotion, surtout aux marraines, ces femmes choisies comme agents du projet. Elles ont besoin de moyens de déplacement au moins", a expliqué à IPS, Eugène Kaly, journaliste spécialisé dans la santé au quotidien gouvernemental, 'Le Soleil'.

"Un projet aussi ambitieux... doit avoir un financement conséquent et à sa mesure pour ne pas s’acheminer vers l’échec. Ce projet doit bénéficier d’un financement de l’Etat et de ses partenaires, au même titre que les programmes de lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/SIDA", a ajouté Kaly.

Au total, quelque 1.450 femmes du pays ont reçu une formation de relais communautaires pour le projet. Elles servent d’intermédiaires entres les populations et les centres de santé, sous la supervision des médecins, infirmiers et sages-femmes, explique Daff à IPS.

Ces femmes relais ont pour tâche de sensibiliser sur les consultations prénatales et postnatales, la santé du nouveau-né et de l’enfant de moins de cinq ans. Elles sensibilisent aussi sur l’importance de la moustiquaire imprégnée contre le paludisme. Elles sont également chargées de faire la promotion d’une hygiène de vie correcte chez les femmes, de l’allaitement maternel exclusif, et de la planification familiale.

Selon Daff, le gouvernement veut disposer d’un effectif de 15.000 à 20.000 femmes relais de santé, au plus tard à la fin de 2011.

Au Sénégal, le taux de mortalité infantile s’élevait à 108 décès pour 1.000 enfants âgés de moins de cinq ans, indiquait la Banque mondiale dans une étude publiée en 2008.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), qui confirme ce taux de 2008, indique qu’il était de 149 décès pour 1.000 enfants de moins de cinq ans en 1990.

Pour assurer une bonne exécution du "Bajenu gox", le gouvernement compte passer le budget du ministère de la Santé de 11 pour cent du budget global de l’Etat en 2010 à 15 pour cent en 2011, a affirmé le Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye.

"Avec une bonne application de ce projet,... le nombre de cas de paludisme chez la femme enceinte sera diminué considérablement. Davantage de femmes enceintes se feront dépister au VIH/SIDA", a déclaré Mbaye Diouf, chef du district sanitaire de Tambacounda, dans l’est du pays. "S’il est bien appliqué, ce projet réduira la mortalité maternelle et néonatale..."

"Cependant, le manque de financement de ce projet, la vétusté du parc automobile dans certaines régions comme Tambacounda et le déficit de gynécologues peuvent empêcher le Sénégal d’atteindre les OMD 4 et 5", prévient Diouf.

Par exemple, un seul gynécologue est affecté dans la région de Kolda, dans le sud. Ce déficit freine les efforts en faveur de la santé maternelle, malgré la gratuité de la césarienne dans les régions, à l’exception de celle de Dakar, la capitale. (FIN/2010)

 

 

 

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