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AFRIQUE AUSTRALE
Un nouveau port intérieur pour améliorer le commerce régional
Claire Ngozo

NSANJE, Malawi, 4 nov (IPS) - Les pays enclavés comme le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe espèrent améliorer leurs chances d’importation et d'exportation suite à l'ouverture d'un port intérieur, le 'Nsanje World Inland Port' (Port intérieur mondial de Nsanje), sur le Shire, le plus grand fleuve du Malawi.

Le Shire, qui se situe à la frontière sud entre le Malawi et le Mozambique, se jette dans le fleuve Zambèze et dans l'océan Indien par le port de Chinde au Mozambique. Le Port intérieur mondial de Nsanje, construit au coût de 3,9 milliards de dollars, se situe à environ 238 kilomètres de Chinde.

Le président du Malawi, Bingu wa Mutharika, a présidé la cérémonie marquant l'ouverture du port de Nsanje le 23 octobre. Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, et le président zambien, Rupiah Banda, ont assisté à la cérémonie.

Actuellement, les opérateurs économiques du Malawi utilisent surtout le port de Beira au Mozambique. Les transporteurs parcourent une distance d'environ 1.700 km en aller-retour entre Blantyre, la capitale économique du Malawi, et Beira, selon Shadreck Matsimbe, directeur exécutif de l'Association des opérateurs du transport routier (RTOA) du pays.

"Un aller-retour à Nsanje fait seulement 400 km, ce qui permettra aux transporteurs d'économiser sur les frais de transport", a déclaré Matsimbe.

Des opérateurs économiques se sont installés dans la zone située autour du port, achetant des terres pour créer des entreprises, selon Rodney Simwaka, commissaire du district de Nsanje. "Il y a plus de 800 demandes d’achat de terres. Nous devrions être en mesure de commencer la distribution des lopins dans les deux prochains mois", a indiqué Simwaka à IPS. Les aménagements proposés comprennent la construction d’entrepôts, d’immeubles de bureaux, de maisons et d’hôtels.

Les affaires sont déjà en plein essor à Nsanje, a dit avec enthousiasme Mainess Kaminga, un commerçant gérant une épicerie depuis six ans à quelques encablures du port. "Je vends maintenant plus de stock et fais davantage de bénéfices que par le passé. Cet endroit est devenu une vraie ruche depuis que la construction du port a commencé en juin 2009", a confié Kaminga à IPS.

Partant d'un bénéfice moyen de 200 dollars par mois, la boutique de Kaminga enregistre maintenant des bénéfices atteignant 500 dollars par mois.

Les exportateurs de produits locaux sont également impatients de profiter davantage de l'utilisation du port, a expliqué Mike Mlombwa, président de l'Association des entreprises locales du Malawi (IBAM). L’IBAM veut utiliser le port pour exporter le maïs, le riz, le pois d'Angole et les haricots et pour importer l'engrais et le carburant.

"Nous espérons que les prix des produits de base baisseront une fois que le port est fonctionnel grâce à la réduction des frais de transport et que cela aura un impact positif sur l'économie du pays", a déclaré Mlombwa.

Le Malawi compte économiser 175 millions de dollars de sa facture d'importation annuelle totale lorsque le nouveau port deviendra pleinement opérationnel en décembre 2010, selon Sidik Mia, ministre des Transports et des Infrastructures publiques.

Le gouvernement espère que la réduction des frais de transport facilitera l’augmentation de la production des cultures agricoles telles que le maïs, le manioc, les patates douces et le riz. "Cela renforcera la sécurité alimentaire du pays", a-t-il dit.

Mutharika ne considère plus le Malawi comme un pays "enclavé" à cause du nouveau port. Grâce au commerce transfrontalier, le nouveau port profitera également à d’autres pays de la région, a-t-il ajouté. Il s'agit de la Zambie, du Mozambique, de la Tanzanie, du Zimbabwe, du Burundi, du Rwanda et de la République démocratique du Congo.

"Le port de Nsanje n'est pas pour le Malawi seul. Il est pour beaucoup de pays de la région de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Le désire du Malawi est de développer le port de Nsanje suivant les normes du port de Hambourg en Allemagne", a déclaré M. Mutharika.

"Nous, les gens de la SADC, devons regarder ce projet comme notre projet commun. Faisons en sorte qu’il fonctionne pleinement. Le peuple du Zimbabwe appuiera ce projet en faisant passer certains de nos produits d’importation et d'exportation par ce port", en convient Mugabe.

Banda a qualifié le port d’un "rêve devenu réalité" pour la région. Il a indiqué que le port aiderait aussi à réduire le coût de la vie au sein de la SADC.

Mais les difficultés initiales n’ont pas épargné le projet. Un essai avec une péniche, transportant jusqu'à 200 tonnes d'engrais destiné à l'exportation, a échoué lorsque la péniche n’est pas arrivée au port le jour de l'ouverture.

Mutharika a expliqué à la foule qui s'était rassemblée pour assister à l'accostage de la péniche que le gouvernement du Malawi n'avait pas réussi à finaliser le processus de dédouanement de celle-ci avec le gouvernement du Mozambique.

Le président du Malawi a cependant rassuré les gens que la péniche accosterait "bientôt" au port. Il n'a pas donné la date exacte.

Le Mozambique appelle à une étude de viabilité environnementale et économique avant que la navigation totale sur le fleuve Zambèze ne soit autorisée.

Le ministère des Transports et des Infrastructures publiques du Malawi a insisté le 20 octobre que le processus de la "navigation d’essai" se poursuivrait dans le cadre de l'étude exigée. "Les informations qui sont en train d’être recueillies font partie de l'étude", a déclaré Victor Lungu, directeur de la planification du ministère. (FIN/2010)

 

 

 

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