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AFRIQUE AUSTRALE
Collectivement prête pour la REDD
Rosebell Kagumire *

CANCÚN, Mexique , 7 déc (IPS/TerraViva ) - La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) se prépare à soutenir ses pays membres à tirer parti des avantages du cadre de Réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts (REDD).

La destruction des forêts contribue à la fois aux émissions de carbone et prive la planète d'un mécanisme important pour absorber le dioxyde de carbone atmosphérique qui favorise le réchauffement de la planète.

Depuis 1990, l'Afrique australe a connu des taux élevés de déforestation contribuant approximativement à un tiers des pertes de la superficie forestière en Afrique au cours des vingt dernières années. Selon ses propres calculs, la SADC, composée de 15 pays membres, est responsable d'environ la moitié des pertes de carbone pour la biomasse, dues à la déforestation sur le continent africain.

L'expansion de l'agriculture, la culture itinérante et l’exploitation forestière non réglementée ont été identifiées comme les principales causes de la déforestation. Toutes ces causes sont liées à la forte croissance démographique, à la pauvreté persistante, à la demande accrue d'énergie et à la faiblesse de la réglementation et de la gestion des forêts.

La SADC est parvenue à un plan régional visant à aider les pays membres à faire face à la déforestation.

"Le but de notre programme sur la REDD est d’améliorer la capacité des Etats membres de la SADC à gérer et bénéficier de leurs programmes nationaux sur la REDD et à mettre également en commun les ressources afin de collaborer sur les questions de la REDD+ dans lesquelles les approches régionales sont logiques et plus rentables que celles qui peuvent être adoptées purement par des actions nationales", a expliqué Nyambe H. Nyambe de l’Unité de gestion des ressources naturelles de la SADC.

L'idée derrière la REDD et sa cousine élargie, la REDD+ (couvrant la conservation et la gestion durable des forêts), est que le ralentissement et le renversement de la destruction des forêts (dans les pays en développement) seront récompensés par le fonds carbone (provenant des pays développés). Cet argent constituera des incitations à protéger les arbres stockant le carbone et à réduire ainsi les émissions.

Le programme de la SADC sur la REDD met en place des systèmes pour surveiller les forêts et évaluer les premiers stocks de carbone dans la région de même que pour permettre un inventaire périodique du carbone et du gaz à effet de serre.

Nyambe a indiqué que le secrétariat aiderait également les Etats membres à obtenir des données utilisées pour estimer les niveaux historiques des émissions de référence résultant du déboisement et la dégradation des forêts.

Plusieurs membres de la SADC sont confrontés à des défis similaires dans la mise en œuvre du cadre de la REDD+ qui se dessine dans les négociations conformément à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

L'exploitation forestière illégale pour le bois ou le carburant se produit dans plusieurs pays; prévenir cela nécessite des actions coordonnées.

Avec d'autres pays en développement, les Etats de la SADC sont préoccupés par l'élaboration de mécanismes de financement pour la REDD, y compris l’assurance qu’ils peuvent acquérir la technologie nécessaire pour évaluer de façon crédible la quantité de carbone stocké dans leurs forêts.

Les propositions par rapport à la provenance du financement de la REDD vont de la demande de contributions – en plus des budgets d'aide existants - des pays riches à un Fonds de la CCNUCC mis en place à cet effet, à une taxe directe prélevée sur toutes les émissions de carbone au-dessus d'un niveau de tolérance convenu, et aux achats entiers des compensations de carbone - déterminés par les contraintes du marché – à partir des projets de conservation des forêts et d’un bouquet d'options mixtes entre les deux.

Il y a également d'importantes différences d'opinion qui administreraient et distribueraient les fonds - couvrant à nouveau le spectre allant d'un système fondé sur le marché avec des acheteurs recherchant de crédits carbone (crédibles) au meilleur prix disponible à un fonds administré par la Banque mondiale ou une institution régionale telle que la Banque africaine de développement.

Les négociateurs de la SADC disent que les marchés de carbone privés seuls ne seront pas en mesure de générer des ressources suffisantes pour protéger et renforcer les forêts; ils doutent également que ces marchés puissent affecter effectivement des fonds carbone aux endroits où on en a le plus besoin.

Selon Dr Promode Kant de l'Institut de l'économie verte, les pays développés soutenant un mécanisme de marché affirment que celui-ci serait efficace, effectif et améliorerait l'équité tout en ayant des coûts administratifs plus faibles et fournissant une protection contre les risques d’échec de la politique et la gouvernance dans les pays en développement.

"Il ne fait aucun doute qu'un mécanisme de marché est plus efficace que les programmes dirigés par les gouvernements, mais il est difficile d'accepter leur déclaration selon laquelle ce marché conduirait soit à une équité ou une efficacité plus grandes", affirme Kant.

"Dans le cas de la REDD... les acheteurs ne sont pas nombreux, tandis que les producteurs abondent. Un marché, lorsqu’il voit le jour, serait incliné contre les producteurs dans le monde en développement dès le début parce que c’est essentiellement le monde développé, les acheteurs, qui fixerait les règles du marché".

Quelle que soit la forme de financement finalement convenue, la SADC cherchera à mettre en place une force régionale pour amener ses membres à sécuriser ces fonds. (FIN/2010)

 

 

 

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