Inter Press Service News Agency
23:37 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

CHANGEMENT CLIMATIQUE
Faire de l’agriculture une solution plutôt qu’un problème
Mantoe Phakathi *

CANCÚN, Mexique, 8 déc (IPS/TerraViva) - L'agriculture mondiale contribue à hauteur de 17 pour cent aux émissions de gaz à effet de serre qui causent les changements climatiques, mais selon la Banque mondiale, des techniques agricoles intelligentes adaptées au climat peuvent à la fois réduire les émissions et relever le défi de produire suffisamment de vivres pour une population mondiale croissante.

"Tant que l'agriculture fait partie du problème, elle fait également partie de la solution", a déclaré Inger Anderson, vice-président de la Banque mondiale, sur le développement durable.

Anderson parlait aux experts de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et des changements climatiques à la Journée de l'agriculture et du développement rural, en marge de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques à Cancún, au Mexique, le 4 décembre.

Triple gain

Les experts de l’agriculture sont en train de définir un scénario dans lequel l'agriculture fournit un "triple gain", la séquestration du carbone dans le sol et la biomasse, l’obtention d’une résistance plus grande à la sécheresse et aux températures plus élevées, et l'amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus des agriculteurs.

La réalisation de ce miracle nécessitera des actions variées dans différents domaines, mais des exemples peuvent être déjà trouvés.

Sur le Plateau de loess, en Chine, des milliers d'années d'agriculture et de pâturage ont transformé les forêts en une zone aride. La perte des arbres a laissé un beau sol jaune vulnérable à l'érosion; l'érosion a rempli les rivières de boue et a créé des inondations annuelles nuisibles.

Il y a 16 ans, le gouvernement chinois et la Banque mondiale ont entrepris de changer les pratiques d'exploitation des terres dans la région. Le projet a engagé la population locale dans la construction de barrages de limon et le terrassement ainsi que dans la plantation d'arbres fruitiers et d'herbes sur les pentes afin de produire d'autres cultures. Les travailleurs locaux ont été payés pour leur travail sur les projets de réhabilitation, et ont bénéficié surtout des baux à long terme à bas prix sur cette terre qui recouvre rapidement sa viabilité écologique et agricole.

Sur le Plateau de Humbo, beaucoup plus petit, en Ethiopie, les petits fermiers ont réussi à régénérer la forêt et restaurer la productivité. Les agriculteurs ont adopté là-bas de nouvelles règles pour l'utilisation durable des zones boisées - aidées par des poêles économes en énergie qui réduisent la demande en bois de chauffage et en charbon de bois. En plus du fait qu’elle favorise la reprise des zones boisées très dégradées, la formation a permis aux travailleurs locaux de se lancer dans l'élevage du bétail et de la volaille ainsi que dans des activités non agricoles.

Le projet de Humbo est l'un des rares projets africains du Mécanisme de développement propre, à recevoir son premier chèque de 34.000 dollars pour le carbone stocké dans ses 2.700 hectares de forêt en octobre 2010.

Des fermiers au Malawi, au Kenya, au Burkina Faso, au Niger et en Zambie sont également impliqués dans l'agroforesterie, intégrant les arbres dans les systèmes de cultures vivrières et d'élevage.

"De cette façon, une couverture végétale sur la terre est soutenue tout au long de l'année", a déclaré Anderson. "Ces systèmes renforcent l'approvisionnement en éléments nutritifs à travers la fixation de l'azote et la conservation de l'eau, et ils augmentent la production directe d’aliments, de fourrage, de combustibles, de fibres et de revenus à partir des produits plantés sous ces arbres".

Au Malawi, des agriculteurs ont plus que doublé leurs récoltes de maïs lorsqu’ils ont produit leurs cultures sous une canopée d'arbres. Dr Lindiwe Sibanda Majele, le directeur exécutif du 'Food Agriculture and Natural Resources Policy Analysis Network' (Réseau d’analyse des politiques alimentaires, agricoles et de ressources naturelles), a affirmé que les pays africains doivent élaborer des stratégies qui prendront en considération les moyens de subsistance des communautés rurales.

Adapter l’agriculture africaine

"Le défi est qu’en Afrique, nous pensions que seules la science et la technologie constituent un moyen d'adaptation aux changements climatiques", a dit Sibanda. "Nous avons commencé à parler d'adaptation en Afrique avant même que nous ne pussions faire des recherches sur les possibilités qu’offrent les moyens de subsistance communautaires".

Diana Liverman, une chercheuse de l'Université d'Arizona, aux Etats-Unis, a déclaré que les petits fermiers ont longtemps compté sur les connaissances endogènes pour s'adapter aux conditions, mais que les changements climatiques qui s’intensifient peuvent dépasser leurs capacités.

"L’utilisation des connaissances endogènes à ce stade, alors que le climat a radicalement changé, pourrait être un défi parce qu’elles pourraient ne pas être en mesure de faire face aux réalités actuelles du phénomène", a déclaré Liverman.

Par contre, a-t-elle dit, la science moderne devrait permettre de promouvoir les connaissances endogènes afin d’aider les agriculteurs à s'adapter. Mais elle a souligné que les fermiers devraient être au cœur des décisions par rapport à la voie à suivre.

"Les chercheurs devraient s'abstenir de faire des choix pour les agriculteurs africains", a indiqué Liverman. "Certains voudront les technologies modernes tandis que d'autres aimeraient continuer avec les méthodes traditionnelles. Ce qui doit se passer est que les fonds d'adaptation devraient être accordés à tous".

Les scientifiques, les chercheurs et les décideurs devraient accélérer le rythme qu’ils suivent pour trouver des mesures d'adaptation, a dit Sibanda, parce que si aucune mesure n'est prise maintenant, les impacts des changements climatiques pourraient anéantir les efforts revitalisés de l'Afrique subsaharienne à transformer le secteur agricole.

"Cela pourrait faire baisser l'optimisme que cela a créé dans la réalisation d'une Révolution 'verte et hétéroclite' exclusivement africaine", a expliqué Sibanda.

Le continent fait des progrès avec le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA) qui se concentre sur quatre domaines clés: la gestion des terres et de l'eau, l'accès aux marchés, l'approvisionnement alimentaire ainsi que la faim et la recherche agricole.

Dr Josué Dioné, directeur de la division de la sécurité alimentaire et du développement durable de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, a noté que le PDDAA renforcera le secteur de l'agriculture en Afrique et améliorera la sécurité alimentaire, mais il a prévenu cependant que les pays devraient parvenir à des programmes d’adaptation au climat afin d’assurer des gains.

"Les changements climatiques en Afrique constituent à la fois un défi et une opportunité", a déclaré Dioné. "En utilisant les meilleures pratiques pour contrer l'impact des changements climatiques, nous pourrions cesser d’importer des produits alimentaires pour nos populations".

*Terna Gyuse au Cap a contribué à ce reportage. (FIN/2010)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>