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RD CONGO
"L’exploitation forestière va prospérer" malgré la REDD
Rosebell Kagumire*

CANCÚN, 12 déc (IPS) - L’un des obstacles à la finalisation des propositions pour le financement de la conservation des forêts en Afrique est que certaines des forêts africaines les plus précieuses – écologiquement et commercialement – sont dans des zones en proie à des conflits.

La République démocratique du Congo (RDC) a reçu beaucoup d’attention et d’argent pour préserver ses forêts tropicales humides. Cent trente millions d’hectares – presque deux tiers – de cet immense pays d’Afrique centrale sont couverts de forêts.

Entre 20 et 37 milliards environ de tonnes de carbone sont emmagasinés dans cette deuxième plus vaste forêt tropicale humide du monde (seule l’Amazonie est plus vaste), ainsi qu’une biodiversité immense.

La RDC a été le premier pays africain à accomplir un 'Readiness Proposal Plan' (plan de proposition pour la phase de préparation) pour la REDD (réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation forestière), et il y a une douzaine de projets pilotes de différentes envergures en place dans le pays.

Le pays a reçu environ 120 millions de dollars pour sa REDD et ses processus – élaborer le plan et soutenir les efforts des provinces et la participation populaire à la conservation.

Un demi million d’hectares perdu chaque année.

Mais le pays continue de perdre environ 500.000 hectares de forêt chaque année. L’exploitation forestière illégale est le premier des facteurs de déforestation qui comprennent aussi la production du charbon, le commerce du gibier et le conflit armé en cours. La guerre, particulièrement à l’est de la RDC, a poussé la plupart des gens vers les camps des personnes déplacées internes, ce qui met une pression accrue sur les forêts.

Plus sérieusement, le conflit n’a fait que détruire la réglementation et la surveillance des forêts, permettant la floraison d’un commerce illégal de bois. En 2009, le gouvernement a annulé 60 pour cent environ des contrats sur le bois dans le pays après qu’une enquête anti-corruption a révélé que 91 offres spéciales couvrant environ 13 millions d’hectares de forêt avaient été accordées dans des circonstances douteuses par des agents corrompus.

Une commission des Nations Unies de 2001 a également constaté que trois des voisins de la RDC, à savoir le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, ont été coupables de pillage de bois sous couvert de la guerre. Le rapport des Nations Unies a indiqué que ceci comprenait la confiscation des produits forestiers, le monopole forcé et la fixation des prix; il a impliqué de hauts responsables du gouvernement de chacun de ces pays qui ont énormément profité de l’exploitation forestière illégale.

La conception et la mise en œuvre d’une stratégie efficace de conservation devront faire état de l’exploitation forestière et de la sécurité transfrontalière dans un contexte politique préoccupant.

"Comme nous avançons avec les projets de la REDD, nous aurons à tenir des pourparlers à travers divers secteurs comme le commerce et la sécurité pour s’assurer que ces activités transfrontalières illégales qui affectent la REDD sont contrôlées", a déclaré Victor Kabengele wa Kadilu du ministère de la Conservation environnementale de la RDC.

La proposition sur la REDD de la RDC reconnaît la nécessité d’améliorer la gouvernance des forêts. L’une des mesures qu’elle propose est l’amélioration des salaires des agents qui appliquent les réglementations forestières avec un système de primes de performance, ainsi que l’augmentation considérable de leur nombre: présentement, il y a 50 agents forestiers seulement pour toute la RDC.

Kadilu déclare qu’un accord de financement contribuerait beaucoup à la sécurisation des forêts de la RDC.

"Nous avons des projets en cours pour minimiser la pression faite sur les forêts. Nous avons encouragé des pratiques agricoles nouvelles et améliorées; l’agroforesterie et les nouvelles technologies comme les fourneaux améliorés à grande échelle", a-t-il dit.

"Afin de poursuivre avec tout ceci, nous avons besoin de beaucoup de financement et nous [espérions les fonds promis et plus de promesses à cette conférence]".

Une perspective non prometteuse

Charles Mushizi, un avocat du Centre d’échanges pour les reformes juridiques et institutionnelles, est sceptique.

"La plupart de nos décideurs politiques ne comprennent pas ces questions et nos politiques ne sont pas toujours en phase avec les exigences du changement climatique", a-t-il déclaré. "La corruption est très grande en RDC. D’un côté, vous avez les guerres, et de l’autre, nous avons un manque de capacité des structures gouvernementales", a-t-il poursuivi.

"Ceux qui sont dans les zones de conflit armé se sont engagés à l’exploitation forestière et à la vente de bois pour financer le conflit et, bien sûr, les activités de la REDD dans ces régions ne seront pas facilement effectuées".

* Cet article est coproduit par IPS et TerraViva (FIN/2010)

 

 

 

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