Inter Press Service News Agency
22:40 GMT    
   Accueil
   Afrique Australe
   Afrique Centrale
   Afrique de l'Est
   Afrique
            de l'Ouest
   Droits de
            l'homme
   Développement
   Environnement
   Population
   Santé
   Education
   Finance
   Politique
   Energie
   Culture
 
 
   ENGLISH
   ESPAÑOL
   FRANÇAIS
   ARABIC
   DEUTSCH
   ITALIANO
   NEDERLANDS
   PORTUGUÊS
   SUOMI
   SVENSKA
   SWAHILI
   TÜRKÇE
RSS / SML
PrintSend to a friend

AFRIQUE DU SUD
Nouvelles voix féminines dans les élections locales
Erna Curry

LE CAP, 1 fév (IPS) - Noncedo Pulana manque de beaucoup de choses, mais certainement pas de confiance pendant qu’elle se prépare pour les élections locales comme conseillère de la circonscription électorale de Khayelitsha. Elle pense que ses longues années d’activisme dans ce township tentaculaire l’ont préparée à mieux faire.

Khayelitsha est réputé être le plus grand township d’Afrique du Sud. Créé en 1985 pour accueillir un afflux de main-d’œuvre noire au CAP, sa population a augmenté de plus de 400.000 habitants en 20 ans. Environ 70 pour cent des habitants vivent encore dans des cabanes en bois et en tôle ondulée; un habitant sur trois doit parcourir 200 mètres ou plus à pied pour se rendre au point d’eau le plus proche.

On peut souvent retrouver Pulana dans une maison communautaire du township, qu’elle appelle 'the 5-star' (les cinq étoiles), une allusion amusante à la manière dont la petite structure semble accueillir tous ceux qui en ont besoin. Elle passe des heures ici à rencontrer, éduquer et à politiser des jeunes qu’elle considère comme ses enfants spirituels.

Les trois-quarts de la population de Khayelitsha ont moins de 35 ans. Un quart de ces jeunes sont séropositifs. Yozi, originaire de la section du Site C du township est l’un d’entre eux.

Il explique que les personnes qui recherchent des soins de santé doivent attendre à l’extérieur des centres de santé à partir de quatre heures du matin s’ils veulent être sûrs de voir l’un des médecins surchargés. On dit souvent aux gens qu’il y a pénurie de divers médicaments.

Pourtant, les conseillers de la circonscription électorale ne sont pas visibles dans les commissions de santé de la communauté.

"Si les conseillers de la circonscription électorale pouvaient prendre les devants pour l’un de ces défis, être ouverts, participer, prendre les devants en disant publiquement : je vais faire le test [du VIH]...", déclare Yozi.

"Je veux que tous, nous connaissions notre état sérologique, mais pas seulement cela: je dis aussi cela en raison du manque d’emploi qui conduit à cette brutalité que nous avons connue. Vous ne voyez pas [les conseillers de la circonscription] conduire de telles campagnes, participer à de telles réunions, et soulever de telles questions publiquement, s’ouvrir pour que les membres de la communauté s’engagent et fassent le débat".

Depuis 2003, Pulana a servi comme membre du Forum de développement de Khayelitsha et comme une représentante de la communauté au conseil de la circonscription électorale. Les représentants de la communauté peuvent contribuer aux projets et au budget destinés à la circonscription électorale, mais c’est le conseiller de la circonscription qui a le pouvoir de prendre des décisions.

"Ce qui me fait désirer de devenir conseillère est que j’ai vu moi-même que ce travail que je fais devrait être accompli par un conseiller", affirme-t-elle.

Elle se présente à l’élection en tant candidate du DA, le parti de l’Alliance démocratique. C’est un choix compliqué pour une activiste communautaire de ce township peuplé de Noirs où le Congrès national africain (ANC) a dominé toutes les élections depuis 1994. La DA a jusqu’ici tiré son soutien principalement des électeurs blancs et de couleur, bien qu’elle ait gagné certains sièges dans des régions à prédominance noire lors du vote le plus récent.

Pulana déclare qu’elle est parvenue à perdre ses illusions sur l’ANC il y a plusieurs années, au moment où elle ne pouvait pas se faire reconnaître comme un leader, comme une personne ayant quelque chose à dire au sein de sa branche locale. L’une des raisons de sa frustration, dit-elle, a été la résistance à son potentiel de leadership, basée sur son sexe.

"L’environnement dans lequel nous sommes, a besoin d’une personne comme moi. Parce que lorsque vous allez à des rencontres, qui se trouve au premier plan? C’est l’homme. Si vous allez à l’église, qui est au premier plan? ...Bien que les femmes soient nombreuses, qui exprime les choses? Ce sont les hommes. Qui est-ce qui organise? Ce sont les hommes. Pourquoi c’est comme cela?"

A Khayelitsha et dans les townships similaires à travers le pays, la croyance selon laquelle les conseillers servent leurs électeurs convenablement a été très entamée. La preuve réside dans les milliers de protestations à travers le pays chaque année, qui exigent des progrès plus rapides dans la fourniture de logements, de soins de santé et d’emplois.

Pulana croit que son histoire en matière d’organisation de la communauté a déjà établi un niveau de confiance entre elle et sa communauté. "La raison pour laquelle je peux le dire est qu’ils connaissent Noncedo. Noncedo est toujours là pour la population".

Eleanor Hoedemaker est une activiste communautaire de Zille-Raine Heights, une installation informelle dans une autre partie de la cité. Elle connaît bien Pulana, mais réfute l’idée que briguer un poste de conseiller de circonscription électorale soit un moyen efficace de travailler pour le changement.

"Vous ne pouvez vous fier à aucun d’entre eux (les politiciens)... homme comme femme! Nous avons déjà été approchés pour rejoindre des partis politiques, mais nous avons dit que nous ne voulons pas perdre notre identité, comme d’autres personnes qui étaient des activistes et qui sont allées au parlement. Alors, autant ne pas le faire. Rester plutôt une activiste, et ne pas s’impliquer dans la politique".

Pulana maintiendra–t-elle son engagement à assurer les besoins fondamentaux de sa communauté au cas où elle serait élue?

Il y a peu de soutien de la part des partis politiques d’Afrique du Sud pour aider les femmes à renforcer leur influence en tant que responsables élues ou au sein des structures des partis.

Pulana a développé des compétences de leadership au cours de son travail communautaire et grâce à la formation de la part des organisations telles le groupe de défense de la santé et des droits de l’enfant 'Children's Resource Centre' (Centre de ressources pour les enfants) et dans le cadre d’un projet appelé 'Building Women's Activism' (Renforcement des capacités de l’activisme des femmes), géré par une ONG au Cap, le 'International Labour Research and Information Group' (Groupe international de recherche et d’information sur le travail).

Elle même n’a aucune crainte à ce sujet.

"Si les hommes faisaient bien le travail, nous ne devrions pas perdre notre temps à le faire. Nous avons vu qu’il y a cette lacune et que nous devions franchir cela d’un bond, uyabo [vous voyez]"?

Mais elle doit d’abord gagner une élection. (FIN/2011)

 

 

 

  Dernières Nouvelles
News in RSS
DEVELOPPEMENT: Nous devons penser autrement à la "sécurité"
AUSTRALIE: Le port de Newcastle bloqué par les Guerriers du changement climatique
IRAN: L’examen d’un document clé à l’AIEA suggère un coup d’Israël
PAKISTAN: Les Ahmadis confrontés à la mort ou à l’exil
ETATS-UNIS: Le budget de la défense peut accroître alors que le public est fatigué de la guerre
OPINION: Il faut l’innovation pour aider les fermes familiales à prospérer
CISJORDANIE: Israël envisage une expulsion massive des Bédouins de la région
ENVIRONNEMENT: Le bambou pourrait être un sauveur face au changement climatique
ETHIOPIE: Le pays montre la voix pour faire prospérer une économie verte
AFRIQUE: Evaluer comment le changement climatique affecte la sécurité alimentaire
More >>