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SANTE
L’Afrique francophone s’engage dans la lutte contre les hépatites
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 1 août (IPS) - Les hépatites B et C constituent une menace réelle pour la santé publique compte tenu de leur prévalence. Pour une lutte efficace contre ces maladies, les acteurs concernés plaident pour une réduction du coût du traitement, et invitent les gouvernants africains à plus d’engagement dans la croisade.

Le virus de l’hépatite B est responsable de plus de 80 pour cent des cancers du foie en Afrique, a déclaré la coordinatrice du Programme national de lutte contre les hépatites du Sénégal, Aminata Sall Diallo, au cours d’une rencontre internationale organisée du 27 au 29 juillet à Dakar, la capitale sénégalaise.

La rencontre visait à partager les enjeux et les problématiques de chaque pays, à identifier les meilleures pratiques sur l’ensemble de l’Afrique francophone, mais également à définir des stratégies et des plaidoyers communs.

Selon Diallo, l'objectif de cette conférence était de briser le silence qui entoure ces maladies en Afrique. «L'idée, c'est de pousser les Etats, qui se sont engagés, à faire des hépatites une priorité pour que le traitement soit accessible à tous. Le coût est en deçà de nos moyens. Il faut un million de francs CFA (environ 2.247 dollars) pour se soigner par mois, or nos bourses ne nous suffisent pas», souligne-t-elle.

«Notre combat consiste à prendre en charge, de manière spécifique, les porteurs chroniques du virus, leur offrir un traitement, lutter efficacement pour pouvoir dépister les malades en Afrique. C'est le seul moyen d'éviter de transmettre ces maladies», affirme Diallo à IPS.

Au Sénégal, selon les statistiques officielles de juin 2011, 17 pour cent de la population générale sont des porteurs chroniques, 12 pour cent des enfants de moins de cinq ans sont porteurs ainsi que 22 pour cent des femmes enceintes. Quelque 5.000 porteurs meurent chaque année de l'hépatite B.

Pape Saliou Mbaye, coordonnateur des services médicaux à l’Hôpital Principal de Dakar, révèle que les hépatites B et C se transmettent par voie sanguine.

«Il faut faire faire attention avec les objets tranchants et pointus utilisés par les tatoueurs, les coiffeurs, comme des matériels de rasage, de piercing (le fait de se faire trouer les paupières ou le nez avec un objet pointu), d’acupuncture, d’excision, de circoncision, d’un coupe-ongles...», souligne Mbaye à IPS.

«Au Sénégal, même si le risque de contracter les virus de l’hépatite B et C est très faible, la maladie peut, par ailleurs, se répandre lors des rapports sexuels ou par la salive avec une personne porteuse du virus, ou lors des grossesses ou des accouchements», ajoute-t-il à IPS.

Diéynaba Samaké, la présidente de SOS hépatites Mali, une association locale, révèle que 19 pour cent de la population malienne est porteuse du virus de l’hépatite B, soit 2,6 millions de personnes, notamment un jeune sur deux entre 18 et 25 ans.

«Le traitement de l’hépatite B reste relativement cher, le coût mensuel du traitement de 600.000 FCFA (environ 1.348 dollars) équivaut à plusieurs mois de salaire pour un Malien aux revenus moyens», explique Samaké à IPS. Et elle ajoute: «Il n’existe, pour l’heure, aucune structure de prise en charge spécialisée de l’hépatite B, mais depuis trois ans, le gouvernement apporte un appui à la prévention, au dépistage et à la prise en charge thérapeutique des hépatites B et C».

Pour réduire l’ampleur du mal, Samaké préconise la vaccination comme arme la plus efficace pour prévenir les hépatites B et C qui prédominent en Afrique.

Le président du Conseil scientifique du réseau des Camerounais contre les hépatites virales, Njoya Oudou, indique qu’avec une prévalence de plus de 10 pour cent pour l’hépatite B et de plus de 12 pour cent pour l’hépatite C, son pays est touché par les infections virales, estimant que les Etats devraient plutôt faire preuve de plus de volonté politique pour lutter contre les hépatites virales.

«Notre réseau fonctionne avec ses moyens propres pour éduquer les populations, organiser des sessions de remise à niveau des médecins, des campagnes de dépistage et pour des négociations auprès des firmes pharmaceutiques. On n’a pour l’instant que le soutien moral des pouvoirs publics», affirme-t-il à IPS.

Ali Djibo, directeur général de la santé au ministère de la Santé Publique du Niger, révèle que les études parcellaires existantes sur cette maladie dans son pays montrent un taux général de prévalence allant jusqu'à 14 pour cent de la population infectée par les différentes hépatites. Ce qui place le Niger dans le groupe de pays de forte endémicité, dit-il à IPS.

«Les précautions à prendre pour éviter la transmission sont, entre autres, l'utilisation systématique de préservatifs, éviter l'échange de seringues usagées, les scarifications, le piercing, la circoncision en groupe avec des instruments mal stérilisés et l'excision», explique Djibo.

En Mauritanie, quelque 500.000 personnes sont atteintes d’hépatite B et environ 600.000 autres sont infectées par l’hépatite C, selon le secrétaire général du ministère de la Santé de ce pays, Sidi Ali Ould Sidi Boubacar. Et environ 3.500 personnes meurent des deux hépatites chaque année, dit-il à IPS.

«Pour mieux lutter contre les infections virales, le gouvernement a initié, il y a quelques mois, un Programme élargi de vaccination et l’élaboration d’une politique garantissant les traitements après un diagnostic du virus, surtout pour la transfusion du sang dans les cas de dialyse», indique-t-il. (FIN/2011)

 

 

 

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