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AFRIQUE DE L’OUEST
Toujours en attente d’une solution définitive à l’érosion côtière
Fulgence Zamblé

ABIDJAN, 20 sep (IPS) - La montée récurrente des eaux de la mer sur le littoral de la Côte d’Ivoire et d’autres pays d’Afrique de l’ouest, entre septembre et octobre, relance l’urgence de trouver une solution définitive à l’érosion côtière qui dévaste des maisons et infrastructures sur les plages.

Selon des spécialistes des questions environnementales de Côte d’Ivoire, il est nécessaire de rouvrir l’embouchure du fleuve Comoé afin atténuer la progression de l’océan Atlantique qui provoque, depuis trois décennies, une érosion côtière désastreuse pour les riverains des zones touchées.

Le fleuve Comoé, long de 813 kilomètres, prend sa source entre Banfora et Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, et traverse la Côte d’Ivoire du nord au sud avant de se jeter dans le golfe de Guinée, à Grand-Bassam, à l’est d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne.

Cédric Lombardo, expert environnemental, basé à Abidjan, qui a travaillé pour l’Etat ivoirien pendant les cinq dernières années sur le dossier, a expliqué que la fermeture répétée de l’embouchure ne pouvait avoir que des conséquences graves. L’embouchure a été ouverte à quatre reprises, dont la dernière en 2004, puis refermée la même année.

Selon Lombardo, la fermeture répétée de l’embouchure s’explique par le fait que l’estuaire du fleuve Comoé subit un fort dépôt de la sédimentation marine. Elle varie entre 60 centimètres et un mètre par an, alors que la moyenne annuelle est de 10 centimètres.

"Avec cette situation, nous avons les 500 kilomètres de côte formant le littoral ivoirien qui sont annuellement rongés par endroits dont certains vont jusqu’à un rétrécissement de deux à trois mètres par an. Au fur et à mesure, la mer gagne du terrain", indique Lombardo à IPS.

Lombardo estime que l’opération de réouverture de l’embouchure, dont le coût est évalué à quelque 15 milliards de francs FCFA (environ 30 millions de dollars), devrait se caractériser par l’accès du fleuve Comoé à la lagune, puis à la mer afin de permettre au fleuve d’engraisser, avec tous les sédiments, le littoral du sud du pays.

En outre, l’ouverture de l’embouchure du fleuve doit être soutenue par la construction des digues en mer afin de faciliter le transit-littoral et protéger les plages, ajoute-t-il.

La construction des digues, selon les experts, est presque similaire aux épis en pierres bétonnées prévus au Bénin où un projet est en cours de démarrage pour tenter de stopper l’érosion côtière à l’est de Cotonou, la capitale économique, où le phénomène est plus criant. Il s’agit de la construction de sept nouveaux épis, ainsi que la réhabilitation de l’épi de Siafato dont la longueur sera portée de 220 à 260 mètres.

A l’est de l'épi de Siafato, vers la frontière du Nigeria, la "côte est grignotée tous les jours, parfois même, elle est engloutie. Il y a longtemps que les infrastructures de l’hôtel restaurant le 'Roi de la langouste' est sous l’eau", écrit 'Nouvelle Expression', un quotidien béninois, le 16 septembre, en se demandant si l’Etat béninois a démissionné dans la lutte contre l’érosion côtière.

Lombardo soutient qu’une seconde solution urgente peut être envisagée pour ralentir l’avancée de l’érosion côtière en Côte d’Ivoire. Il suggère la construction d’un canal qui pourrait également permettre l’engraissement du littoral avec les sédiments convoyés par le fleuve Comoé.

"Ce sont des options. Toutefois, il reste à savoir si elles peuvent s’installer sur une longue durée et sans avoir de conséquences négatives à court terme. Car généralement, les solutions apportées ne sont qu’éphémères", affirme à IPS, Frédéric Kouamé, un environnementaliste basé à Abidjan.

Kouamé rappelle la construction, en 2001, de dunes artificielles sur les berges pour protéger le littoral, mais qui ont par la suite cédé sous la forte pression de la montée des eaux maritimes. Il a ajouté que les effets des changements climatiques, notamment l’élévation du niveau de la mer, ne feront qu’aggraver l’érosion des côtes ouest-africaines.

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait fait constater que les réponses apportées par les Etats et les opérateurs locaux, au travers de la mise en place d’ouvrages de protection, n’ont souvent eu comme effet que de retarder ou déplacer les effets d’un phénomène qui va en s’amplifiant, sans jamais permettre d’en traiter durablement les causes.

L’UICN avait souligné cela lors d’une rencontre des ministres de l’Environnement des pays côtiers d’Afrique de l’ouest tenue en mai 2011 à Dakar, au Sénégal. A cette réunion, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée, la Sierra Leone, le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin avaient adopté la mise en place d’un Observatoire du littoral ouest-africain pour réduire les risques liés à l’érosion côtière.

Ces Etats avaient admis également que parmi les réponses les plus efficaces face aux risques côtiers, figurait la valorisation des infrastructures naturelles qui protègent les côtes, comme les mangroves, les dunes côtières ou encore les lagunes.

Mais quatre mois après la réunion de Dakar, aucune avancée ne semble avoir été réalisée dans la protection de l’écosystème, notamment en Côte d’Ivoire où les côtes ont été à nouveau confrontées à la montée de la mer.

A Abidjan, plusieurs maisons ont été détruites et des dizaines de familles sont sans abri depuis la dernière sortie de la mer, à la fin août, a constaté IPS sur place. A Grand-Bassam, non loin d’Abidjan, outre des habitations dévastées, la principale activité économique - la pêche artisanale - connaît encore un ralentissement à cause de la destruction des outils de production. (FIN/2011)

 

 

 

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