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EGYPTE
C'est encore janvier sur la place Tahrir
Adam Morrow et Khaled Moussa al-Omrani

LE CAIRE, 23 nov (IPS) - Des jours d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité se sont soldés mardi soir par un rassemblement d’un million de personnes sur la place Tahrir, au Caire, pour exiger une fin de la dictature militaire.

Cette nouvelle crise politique fait craindre que les premières élections législatives post-Moubarak en Egypte, prévues pour commencer dans seulement cinq jours, soient annulées.

"Il y a eu des combats de rue entre la police et les manifestants pendant les quatre derniers jours", a déclaré à IPS, Ashraf Barouma, président du parti centriste 'Kenana'. "Comment les élections peuvent-elles être organisées dans ces conditions?"

Vendredi 18 novembre, des centaines de milliers de manifestants se sont rassemblés sur la place Tahrir pour protester contre les politiques du Conseil suprême des forces armées (CSFA) de l'Egypte, qui dirige le pays depuis le départ en février du président déchu Hosni Moubarak.

Outre le fait qu’ils exigent l’organisation des élections présidentielles l'année prochaine, les manifestants ont exprimé leur rejet de toute une série de "principes supra-constitutionnels" proposés par le gouvernement, accordant à l'armée des pouvoirs exceptionnellement étendus.

A la fin de la journée, les manifestants - dont la plupart étaient d'orientation islamiste - ont rangé leurs tentes et quitté la place. Cependant, plusieurs dizaines de personnes, notamment les familles de certaines des personnes tuées dans la révolte de janvier, sont restées sur les lieux jusqu’au lendemain.

La crise a commencé le lendemain matin, lorsque les forces de sécurité ont brusquement mis fin au sit-in modeste avec une férocité inattendue. Lorsque la communauté des activistes d’Egypte a eu vent de l'épisode, principalement par le biais de réseaux de médias sociaux, des manifestants ont aussitôt commencé à arriver sur la place par centaines, puis par milliers.

Pendant les trois jours suivants, le centre du Caire a été le témoin de spectacles jamais vus depuis le soulèvement de 18 jours en janvier, puisque des batailles rangées ont fait rage entre les forces de la sécurité centrale du ministère de l'Intérieur – qui s'appuyaient sur l'utilisation libérale de gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des munitions réelles - et des bandes errantes de militants qui jetaient des pierres.

Lundi, les forces de sécurité se sont retirées de la place, la laissant entre les mains de dizaines de milliers de manifestants - dont beaucoup proviennent de grands partis politiques et de groupes de jeunes révolutionnaires - qui ont juré de ne pas quitter tant que leurs revendications croissantes ne sont pas satisfaites. Cependant des échauffourées ont continué dans les rues adjacentes, puisque les manifestants ont tenté à plusieurs reprises d’entrer dans le bâtiment du ministère de l'Intérieur à proximité avant d'être repoussés par les forces de sécurité.

Depuis mardi soir, plus de 25 manifestants auraient été tués et plus de 1.000 gravement blessés.

"Ce qui se passe aujourd'hui montre que le ministère de l'Intérieur est toujours disposé à utiliser les mêmes tactiques violentes contre des manifestants non armés comme il l’a fait sous le régime de Moubarak", a expliqué à IPS, Moustafa Abdel Moneim, coordonnateur général du mouvement des jeunes de Bedaya.

Mais le nombre croissant de décès semble avoir renforcé seulement la détermination des manifestants.

"La chute de tous ces martyrs a servi à serrer nos rangs et à nous rendre plus déterminés dans notre revendication pour une transition rapide vers un régime civil", a déclaré Abdel Moneim, qui reste sur la place depuis samedi.

Les manifestants, a-t-il expliqué, exigeaient la formation d'un gouvernement révolutionnaire doté de pleins pouvoirs pour gérer l’actuelle période de transition en Egypte, la création d'un conseil présidentiel civil et la poursuite immédiate des agents de sécurité responsables du meurtre de manifestants.

Le mouvement des jeunes de Bedaya et 36 autres groupes de jeunes révolutionnaires ont déclaré un sit-in illimité sur la place Tahrir jusqu'à la satisfaction de leurs revendications. Mardi soir, des centaines de milliers de personnes - certains disent plus d'un million – ont convergé sur la place dans la plus grande manifestation populaire en Egypte depuis le soulèvement en janvier.

A environ 20 heures, sous la pression montante de faire une déclaration, le chef de terrain du CSFA, le maréchal Hussein Tantawi, a finalement fait un discours télévisé dans lequel il a annoncé une petite poignée de concessions. D’un air hésitant, Tantawi a déclaré qu'il avait accepté la démission collective du gouvernement et a promis l’organisation des élections présidentielles au plus tard en juin de l'année prochaine.

Il a notamment continué à réitérer l'engagement du CSFA à la tenue des élections législatives la semaine prochaine comme prévu.

Toutefois, plusieurs personnalités politiques ont rejeté la démission du gouvernement - qui a été formé par le CSFA après la révolution - comme étant insignifiante.

"Cette démission ne signifie rien, puisque le gouvernement avait agi un peu plus qu'un secrétaire du CSFA, qui continue de faire office de dirigeant de facto de l'Egypte", a indiqué à IPS, Magdi Sherif, président du parti 'Haras al-Thawra' (Gardiens de la révolution), récemment autorisé.

En attendant, les manifestants de la place Tahrir ont entièrement rejeté la déclaration de Tantawi, jurant de rester sur place jusqu'à ce qu'une autorité civile soit constituée pour remplacer le conseil militaire au pouvoir.

"Nous resterons sur la place jusqu'à ce qu'un gouvernement de salut national ou un conseil présidentiel – doté de pleins pouvoirs pour diriger le pays - soit formé, et jusqu'à ce que l'armée retourne dans les casernes", a déclaré Abdel Moneim. (FIN/2011)

 

 

 

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