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AFRIQUE DE L’OUEST
Produire de la tomate pour lutter contre la pauvreté
Koffigan E. Adigbli

DAKAR, 16 déc (IPS) - Après la culture du riz, la production de tomate et sa commercialisation prennent de l’essor dans certains pays d’Afrique de l’ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Sénégal. Les récoltes sont vendues dans les pays voisins malgré certains problèmes de concurrence.

La tomate, qui est une plante herbacée sensible au froid, est cultivée pour son fruit, selon Abdramane Samaké, un producteur de tomate fraîche à Baguinéda, dans le sud du Mali. Sa consommation augmente dans les pays de la sous-région, même si sa production demande beaucoup d’efforts.

Au Mali, ce paysan produit deux variétés de tomates, en particulier le 'Badar Roman' dont il achète le sac de semence entre 6.000 et 7.000 francs CFA (entre 12 et 14 dollars). Samaké déclare utiliser notamment de fumure organique, mais aussi de l’engrais, pour fertiliser son champ. A l’aide d’une motopompe, il pompe de l’eau dans quatre puits proches pour irriguer ses tomates.

«La variété de tomate 'Badar Roman' est très sollicitée par les clients. Cette tomate se conserve mieux et est de très bonne qualité», indique-t-il à IPS, ajoutant qu’il en produit environ 225 tonnes sur un périmètre de 16 hectares de culture de contre-saison, de novembre à mars. Les tomates sont récoltées dans des paniers de 100 kilogrammes environ.

«Et un panier de 100 kg de tomates peut être vendu entre 9.000 et 10.000 FCFA (entre 18 et 20 dollars)», affirme Samaké, ajoutant que grâce au revenu de cette vente, il subvient aux besoins de sa famille nombreuse.

Aïcha Samaké, sa première femme, déclare à IPS: "La culture de la tomate comporte des difficultés, surtout au moment où nous aspergeons de l'engrais et pendant la cueillette... Cela nous prend toute une journée parfois. Mais grâce à cette culture, on vit bien. Notre mari me donne aussi de l'argent de la vente de la tomate pour que je fasse de petits commerces".

Abdoul Kader Dembélé, dans la même zone malienne, n’a pas encore commencé la cueillette des tomates de son champ car elles ne sont pas encore mûres. Certains plants sont en fleur, tandis que d’autres portent déjà des fruits verts. Il cultive aussi la même variété 'Badar Roman'.

«Je me fais aider par deux ouvriers à qui je paye 15.000 FCFA (environ 30 dollars) par mois. Pour un meilleur rendement, j’utilise la fumure organique, mais aussi des engrais chimiques», explique-t-il à IPS. Il produit quelque 350 sacs de 100 kg par saison, sur environ 22 hectares. «Lorsque la pluviométrie est bonne, je peux gagner environ 500.000 FCFA (environ 1.000 dollars) par an».

Si Samaké et Dembélé gagnent plus ou moins bien leur vie grâce à la production de tomate, d’autres producteurs, au Mali et dans d’autres pays de la sous-région, sont confrontés au manque d’équipements et à une mévente. Certains sont également victimes des attaques de ravageurs, d’insectes, de maladies des végétaux et de l’envahissement des mauvaises herbes.

Au Burkina Faso, avec la promotion des cultures de contre-saison, d’octobre à décembre, décidée par le gouvernement depuis plus d’une décennie, la province du Passoré, dans l’est du pays, s’est révélée être productrice de tomate.

Selon le ministère de l’Agriculture, de novembre 2011, la moyenne provinciale de production de tomate est de 7.000 tonnes de 2006 à 2010, avec, toutefois, une tendance à la baisse passant de 12.375 tonnes sur 495 hectares en 2006, à 6.640 tonnes sur 332 hectares en 2010.

Selon Eric Nikièma de la direction provinciale de l’agriculture du Passoré, des handicaps techniques empêchent la maîtrise de certains paramètres. Par exemple, les intrants sont des variétés semencières importées sans certitude de leur adaptabilité aux sols locaux.

Les sols qui abritent les productions, ne sont pas analysés, et aucun diagnostic pédologique n’est effectué sur les périmètres cultivables grâce à l’eau de petits barrages, affirme-t-il à IPS. «En plus, l’engrais utilisé est propre au coton, ce qui ne convient pas forcément à la tomate. Conséquence: la pollution est grande, la fertilité des sols prend un coup et le rendement est déficitaire».

Par ailleurs, les producteurs de tomate, au Mali et au Burkina Faso, font face aux problèmes de commercialisation de leur production, dit-il. Par exemple, les tomates burkinabè sont confrontées à la concurrence du Ghana qui en produit plus.

«Au moment où au niveau régional, les techniciens réfléchissent pour adopter un prix commun de vente de la tomate, nos producteurs vendent leur produit aux commerçants venus du Ghana, du Bénin et du Togo à 9.000 FCFA ou 10.000 FCFA le panier de tomate de 100 kg», ajoute Nikièma.

Au Sénégal, la tomate se produit plus à Dagana et à Podor, situées sur la rive gauche du fleuve Sénégal, dans le nord du pays, en culture de contre-saison, d'octobre à février, mais aussi au cours de la saison des pluies, entre juillet et septembre.

Selon le ministère sénégalais du Commerce, la Société de conserves alimentaires du Sénégal (SOCAS) a signé cette année un contrat d’achat avec les producteurs pour une quantité de 30.000 tonnes de tomates fraîches plantées sur 1.000 hectares, avec un rendement moyen de 30 tonnes/hectare.

«Nous avons renforcé la surveillance et le contrôle des marchés afin de limiter la fraude et toute autre forme d’importation de tomate faite de façon irrégulière, pour protéger la filière tomate industrielle locale contre la concurrence déloyale», affirme le ministre du Commerce, Amadou Niang.

La SOCAS est une industrie locale de transformation, et l'Etat sénégalais entend réguler le marché des tomates locales pour qu’elles ne soient pas bradées à d'autres commerçants venus des pays voisins. De même, des opérations coup de poing ponctuelles sont menées pour lutter contre l'introduction frauduleuse des tomates étrangères, privilégiant ainsi la SOCAS. (FIN/2011)

 

 

 

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