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LESOTHO
La pauvreté extrême des enfants pourrait détruire l'avenir du pays
Kristin Palitza

MASERU, 5 jan (IPS) - La baisse des ressources économiques et la persistance de la pandémie du SIDA ont dévasté le Lesotho, laissant peu d'espoir au petit royaume d’Afrique australe la possibilité de se sortir des pièges lugubres de la pauvreté. Trois enfants sur cinq vivent dans une pauvreté lamentable, et un sur quatre est orphelin.

Aussitôt que le soleil se lève, Moliehi* se lève, balaie le sol en terre battue de sa cabane, va chercher de l'eau et fait le petit-déjeuner. Elle réveille les enfants, les nourrit et les envoie à l'école. Mais Moliehi n'est pas un parent.

Depuis le décès de sa mère il y a trois ans, cette orpheline de 17 ans est devenue la tutrice de ses jeunes frères de neuf et 15 ans.

Les enfants vivent dans une minuscule cabane de fortune d’une pièce, montée grossièrement à partir des feuilles de tôle ondulée.

Des plats, une paire de pots, une bouilloire et une bassine en plastique sont empilés sur une petite table délabrée, pendant que des valises déchiquetées, remplies de vieux vêtements et de couvertures, sont empilées contre le mur d’en face. La nuit, les frères et leur sœur se serrent sur un seul matelas usé.

"Ma mère me manque. C’est un fardeau de jouer son rôle. Mes frères attendent que je subvienne à leurs besoins, mais nous n’avons rien", explique Moliehi, tandis que ses frères se blottissent contre elle, quelque peu perdus. "Je fais souvent du porte à porte pour demander un bol de farine de maïs ou de l'huile".

Mais les gens de Mohasoa, un village situé à une demi-heure de Maseru, la capitale du Lesotho, où habite Moliehi, sont aussi pauvres. "Neuf ménages sur 10 sont frappés par la pauvreté. Presque personne n'a d'emploi", affirme Malipontso Mokasoa, le chef du village. "Depuis le début de la crise économique, notre souffrance a augmenté à un taux alarmant".

La situation des enfants du Lesotho est désastreuse. Quelque 500.000 sur 825.000 garçons et filles vivent en dessous de 1,25 dollar par jour et sont sans abri approprié dans ce pays de 1,8 million d’habitants, selon le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). Près de 40 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique et sont chétifs.

Le décès des enfants de moins de cinq ans et la mortalité infantile ont constamment augmenté au cours de la dernière décennie.

"Les gens aspirent juste aux besoins de base, comme se nourrir, se loger et se vêtir. Mais ils ne peuvent même pas les satisfaire. Certains ne mangent que tous les deux jours", affirme Lineo Lephoto, un officiel au ministère du Bien-être social de l’enfant. "Il s'agit d’une simple survie, et nous ne voyons pas un espoir d’amélioration pour bientôt".

Le Lesotho est devenu l'un des pires endroits au monde pour un enfant. La raison est l'impact dévastateur de la crise économique mondiale sur ce petit pays de la taille de la Belgique, qui est entièrement encerclée par l'Afrique du Sud et est fortement dépendante de son économie.

La chute des prix du diamant et la perte de l’exportation des textiles ont affaibli les deux principales industries du Lesotho, tandis qu'une baisse de 60 pour cent des revenus de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU), causée en grande partie par la crise économique, a tari les principales sources de revenu de cette monarchie constitutionnelle. La croissance du PIB a ralenti de 6,5 pour cent en 2006 à 0,9 pour cent en 2009, selon la Banque mondiale.

Au même moment, dans les campagnes, où plus de 70 pour cent des habitants du Lesotho se battent sur les neuf pour cent de terres cultivables, l'agriculture de subsistance a chuté. Les inondations et les sécheresses, qui se succèdent, ont réduit les rendements des agriculteurs à un strict minimum, laissant plus d'un quart de la population dans une insécurité alimentaire.

Le Lesotho est classé comme le 141ème sur les 162 pays dans l'Indice de développement humain de 2011, derrière le Bénin, le Yémen et le Bangladesh.

Pour empirer la situation, le Lesotho est l'un des trois pays du monde les plus touchés par le VIH/SIDA.

Un Basotho sur quatre est infecté par le virus, laissant le quart des enfants orphelins. "Le Lesotho connaît l’une des plus fortes proportions d'orphelins au monde", déclare Dr Ahmed Magan, représentant de l'UNICEF dans le pays. "La situation est dramatique, et en ce moment, le niveau de privation augmente au lieu de s'améliorer".

La triple menace du VIH, de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire expose de plus en plus les enfants aux abus, à l’exploitation et d'autres types de violations des droits humains. "Si nous ne parvenons pas à réduire la pauvreté dans les cinq prochaines années, nous noterons une diminution majeure dans la survie et le développement des enfants", prévient Magan.

Dans le but d’atténuer quelque peu la pauvreté extrême des enfants, l'UNICEF, avec un appui de 29,6 millions de dollars de l'Union européenne (UE), a lancé en 2008 un plan de subventions pour les orphelins et les enfants vulnérables. Le programme est mis en œuvre par le ministère du Bien-être des enfants du Lesotho, qui affecte 14,8 dollars par mois aux maisons les plus pauvres. Jusqu'ici, les subventions augmentent le revenu de 10.200 ménages, atteignant 28.000 enfants dans cinq des dix districts du pays.

En 2014, lorsque le financement sera épuisé, 75.000 enfants - un cinquième des orphelins et des enfants vulnérables du Lesotho - aurait bénéficié de la subvention. A partir de 2015, le gouvernement devrait lui-même financer le programme.

Comment, cependant, ce pays frappé par la pauvreté sera-t-il en mesure de poursuivre un tel programme qui a connu autant de scepticisme? "Le gouvernement a un long chemin à parcourir", admet Mohammad Farooq, le chef de la politique sociale de l'UNICEF. "Il essaie de maintenir ses dépenses sociales, mais avec toutes les insuffisances de revenus, nous verrons s’il peut prendre la relève en 2015".

* Nom retenu pour protéger l'identité de l'enfant. (FIN/2012)

 

 

 

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